Développement durable

Haïti-Économie : Les coopératives d’épargne et de crédit s’engagent en faveur du développement durable


vendredi 25 octobre 2013

P-au-P., 25 oct. 2013 [AlterPresse] --- Les coopératives d’épargne et de crédit d’Haïti s’engagent à œuvrer en faveur du développement durable du pays en contribuant à la création de richesse en vue du bien-être des générations présentes futures.

L’Association Nationale des Caisses Populaires Haïtiennes (ANACAPH) et le Conseil National de Financement Populaire (KNFP) initient un débat dans cette perspective, alors que les deux institutions entrent dans leur quinzième année d’existence.

La journée internationale des Coopératives d’Epargne et de Crédit (3ieme jeudi d’octobre, soit le 17 octobre 2013) a été une occasion pour ces entités et leurs affiliés de marquer cet anniversaire et réaffirmer leur option en faveur de la « durabilité et la responsabilité des entreprises sociales ».

Lors d’un colloque le 17 octobre à Pétionville (périphérie est), Manel Castel, président de l’ANACPH, invite les coopératives et structures assimilées à joindre leurs efforts dans la quête du développement durable.

« Il est impérieux que les acteurs de l’Economie sociale et solidaire en Haïti, coopératives d’épargne et de crédit, coopératives toutes filières confondues (…) dont l’utilité sociale est au service du développement puissent travailler en synergie », souligne-t-il.

La logique de réseau est aussi assumée par le KNFP, dont la présidente, Francine Jean-Marie, estime qu’il faut aussi « jeter les passerelles avec les autres acteurs de l’économie sociale que sont les autres formes de coopératives, les associations, les fondations et certaines ONG qui œuvrent pour le développement ».

A ce propos, l’ANACPH et le KNFP avaient annoncé, en juillet 2012, la création
d’un « espace d’économie sociale », qui vient tout juste d’être rejoint par Veterimed, un organisme haïtien de formation et d’appui technique en santé et production animale.

« J’interpelle pour un retour immédiat aux valeurs qui caractérisent nos mouvements qui doivent être avant tout un mouvement social servi par la finance et l’économie », s’exclame Jean-Marie. « Il est temps que la finance soit au service de l’économie et l’économie au service de l’humanité », prône-t-elle.

Durant le colloque du 17 octobre, déroulé autour du thème de la journée internationale "Coopérer pour le développement durable des territoires ", des responsables du secteur et divers spécialistes ont analysé la situation et dégagé des pistes de renforcement du mouvement coopératif.

L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) constitue un « secteur à part entière », fondé sur des valeurs de démocratie et de solidarité, qui contribue à la création de richesse et au recul de la pauvreté, rappelle Lionel Fleuristin, coordonnateur du KNFP.

Pour Yolène Jacquet, directrice exécutive de l’ANACAPH, la contribution des coopératives au développement durable du territoire est multidimensionnelle. Elle concerne, entre autres, la satisfaction des besoins sociaux, l’accroissement des richesses et la préservation de l’environnement.

Le juriste Josué Beaubrun relève pourtant plusieurs contraintes auxquelles fait face l’ESS, parmi elles l’absence de reconnaissance au niveau de la société et le déficit d’engagement des institutions publiques vis-à-vis du secteur, dont il recommande une plus grande diversification.

En rapport à cette diversification nécessaire, l’économiste Bernard Taillefer souhaite que les coopératives tiennent compte des besoins de crédit agricole et innovent en la matière, question de valoriser de la production.

Mais, attention aux risques externes (naturels et autres) qui conditionnent l’action des coopératives d’épargne et de crédit en Haiti, met en garde l’économiste Kesner Pharel. Il invite à bien analyser les agrégats de l’économie haïtienne afin de dégager les défis que doit surmonter le secteur de l’ESS.

Par ailleurs, ce dernier ne doit nullement s’enfermer dans des activités économiques et financières. L’ESS appartient à la société civile, soutient le professeur d’université Wilson Jabouin. A ce titre, il doit aussi se « donner des moyens de pression » pour contribuer à orienter les politiques publiques en vue d’une « meilleure qualité de vie ». [gp apr 25/10/2013 13 :00]