Haïti-Politique : Ce que le sigle PSP représente (2 de 9)

Par Leslie Péan*

Soumis à AlterPresse le 3 octobre 2013

La rentrée tardive qui frappe le système scolaire haïtien pour une troisième année consécutive est une malédiction qui demande un exorcisme, une calamité qui exige une neuvaine. C’est ce que Leslie Péan nous propose avec la série de neuf articles dont la publication a commencé le 2 octobre.

2e jour de la neuvaine

L’influence de la pensée des fondateurs du PSP, même indirecte, est considérable dans les actions de ceux et celles qui cherchent à promouvoir un changement positif dans la vie de la grande majorité de la population. Les questions de fond qu’ils ont posées sur le mal haïtien et les moyens de s’en affranchir gardent encore leur actualité. Il faut justement empêcher qu’ils tombent dans l’oubli et que le sigle PSP qu’ils ont contribué à propulser acquière une autre signification dans les esprits. Nous ne saurions laisser se perpétuer la dépréciation de leur contribution et l’ignorance de leur sagesse.

La thèse centrale du PSP est qu’il existe en Haïti une bourgeoisie nationale à l’état embryonnaire qu’il ne faut pas ostraciser par de l’infantilisme. Cette bourgeoisie opprimée par les forces du grand capital impérialiste a besoin pour se développer, d’une alliance de classes, bourgeoisie, prolétariat et paysannerie combinées. Thèse qui sera reprise dans le Manifeste du Parti d’Entente Populaire (PEP) de Jacques Stephen Alexis en 1959 [1]. Le PSP soutient le développement des industries locales dans le cadre d’un programme de substitution d’importation et d’accès au crédit. Des articles de consommation courante sont produits localement mais pas en quantité suffisante pour répondre à la demande.

Les propriétaires de ces petites et moyennes entreprises ont engagé leur maigre capital et n’ont pas les moyens financiers suffisants pour acheter des matières premières et engager le personnel additionnel afin d’augmenter leur capacité de production. Il n’existe pas de banque de développement, et les usuriers ne veulent prêter aux entrepreneurs qu’au taux de 10% par mois. Le PSP demande la création d’une banque de développement pouvant donner des crédits à moyen et long terme. En ce sens, le PSP propose la mise en marche de la politique suivante :

« lutte contre le marché noir ; lutte pour la libération financière ; autonomie de notre système monétaire dont l’assujettissement a coûté si cher notamment à l’épargne nationale dévaluée de plus des deux tiers comme conséquence des dévaluations américaines ; lutte pour une Banque Centrale non plus nationale de nom mais réellement ; lutte pour une marine marchande nationale ; libération culturelle, lutte contre l’analphabétisme et pour l’enseignement par le créole, etc. [2] »

Mais le PSP est en concurrence avec le Parti Communiste d’Haïti (PCH) dirigé par le Pasteur Dorléans Juste Constant, de l’Arcahaie. Ce dernier est un Noir, dirigeant d’une église anglicane associée au mouvement communiste de Jacques Roumain, mais dont les idées sont confuses. Il n’empêche qu’il a ses fidèles qui lui sont attachés et qui le suivent dans son combat pour le pouvoir populaire en le confiant à un Noir issu des classes moyennes. Pour réaliser ce désir, Dorléans Juste Constant met à profit sa détermination et son courage même si cela doit l’amener à des initiatives contradictoires. Par exemple le 22 septembre 1945, au fort de la lutte clandestine contre le gouvernement dictatorial de Lescot, il écrit à Spruille Braden, Sous-Secrétaire d’État américain pour l’Amérique Latine, en ces termes :

