Haïti-Politique : Ce que le sigle PSP représente (3 de 9)

Par Leslie Péan*

Soumis à AlterPresse le 4 octobre 2013

La rentrée tardive, qui frappe le système scolaire haïtien pour une troisième année consécutive, est une malédiction qui demande un exorcisme, une calamité qui exige une neuvaine. C’est ce que Leslie Péan nous propose avec la série de neuf articles dont la publication a commencé le 2 octobre.

3e jour de la neuvaine

Max Hudicourt, candidat du PSP au Sénat, triomphe dans la Grande Anse. C’est le cas aussi pour les compagnons de route du PSP que sont Alphonse Henriquez au Sénat et Rossini Pierre-Louis, Edgar Nérée Numa à la Chambre des députés.

Mais, de manière générale, les candidats progressistes sont perdants. Même le Dr. Georges Rigaud, « l’homme qui déclara à Lescot qu’il devait laisser le pouvoir immédiatement et qui a été le leader du Front Démocratique du 7 au 12 janvier [1] » n’est pas élu Sénateur pour le Département de l’Ouest. Les démagogues manipulent habilement la question de couleur.

Grâce à l’alliance des militaires et des noiristes de l’heure, ce sont les candidats associés au Front Révolutionnaire Haïtien (Frh), ayant rallié les positions conservatrices du major Paul Magloire du Comité Exécutif Militaire (Cem), qui l’emportent.

Le PSP appelle, alors, à l’annulation des élections législatives et communales frauduleuses du 12 Mai 1946.

Les élections législatives et communales de 1946 se sont révélées comme un gâchis monumental. Nombres de citoyens n’arrivent pas à voter le dimanche 12 mai, ruinant ainsi leur espérance démocratique.

Les fraudes ont commencé depuis la création des commissions d’inscription des électeurs dans les communes, dont les membres sont tirés au sort par le Président de la Commission communale du lieu.

C’est le cas avec Rosendo Rivera, candidat à la députation à la commune de Verrettes, qui présente une protestation, en bonne et due forme avec procès-verbal de notaire en date du 25 février 1946, contre les agissements frauduleux du magistrat communal Jean-Baptiste Dominique.

Ce dernier viole la loi électorale sur le tirage au sort des membres de la Commission d’inscription (Bureau d’inscription), lit à haute voix les noms de personnes inscrites sur le bulletin tiré de la boite, sans le communiquer pour vérification aux autres membres présents.

La fraude est à la source, dans la machine électorale elle-même, comme l’explique le colonel Astrel Roland, commandant militaire du Département de l’Artibonite, qui qualifie les bureaux d’inscription de « véritables machines à fraude » [2].

Astrel Roland a fait son autocritique en expliquant, par le menu détail, les fraudes électorales qu’il a lui-même orchestrées pour permettre l’élection de Dumarsais Estimé, en 1946, comme député des Verrettes à la place de Rosendo Rivera.

À l’époque, ce dernier avait protesté contre les radiations sur les listes des citoyens indépendants qui se présentaient, aux bureaux de vote, pour s’inscrire. Politique d’inscription non marginale, car étaient seulement accueillis, avec enthousiasme dans les bureaux d’inscription, les citoyens qui remettaient immédiatement leur carte d’électeur à la famille Estimé [3].

Celui qui a payé la taxe obligatoire d’une gourde 50 centimes, permettant au citoyen d’avoir la carte d’identité pour pouvoir s’inscrire, récupère ladite carte immédiatement. Le marché est bien « je paie et tu me donnes la carte d’inscription ensuite ». Avec quinze mille gourdes, on peut ainsi acheter dix mille électeurs.

C’est en recourant à ce procédé mafieux que Dumarsais Estimé a pu être élu député et ainsi devenir président en 1946.

On ne peut qu’apprécier le témoignage tardif du colonel Astrel Roland qui n’a pas caché sa complicité dans cette vaste opération de corruption. Dont acte.

Il fallait du courage pour révéler, en 1981, cette forme que prend le précipité des rationalités politiques en période électorale.

