Haïti – Manifestation : 1 blessé par balle et au moins 5 blessés légers au Cap-Haïtien, au début d’une mobilisation antigouvernementale

Correspondance Wedlyne Jacques

Cap-Haïtien, 18 nov. 2013 [AlterPresse] --- Filiance Norvilien, un homme d’une vingtaine d’années (qui circulait dans le quartier Nan Bannann, près du rond-point de Samarie, dans le quartier populaire de La Fossette au nord du Cap-Haïtien) a été blessé par balle au pied, ce lundi matin 18 novembre 2013, à la suite d’une intervention policière, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Norvilien allait retrouver sa femme qui venait d’accoucher à l’hôpital, selon les témoignages recueillis.

Parallèlement, plusieurs enfants, âgés de 3 mois à 6 ans , qui ne pouvaient pas supporter l’odeur des gaz lacrymogènes lancés par les policiers départementaux, ont été emmenés d’urgence à l’hôpital public Justinien du Cap-Haïtien. Également affectés par les gaz lacrymogènes, des jumeaux de 7 mois ont été transportés dans un hôpital à Quartier Morin, municipalité proche de la deuxième ville d’Haïti.

La journaliste Carmel Pierre (Radio Passion FM) a été frappée à la poitrine et au dos par des boucliers d’agents de l’unité départementale de maintien d’ordre (Udmo).

Suite à la tension provoquée par la police départementale, pour empêcher la mnifestation de l’opposition, les nommés Alan Gelin, Philippe Alcimé, Chrisnel Michel, Adios Petit, Jean Fritz Camille, ont été légèrement blessés, selon le constat fait à l’hôpital Justinien du Cap-Haïtien par Kettely Julien de l’Institut mobile d’éducation démocratique (Imed).

« L’attitude des forces de l’ordre (ce 18 novembre au Cap-Haïtien) viole le droit d’expression des citoyennes et citoyens », condamne l’Imed, dénonçant les tirs d’armes à hauteur des personnes ainsi qu’un usage abusif de gaz lacrymogènes ayant affecté plusieurs enfants en bas âge dans différents quartiers populaires de la deuxième ville du pays.

A la mi-journée de ce 18 novembre, des tirs sporadiques étaient entendus, en provenance de Cité Lescot (entrée sud Du Cap-Haïtien). Les quartiers populaires de La Fossette, (à proximité de lòt bò pon, Petite Anse), Nan Bannann, Cité Lescot étaient quadrillés par la police nationale en début d’après-midi de ce lundi 18 novembre 2013.

La police nationale a tiré des coups de feu et lancé des gaz lacrymogènes pour empêcher le départ d’une manifestation hostile à l’actuelle administration politique.

Les riverains ont riposté en envoyant des bouteilles et des jets de pierres.

Les policiers nationaux ont, à maintes reprises, tenté de disperser chaque groupe de personnes qui se réunissaient, en divers endroits, avant de prendre part au mouvement de protestation contre le gouvernement du premier ministre Laurent Salvador Lamothe.

Ces personnes, apparemment sur le point de manifester contre le régime politique actuel, étaient mises en joue avant d’être invitées à vider les lieux par les policiers.

Mais, quelques centaines de partisans du président Joseph Michel Martelly, vêtus de t-shirts de couleur rose, ont pu manifester dans les rues du Cap-Haïtien, en allant en direction de Vertières (entrée sud du Cap-Haïtien), sous la protection de la police.

Sous protection de la police départementale, les partisans de l’actuelle administration politique ainsi que le cortège présidentiel ont pris la rue à pied jusque vers la rue 18.

Pour l’instant, un calme apparent règne au Cap-Haïtien.

Un grand nombre d’officiels ont pris place dans les parages du monument de Vertières pour une cérémonie de circonstance, à l’occasion du 210e anniversaire de la bataille de Vertières (qui déboucha sur la déclaration d’indépendance nationale le 1er janvier 1804).

Depuis environ une semaine, le collectif pour libérer Haïti (un regroupement de l’opposition à l’administration Martelly-Lamothe) a appelé à une journée de protestation contre le gouvernement pour ce 18 novembre.

Sans nier le droit de manifestation des opposants au gouvernement, la direction départementale de la police nationale d’Haïti (Pnh) avait indiqué ne pas disposer de ressources suffisantes pour assurer la sécurité des manifestants hostiles au pouvoir, en raison des manifestations officielles attendues pour le lundi 18 novembre 2013. [wj rc apr 18/11/2013 12:30]