« Maintenant, vous ne devriez pas être étonné de savoir que je ne suis que le porte-parole du Parti Communiste d’Haïti. J’ai été son secrétaire général pendant les 13 dernières années avec mon regretté camarade Jacques Roumain. Nous avons fait notre travail à tour de rôle, parfois, quand il était libre, je le laissais travailler, quand il était en prison ou en exil, je faisais avancer les choses. Maintenant, j’ai l’entière responsabilité sur mes épaules une fois de plus. Pour combien de temps je ne sais pas. Un récent Congrès, qui s’est réuni dans la clandestinité, m’a élu pour un an. Votre collègue, l’Ambassadeur M. Wilson, est aux Etats-Unis. Il m’a rencontré à l’église épiscopale dont il est un membre communiant. Il ne connait pas mes activités comme révolutionnaire et dirigeant du Parti. Mais il sait assez pour vous en dire plus que ce que je peux faire maintenant dans une première lettre. Mon évêque Voegeli est aux États-Unis pour le mois d’Octobre. S’il vous plaît, essayez de mettre la main sur lui même pour une heure. Il vous dira des choses que votre Ambassadeur officiel ne peux pas imaginer qui se font en Haïti. C’est à cause de ses positions religieuses qu’il peut obtenir de tels faits que l’Ambassadeur officiel ne peut jamais obtenir. Je suis personnellement à votre disposition pour toutes informations. Je veux voir mon peuple profiter de tout ce que la démocratie a obtenu pour l’humanité entière [3]. »

On ne peut pas éviter les mêmes erreurs en oubliant le passé. Cette déconcertante lettre de Dorléans Juste Constant à Spruille Braden, Sous-Secrétaire d’État américain, inaugure l’itinéraire de déchéance du PCH. Une vraie comédie macabre qui disparait pour ressurgir au gré de ses commanditaires, livrant à la répression des tontons macoutes nombre de jeunes dont Gasner Raymond, Lionel Derenencourt, Garry Philippi, Maxon Charlier, etc. dans les années 1970. On notera que la pensée caverneuse du PCH élaborée par Roger Mercier et les idéologues tonton macoutes Edouard Berrouet, Mme Max Adolphe (Rosalie Bosquet) continue de sous-tendre et d’animer encore aujourd’hui les incompatibilités et les incohérences du mouvement politique haïtien [4]. Comme le dit l’écrivain Franck Etienne qui a été brièvement membre du PCH, « Il y a eu un secrétaire général nommé Roger Mercier qui a commis des dégâts irréparables dans la structure mentale de nos jeunes » [5]. Il est question de voir l’origine de ces maudits repères afin de mieux combattre leur résurgence.

À l’encontre du PCH, le PSP se caractérise essentiellement par la rigueur des positions de ses dirigeants. Ce sont de vieux routiers de la politique qui connaissent les difficultés du terrain et qui ne se lancent pas dans l’aventure. Armés de leur expérience de luttes menées contre l’occupant américain, ils savent comment agissent les castrateurs de l’imaginaire haïtien. Leur connaissance est ancrée dans le terrain mental où sévissent les charlatans du désordre qui font dérailler tout projet politique susceptible de mettre fin à la gabegie. Ils connaissent ces charlatans dans leurs multiples facettes. L’une des premières mesures prises par le pseudo nationaliste Sténio Vincent en 1930 fut de dissoudre l’Union Patriotique et ses succursales en province sous le prétexte que cette organisation n’était plus nécessaire, car les nationalistes avaient gagné et étaient au pouvoir.

Le président Vincent devait aller encore plus loin pour détourner ou dénaturer les conquêtes populaires. Coup sur coup, ce sera la dissolution de l’Association des Sans-Travail dirigé par Saturnin François, l’arrestation du député en fonction Joseph Jolibois fils, les élections frauduleuses législatives de 1932, l’interdiction du Parti Communiste et du Parti de la Réaction Démocratique en 1934, l’arrestation de Jacques Roumain et de militants ouvriers, bref l’instauration de la dictature avec des relents carrément fascistes. En enlevant même le paravent de la démocratie formelle et juridique, le gouvernement de Vincent signifie que la démocratie réelle et concrète est une illusion. Les futurs militants du PSP ont vu l’arrivée de Lescot au pouvoir en 1941, ses premières ouvertures démocratiques avant le court-circuit hérétique qu’il impose en fermant les journaux indépendants, dont La Nation en juin 1944, en arrêtant les opposants et en prolongeant son mandat jusqu’en 1951.