Dix ans après lui, le colonel Pressoir Pierre [4] fera la même confession au sujet des élections de 1957.

Même un fieffé bandit peut rendre service à la construction d’un monde nouveau, en refusant la loyauté à la décadence par le silence.

Digne fils d’un partisan de José Marti - qui était venu en Haïti en 1895 et qui s’était installé dans l’Artibonite -, Rosendo Rivera avait déjà été victime de la fraude électorale aux élections législatives de 1932 sous le président Vincent [5] au profit de Dumarsais Estimé.

Comme nous l’explique Julio Jean-Pierre Audain, c’est d’ailleurs, lors des élections législatives kokorat de 1932, que le président Sténio Vincent fit élire son illustre inconnu de frère Nemours Vincent pour remplacer « l’idole du peuple haïtien [6] », le grand patriote nationaliste Joseph Jolibois fils, comme député de la capitale.

L’exemple de la corruption électorale, en février 1946 dans la commune de Verrettes au profit du candidat Dumarsais Estimé, est révélateur du merveilleux dispositif d’envoûtement dans notre culture politique.

Merveilleux, tel que décrit par Astrel Roland en plusieurs pages, autant pour l’élection frauduleuse d’Étienne Moraille - comme député des Cayes, en 1932 - que pour celui de Dumarsais Estimé à Verrettes, en 1946.

La spirale de consolidation de la corruption sans visage, dans les 104 communes (alors) d’Haïti, constitue la base pour le maintien de l’ordre kokorat dans le corps social.

C’est de là que partent les si confortables normes, sur lesquelles repose le reste de la société.

Les réseaux sociaux invisibles, qui partent des communes, tissent les complicités qui surplombent le mode de gouvernement central zokiki à la capitale. Un système de pouvoir qui, jusqu’à présent, n’a pas pris une ride.

En effet, comme le rapporte le journaliste Roberson Alphonse, l’ambassadeur canadien Henri Paul Normandin, à la veille de son départ d’Haïti, se devait de déplorer qu’encore en 2013, « il n’est pas normal qu’Haïti ne dispose toujours pas d’une institution électorale permanente, capable d’organiser de bonnes élections, selon les échéances constitutionnelles [7]. »

On assiste donc à une multitude de cas de corruption en cascade aux élections législatives et communales du 12 mai 1946.

Par exemple, l’accès à l’urne est refusé à Clovis Kernisan, citoyen connu à la capitale, ex-ministre des Finances, sous prétexte qu’une personne ayant ce nom avait déjà voté [8].

Une telle situation est paradoxale car, si c’était le cas, elle aurait été détectée deux mois auparavant, au Bureau du Recensement (nom donné au Conseil Electoral) dans le livre, où les électeurs sont inscrits et enregistrés.

On apprend que ce sont des militaires qui remettent, au Doyen du tribunal civil, les doubles des procès-verbaux des bureaux de vote qui ne sont pas transmis sous enveloppe cachetée.

À Saint-Marc, à Jacmel, le Bureau du Recensement électoral refuse d’écouter et d’enregistrer les réclamations des contestataires, conformément à l’article 61 de la Loi électorale.

Les procès-verbaux ne sont pas paraphés par les six membres qui composent les bureaux de vote. Des bulletins portent le nom du même candidat trois fois et sont comptabilisés pour trois votes.

Au Cap-Haïtien, les protestations d’Henri Laraque, connu sous le nom de TOM - à cause de son programme, articulé autour des mots Travail, Ordre et Méthode -, pleuvent contre l’élection du sénateur Louis Zéphyrin, considéré comme un homme de Lescot.

La police intervient et il y a sept morts près du marché.

Alexandre Vincent, un paisible citoyen, est assassiné chez lui à la rue 24 par un des bandits, à qui il avait eu le malheur de prêter 250 dollars et les lui avait réclamés.

