Haïti-Manifestation : Des Ouanaminthais agressés par des policiers nationaux et la Minustah ?

Ouanaminthe (Haïti), 21 janv. 2014 [AlterPresse] --- Des agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo) et des soldats de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), déployés dans la commune de Ouanaminthe (ville du Nord-Est, frontalière avec Dajabon / République Dominicaine), auraient créé, ce mardi 21 janvier 2014, une situation de choc et de frustration par leurs agissements, rapportent des Ounaminthais à AlterPresse.

« Ils tirent dans toutes les directions, entrent chez les gens, cassent tout. Vers 13:30 locales (18:30 gmt), ils ont pénétré dans un télécentre à la rue Liberté, où je me trouvais, pour casser les vitres et pointer leurs armes sur les utilisateurs », explique un utilisateur, citoyen de Ouanaminthe, encore sous le choc.

Les activités, telles le fonctionnement des écoles, sont au point mort, témoigne cet utilisateur de télecentre.

Des barricades de pneus enflammés sont érigées sur plusieurs artères, le transport entre Ouanaminthe et les autres villes est complètement bloqué, ce mardi 21 janvier.

Les agents des forces de l’ordre auraient tabassé des citoyens, rencontrés au hasard en pleine rue ou revenant de leurs jardins, ajoute un autre habitant requérant l’anonymat.

« Ne cite pas mon nom, pour que les policiers et la Minustah-Choléra ne viennent pas fouiller ma maison ni saccager les affaires de mes parents », déclare, à AlterPresse, un jeune, d’une voix tremblotante.

Des jets de pierres, de tessons de bouteilles et des tirs nourris, tant dans le camp des forces de l’ordre que de la population, auraient déjà abouti à un bilan de « 6 blessés par balle et une dizaine d’autres par pierres ou tessons » depuis le lancement, le vendredi 17 janvier 2014, d’un mouvement revendicatif en faveur de l’électrification de la ville de Ouanaminthe.

Privés de courant électrique public - qui était distribué par intermittence jusqu’au jeudi 2 janvier 2014 -, les habitantes et habitants de Ouanaminthe demandent de brancher la ville sur le réseau de Caracol (autre ville du Nord-Est), où est établie une zone franche, depuis le 22 octobre 2012

Ce mouvement revendicatif, parfois ponctué de violences, se déroule dans des communes frontalières, dont Fort-Liberté, Ferrier et Ouanaminthe, avec pour exigence de l’énergie électrique en provenance de la zone franche de Caracol au profit de la population. [efd kft rc apr 21/01/2014 15:15]