Dans tous les domaines : agriculture, culture, industrie, finance, justice, politique, littérature, question agraire, éducation, commerce, idéologie, promotion féminine, créole, etc., la pensée du PSP est d’une grande limpidité. Pour ce parti, les idéaux politiques socialistes constituent les moyens les plus efficaces d’éveiller la conscience des Haïtiens. D’abord, pour leur inculquer un sentiment d’appartenance à travers l’éducation civique. « Nous estimons, dit Etienne Charlier, que logiquement la formation civique du jeune Haïtien ne peut, ne doit être confiée qu’à des Haïtiens, plus qualifiés à plus d’un titre que des étrangers, pour inculquer à la jeunesse haïtienne les principes du patriotisme, la foi dans l’avenir du peuple haïtien [6]. » Le PSP a mené le bon combat pour l’acquisition d’une conscience sociale en Haïti. Au terme de cette campagne, les nationaux recevront le privilège exclusif d’enseigner l’histoire et la géographie d’Haïti dans les institutions scolaires publiques et privées.

Le PSP et le Front Révolutionnaire Haïtien (FRH)

L’institution Saint Louis de Gonzague s’est rebellée contre l’application de cette loi. Mais le PSP appuya le gouvernement et ce dernier tint bon jusqu’à dénoncer le contrat historique avec les Frères de l’Instruction Chrétienne de 1864. Parallèlement à l’acquisition de cette conscience sociale, le PSP milite pour la réorganisation du cadre de base de la société et des principes de droit et de justice qui régissent son fonctionnement. C’est le cas du combat mené pour la Constituante dès la création du PSP le 19 janvier 1946.

Le PSP ne s’est pas trompé de cible. Il s’est focalisé sur les luttes de classe, sur les questions matérielles et sur leurs reflets idéologiques. Contrairement aux jeunes de La Ruche qui appellent à soutenir le CEM dans la manchette de leur journal « Peuple haïtien, soutenez le Comité Exécutif Militaire » [7], le PSP est beaucoup plus réservé. Assimilant l’irruption des militaires dans l’arène politique le 12 janvier 1946 à un Coup d’état, le PSP envoie un Mémorandum au CEM le 5 février 1946 par l’entremise d’E. Séjour Laurent, Etienne Charlier et Max Hudicourt. L’analyse présentée est la suivante :

« Le PSP pense que les circonstances mêmes de la prise du pouvoir par le Comité Exécutif Militaire lui rendent la tâche extrêmement difficile. En effet, alors que l’élément civil avait joué un rôle d’importance majeure dans les événements, une Junte Militaire a été constituée. C’est la première faiblesse de ce Gouvernement de facto qui ne représente pas les principaux secteurs d’opposition ayant concouru à l’effondrement du régime Lescot. … En conséquence, le PSP estime que seul un gouvernement acceptable aux principales tendances de la Révolution pourrait agir avec efficacité en adoptant des mesures rapides capables de recréer la confiance. Le PSP tient à souligner qu’un gouvernement à participation de civils rencontrera plus aisément une atmosphère internationale favorable à sa reconnaissance. Le PSP demande donc au Comité Exécutif Militaire d’entrer en consultation avec les leaders des Partis et Organisations démocratiques qualifiés en vue d’associer au Pouvoir des personnalités civiles. Ce nouveau Gouvernement aurait un mandat limité qui l’habiliterait à convoquer dès sa formation une Constituante chargée d’élaborer une Charte fondamentale démocratique et de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent en la circonstance [8]. »

Il importe de bien comprendre cet événement du 5 février. En effet, suite à la mésinterprétation de cette rencontre présentée par le courant noiriste comme une tentative des « mulâtres » de prendre le pouvoir des mains du CEM, une grande manifestation aura lieu avec à sa tête Emile Saint-Lôt, Daniel Fignolé, et le pasteur Dorléans Juste Constant. C’était le 8 février 1946. Le FRH était né avec onze partis noiristes ayant à leur tête le Parti Populaire National (PPN). Dans les rangs de ce dernier, on compte Daniel Fignolé, François Duvalier, Clovis Désinor qui vont former en mai 1946 leur propre organisation, le Mouvement Ouvrier Paysan (MOP).