Le journal Le Nouvelliste est obligé de publier la note suivante : « Notre rédaction est littéralement assiégée d’informations, venant de toutes parts et qui supportent les altérations de chiffres et les fraudes de toutes sortes qui ont été constatées dans les procès-verbaux d’élections, actuellement soumis au bureau de recensement [9]. »

Douze jours après les élections, soit le 24 mai, dans les cinq départements que comptait alors le pays, les étendards sont en berne et les résultats ne peuvent pas être proclamés.

Les journaux donnent les détails de la gabegie, à longueur de numéros.

Le Nouvelliste écrit : « Donc, dans les cinq départements, c’est le scandale qui éclate. Partout les fraudes, les manœuvres, les illégalités ont été patentées. Le peuple récrimine, proteste, s’épuise d’anxiété. La loi électorale est mutilée. Les organismes sont débordés par les événements [10]. »

L’engrenage de l’obstination dans les errements ne diminue pas. L’humour noir s’y mêle. Le Quo vadis Haïti se résume ainsi en ce mois des élections de 12 Mai 1946 :

Lundi matin, un candidat passe
Mardi, il est dépassé
Mercredi, il est repassé
Jeudi, il est surpassé
Vendredi, il est trépassé
Ce sont des tours de passe-passe [11]

Le major Paul Magloire, en charge du Ministère de l’Intérieur, viole la loi électorale et exige que les procès-verbaux des bureaux de vote lui soient amenés, sans que le Doyen du tribunal civil du lieu ne déclare le nombre de votes obtenus par le vainqueur.

Selon Astrel Roland, « À Port-au-Prince, le Major Paul Magloire alla personnellement les recueillir. Quand il en prit connaissance, il constata que quatre de ses candidats n’avaient pas réussi. Il gratta, de ses mains, les documents officiels en faveur de ses associés au préjudice du Pasteur Dorléans Juste Constant, du Dr. Georges Rigaud, de M. Frédéric Duvigneaud et de M. René T. Auguste, élus avec une majorité écrasante sur leurs adversaires [12]. »

Les facettes de la castration du processus démocratique ne se comptent plus. C’est devant cet indéniable que le merveilleux de la zombification s’étale.

La loi électorale stipule que les résultats des élections législatives et communales sont proclamés par le Bureau du Recensement.

Le Département de l’Intérieur viole la loi électorale et proclame officieusement les résultats sous réserve. Ce forfait est achevé.

D’une part l’article 53 de la Loi électorale, exigeant la publication immédiate des résultats du scrutin, n’est pas observé.

D’autre part, le Bureau du Recensement et le Département de l’Intérieur devaient recevoir, en même temps et de façon indépendante, les doubles des procès-verbaux des bureaux de vote.

Mais, en réalité, c’est le Département de l’Intérieur qui reçoit ces documents et qui, dans certains cas, les achemine, avec des jours de retard, au Bureau du Recensement.

La porte est ainsi ouverte à toutes les fraudes et falsifications possibles avec des procès-verbaux raturés.

Ce mécanisme permet au Département de l’Intérieur de dire qui sont les élus, sans indiquer le nombre de votes récoltés par chacun.

Les abus, orchestrés par le Cem pour les candidats du Frh, provoquent de la révulsion. Leur mise en évidence conduit l’opinion à réclamer, purement et simplement, l’annulation des élections.

En effet, « ces irrégularités sont en si grand nombre qu’elles dépassent la majorité du scrutin, ce qui infirme donc la manifestation de la volonté populaire [13]. »

Etienne Charlier en est conscient. Tout en étant préoccupé par la fraude massive du Cem, il a le courage pour dire la vérité et reconnaître aussi le rôle de la désunion des partis de gauche dans la défaite des démocrates.

Il en fait le bilan suivant :

« La leçon la plus importante, à tirer des événements en cours, c’est que les gauches se sauvent ensemble ou meurent ensemble. Globalement parlant, les gauches ont été balayées à l’urne. Elles l’ont été, parce que, loin d’unir leurs forces, loin de serrer les coudes, elles ont préféré se combattre à outrance, chacun se croyant le plus fort et, par suite, capable de monopoliser, à son profit exclusif, la clientèle politique. Alors que le mot d’ordre eut dû être de battre la Réaction à tout prix, les gauches ont préféré lutter les unes contre les autres et laisser la voie libre à des éléments politiques plus ou moins douteux [14]. »

Les démocrates d’Haïti, toutes tendances confondues, vont souscrire au bon sens en mettant la priorité là où il faut : l’unité d’action.

