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Haïti-RD : La Cidh, en mission, fait d’une pierre deux coups

Par Milo Milfort

P-au-P, 03 déc. 2013 [AlterPresse] --- En mission d’une semaine, une délégation de la Commission interaméricaine des droits humains (Cidh), de l’organisation des États américains (Oea), continue de rencontrer différents secteurs en République Dominicaine d’une part, et assure la cueillette de plaintes de personnes affectées par la sentence du 23 septembre 2013 de la cour constitutionnelle dominicaine, d’autre part.

L’objectif des démarches de la délégation de la Cidh, arrivée en République Dominicaine le 29 novembre 2013, consiste à enquêter sur les implications de l’application du verdict 168-13 du Tribunal Constitutionnel dominicain, déclarant apatrides pas moins de 200 mille Dominicaines et Dominicains d’ascendance étrangère, dont une grande partie d’Haïti.

Dans la matinée de ce mardi 3 décembre 2013, elle a eu des échanges avec le président de la chambre des députés dominicain, Abel Martinez.

Le lundi 2 décembre, elle s’est entretenue avec des officiels du gouvernement dominicain autour de la question. Les 2 parties se sont mises d’accord pour ne pas divulguer le contenu des discussions, avant une déclaration conjointe le vendredi 6 décembre 2013.

Quelques heures plus tard, elle a eu des discussions avec le ministre de l’intérieur et de la Police, Jose Ramon Fadul, des représentants de la migration dominicaine et une commission de la Junte centrale électorale (Jce) dominicaine.

Également le 2 décembre 2013, plusieurs parlementaires dominicains ont appelé la Cidh à l’impartialité, tout en lui suggérant des échanges avec tous les secteurs de la vie nationale, incluant l’église catholique romaine dominicaine et les universités, durant la mission d’investigation.

Se réunir avec les trois pouvoirs de l’État dominicain constituerait un des points clés de cette visite de la Cidh.

Demandant aux Dominicaines et Dominicains d’avoir confiance, la délégation de la Cidh en République Dominicaine assure que son unique intérêt est d’aider à appliquer les lois du pays voisin d’Haïti, sans porter atteintes aux droits humains.

La délégation reçoit des plaintes

Dans le cadre de la mission de la Cidh, des dénonciations et plaintes de violations de droits humains, en relation à la sentence de la cour constitutionnelle dominicaine, sont enregistrées dans un bureau ad hoc de la Cidh, établi au carré des professeurs à l’Université Autonome de Santo Domingo (Uasd).

Par le biais d’interviews, d’une dizaine de minutes, avec les personnes affectées, munies de la copie d’au moins une pièce d’identité, les enquêteurs de la Cidh enregistrent, cette semaine, les desiderata des personnes affectées par la sentence du 23 septembre 2013.

Le lundi 2 décembre 2013, dans le cadre du processus en cours, des membres d’un mouvement universitaire ont critiqué les effets de la sentence sur le pays. Une situation, qui a provoqué un renforcement du système de sécurité mis en place autour des enquêteurs de la Cidh.

Plus d’une dizaine d’autobus et de minibus, remplis de familles entières, venues de toutes parts, ont défilé devant des avocats spécialistes des droits humains qui travaillent pour la Cidh à Washington (États-Unis d’Amérique). [mm kft rc apr 03/12/2013 15:10]