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Haïti-Université : Une nuit mouvementée pour des dirigeants de l’Ueh à Limonade

P-au-P, 24 janv. 2014 [AlterPresse] --- Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 janvier 2014, un groupe d’étudiants de l’université de Limonade (Nord) ont retenu le recteur de l’université d’État d’Haïti (Ueh), Jean Vernet Henry, ainsi que plusieurs membres du comité de gestion de l’université départementale contre leur volonté, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

« Cet acte odieux, abject, ne participe pas de l’idéal universitaire, dont les fondamentaux sont : l’esprit de tolérance, l’écoute intelligente, l’engagement au respect des droits, le sens de la mesure », martèle le rectorat dans une note rendue publique ce 24 janvier 2014 et parlant de prise d’otage.

En visite dans la zone, le recteur de l’Ueh a pris part à une assemblée des étudiantes et étudiants, qui s’est envenimée au fil des débats, rapporte le secrétaire général du campus Henry Christophe de Limonade, Kenold Moreau.

Un groupe d’étudiants, particulièrement survoltés, a invité le recteur à fournir des explications sur le non respect de certains préalables au fonctionnement de cette entité, tels une cafétéria, la construction de résidences et la normalisation du statut de cette université, entre autres.

Certains, des points mentionnés de revendications, ont fait l’objet de multiples promesses, mais leur réalisation a souvent été bloquée au niveau du rectorat, lent à prendre les décisions, explique Moreau.

Les étudiants « demandaient de satisfaire des besoins élémentaires pour pouvoir étudier comme les autres… mais le recteur est parti sans donner de réponse », ajoute Moreau.

Frustrés, les protestataires ont alors barricadé le portail principal et retenu, contre leur gré, le recteur ainsi que plusieurs dirigeants.

« Je suis resté debout quatre heures et demie, les autres jusqu’à deux heures du matin [ce 24 janvier 2014]. Nous sommes sortis grâce à l’intervention de quelques professeurs, venus du Cap-Haïtien, et d’une unité de police spécialisée », raconte, en substance, le secrétaire général de l’université de Limonade, Kenold Moreau.

Selon lui, les étudiants n’avaient aucun grief personnel contre les dirigeants.

Mais, ils « nous ont pris en otage. C’est un cas extrême. C’est dur, c’est choquant », témoigne-t-il.

Rappelant qu’il aurait pu perdre sa vie, il annonce qu’il est prêt à se retirer.

« Je suis victime de l’incompétence du conseil exécutif de l’Ueh », qui peine à diriger convenablement cette entité, souligne-t-il.

Après l’évènement, le rectorat n’a annoncé aucune mesure pour améliorer les conditions, dans lesquelles les étudiantes et étudiants sont formés au Campus de Limonade.

Les demandes, qui ne sont pourtant pas nouvelles, se font entendre de façon récurrente, depuis au moins deux ans, à l’image de la question des filières.

Après le mouvement de protestation de force d’un groupe d’étudiants du Campus Henry Christophe de Limonade, le rectorat de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) avait émis une note de condamnation sévère, mais aucune mesure n’a été annoncée pour pallier les problèmes profonds, auxquels fait face cette université.

En attendant, le rectorat de l’Ueh « rappelle aux étudiants que la justesse ou la compréhensibilité des revendications ne néantise ni le respect de la hiérarchie, ni l’obligation de respecter les droits d’autrui ».

Don controversé de la République Dominicaine à Haïti, le Campus Henry Christophe de Limonade, qui a été inauguré en 2012, n’a toujours pas de statut légal le rattachant à l’Ueh. [kft rc apr 24/01/2014 14:05]