Pour changer la société, il est nécessaire d’avoir un large consensus pour combattre la réviviscence du chirepit et isoler les extrémistes.

Ces moments d’ouverture, aussi brefs qu’ils soient, provoquent une montée en puissance des forces libératrices, facilitant ainsi le travail du changement.

La résolution de la question sociale est dans cette grande alliance de classes, comportant tous les secteurs progressistes. C’est en se battant contre la division que les chances de victoire du changement social augmentent.

Il importe de trouver le dénominateur commun des uns et des autres pour, ensemble, monter à l’assaut des citadelles d’iniquité.

Dans les luttes politiques, il est crucial de pouvoir déterminer, à tout moment, ce qui est fondamental, principal, secondaire.

C’est seulement à partir de cette détermination qu’on peut faire des choix d’action et avoir les comportements adéquats dans une conjoncture.

Les Haïtiens vont démontrer qu’ils n’ont pas une prédisposition à la division et qu’ils peuvent utiliser leur cerveau comme tout être humain. Les choix de la division peuvent être vaincus par la conscience.

Et c’est ce que prouve la réaction des secteurs démocratiques, révulsés par les fraudes massives qui ont entaché les élections législatives et municipales du 12 mai 1946.

Le PSP et le Comité de Défense Nationale (Cdn)

L’ambassadeur américain, Orme Wilson, qui s’était absenté le 17 mai, soit 5 jours après les élections législatives et communales pour consultation expresse à Washington, retourne dix jours plus tard, en pleine forme.

Le gouvernement américain est préoccupé par la tournure des événements. Il est inquiété par la création du Comité de Défense Nationale (Cdn), auquel se rallient une cinquantaine de personnalités démocrates de droite et de gauche, dont les dirigeants du Pch qui ont rompu avec les noiristes du Frh.

Le Nouvelliste parle d’un manifeste « De la gauche à la droite, de la droite à la gauche » [15].

Le major Levelt du Cem manifeste une certaine inflexibilité à laisser triompher Georges E. Rigaud. Une alliance des secteurs de la gauche, à laquelle s’adjoignent des franges de la bourgeoisie nationale, telle qu’elle se profile dans le Cdn, est dangereuse pour le statu quo.

Le major Levelt est très préoccupé par le développement de la situation politique.

En effet, dès la prise de contrôle de la machine électorale par le Cem, le 12 mai, il reçoit une proposition d’un citoyen des Cayes, lui demandant de former un gouvernement provisoire avec six des onze sénateurs nationalistes indépendants, que le président Sténio Vincent avait révoqués le 18 février 1935 : Léon Nau, Antoine Télémaque, Fouchard Martineau, Dr. Hector Paultre, Valencourt Pasquet et Rameau Loubeau.

Le journaliste Georges J. Petit écrit à ce sujet : « Ce sont, comme on le voit, six des onze sénateurs, révoqués brutalement par le président Vincent, parce qu’ils s’étaient montrés intraitables dans la défense des intérêts du peuple. Six noms que le pays aurait certainement accueillis avec enthousiasme [16]. »

Le major Levelt explique la position de l’armée à l’ambassadeur américain Orme Wilson [17], en affirmant qu’il faut vite mater le Cdn qui a appelé à la grève générale, en publiant un communiqué, le 26 mai 1946 (Voir annexe 1).

Face à cette situation, les militaires du Cem déclarent l’état de siège et procèdent à de nombreuses arrestations.

Le Psp monte au créneau immédiatement et dénonce la répression.

Tous les signataires du Manifeste du Cdn sont arrêtés, à l’exception d’Edriss St. Amand, Max Sam, Regnor C. Bernard, François Dalencour, Léon Nau et Iréné Annoual.

Nombre de ceux, qui travaillaient dans la fonction publique, à un titre ou à un autre, sont révoqués par le Cem. C’est le cas de l’ingénieur Georges Cauvin, d’Emmanuel Ledan, de la Mission sanitaire américaine, de René Godefroy, des Travaux Publics, d’Anthony Lespès, de Clainville Bloncourt, etc.


Annexe 1. Manifeste du Comité de Défense Nationale

Manifeste du Comité de Défense Nationale

En dépit des divergences de point de vue et des conflits de l’heure, tous les Haïtiens sont d’accord qu’il est nécessaire de mettre le pays sur un sentier démocratique. Le Comité de Défense Nationale a été créé à un moment critique, où l’avenir du pays est en danger. La campagne électorale et les élections législatives viennent de nous fournir les preuves les plus flagrantes que la corruption morale des hommes au pouvoir a atteint un niveau jamais connu dans les affaires publiques de ce pays.

Le Comité Exécutif Militaire, gardien des libertés publiques arrachées par le mouvement populaire de janvier, a failli à sa mission, en conduisant la nation à l’échec fracassant des frauduleuses élections législatives.

Un changement immédiat est nécessaire, car l’inhabilité du Comité Exécutif Militaire conduit la nation haïtienne à la ruine totale.

Ce sont ces motifs sérieux qui ont porté les sous-signés principaux leaders, qui ont dirigé la bataille de la justice et de la liberté, à se joindre à de hautes personnalités publiques pour former ensemble le Comité de Défense Nationale qui a pour but la réalisation des objectifs suivants :

a) Annulation des Élections

b) Dissolution du Comité Exécutif Militaire

c) Constitution d’un Gouvernement Civil Provisoire

En vue de former ce gouvernement civil provisoire, il est nécessaire qu’aucun de ses membres ne soit candidat à une fonction élective, afin qu’ils puissent inspirer confiance au peuple et accomplir leur mission historique.

En vue d’atteindre ces objectifs, le Comité de Défense Nationale demande que soit déclenchée une grève générale sur toute l’étendue du territoire.

Le Comité de Défense Nationale fait appel à tous les syndicats, à toutes les organisations ouvrières, aux associations professionnelles et d’administration publique, aux écoles et à l’université, à tous ceux qui ont encore un amour pour le pays qui souffre, qu’ils se mobilisent et se soulèvent pour le combat jusqu’à la victoire en décrétant la grève générale.

La République est en danger, citoyens en avant.

Signé

Milo Rigaud ; Catts Pressoir, Président du Front Protestant ;

Anthony Lespès, Secrétaire général du Parti Socialiste Populaire (Psp) ;

Dorléans Juste Constant, Secrétaire général du Parti Communiste d’Haïti (Pch) ;

Camille Lhérisson ; Edriss St. Amand ; Maurice Pignant ; Max D. Sam ; Léo Sajous ;

J. Arnoual, mécanicien ; Molière Jh. Compas ; François Dalencour ;

Léon Nau, ex-juge à la Cour de Cassation, ancien directeur de l’Ecole de Droit, ex-sénateur de la République, ancien Doyen du Tribunal de Port-au-Prince ; Antoine Rigal, ancien Président de l’Union Patriotique ;

Ernst Sabalat, avocat ; Georges Beaufils, membre du Parti Démocratique Populaire de la Jeunesse Haïtienne (Pdpjh) ; Max Ménard, éditeur de Combat, journal du Pch ; Max Hyppolite, directeur de Combat ; Jacques Stephen Alexis, membre du Pdpjh ; Gérard Chenet, membre du Pdpjh ; Fortuné Turin ; Perceval Thoby, Directeur de l’Union Démocratique Nationale ; René Depestre, membre du Pdpjh ; Lucien Brutus ; André Cameau ; Anténor Alexandre ; Édouard Bénodin ; Émile Cauvin ; Regnor Bernard, membre du Psp ; Etienne Charlier, membre du Psp ; Frédéric Télémaque, membre du Parti Socialiste Haïtien (Psh) ; Georges Cauvin ; Marcelin Balmir ; Félix Jérémie ;


(à suivre)