Il importe de souligner que le FRH bénéficie du soutien du Parti Communiste d’Haïti (PCH) du pasteur Dorléans Juste Constant qui publie le journal (Combat. Ce Parti Communiste d’Haïti (PCH) est différent du Parti Communiste Haïtien fondé par Jacques Roumain qui a disparu avec la mort de ce dernier. Un premier cas de confusion regrettable des sigles ! Confusion voulue ? On n’est pas loin de cet autre PCH des années 1960 et 1970 s’efforçant avec une obstination têtue de travestir les idéaux du changement au profit d’une collaboration avec Duvalier. En effet, « Un certain Roger Mercier se trouvait à la tête de l’autre PCH. Ce quidam, sous le couvert d’un dirigeant communiste, officiait en réalité comme un chef espion macoute qui envoyait à l’abattoir duvaliériste des jeunes gens des deux sexes, qui pourtant croyaient lutter contre la tyrannie et en faveur de l’émergence d’une société socialiste. Au sein de ce prétendu PCH, on comptait plusieurs membres de celui de Dorléans. Parmi les survivants du parti de Mercier, il y en a qui sont devenus littéralement fous, d’autres ont regagné le camp de la bourgeoisie et quelques rares d’entre eux ont maintenu leur force révolutionnaire [9]. »

Le PCH du pasteur Dorléans Juste Constant créé dans les derniers jours de janvier 1946 a des militants dans la jeunesse, dont Edriss St. Amand, Jacques Stephen Alexis, Odnell David, Gérald Montasse, Juvigny Leroy, Roger Mercier, Gérald Bloncourt, Gerald Chenet, Nerva Alexandre, etc. Le FRH a comme président Émile Saint Lôt et deux vice-présidents qui sont Dorléans Juste Constant et Daniel Fignolé.

Au-delà des contradictions qui le traversent, le FRH scelle son alliance avec le CEM pour convoquer des élections bidon et continuer le système archaïque. La logique politique de l’action du PSP consiste alors à préconiser une autre socialisation en remplacement des règles qui maintiennent le brigandage dans la vie politique. Le PSP s’investit dans le politique, domaine de la prise de décision et de l’action aux côtés du peuple. On le retrouve appuyant les positions les plus avancées de son temps sur les questions nationales et internationales. Sur cette lancée, le PSP rejette la politique, domaine des affairistes impliqués dans les manipulations qui maintiennent Haïti dans une crise permanente.

Dès le départ, l’enracinement du combat du PSP est dans la militance pour une conscience historique. Le PSP insiste pour la création d’une Constituante indépendante qui fixe les règles du jeu politique avant que la partie s’engage. Pendant trois semaines, du 19 janvier au 11 février 1946, le PSP discute des normes de nos gouvernements de transition qui aboutissent toujours à la reproduction du même régime. Le journal La Nation tire alors à deux mille exemplaires pour répandre ses idées. Le CEM refuse pendant deux semaines de lui accorder l’autorisation d’organiser un meeting de masse au Champ de Mars. La raison évoquée, c’est que « le pays n’est pas calme ».

Le PSP et la loi électorale du 12 février 1946

En réalité, les militaires voulaient tout simplement empêcher la diffusion des idées contraires aux leurs. Ils préparaient alors la loi électorale appelant aux élections législatives et communales le 12 mai 1946, soit dans trois mois. L’article 3 de cette loi électorale stipule que « les deux Chambres réunies en Assemblée nationale auront pour attributions spéciales de donner d’abord au Peuple haïtien une nouvelle Constitution et ensuite d’élire le Président de la République. » Le PSP réagit immédiatement à cette forfaiture en publiant le lendemain 13 février deux articles. Le premier est sur trois colonnes à la une avec pour titre « La révolution est morte, vive la révolution ». Le second article, sur les deux autres colonnes, sous la signature d’Etienne Charlier, a pour titre : « La réaction fasciste jubile ».

Les revendications du PSP contre la loi électorale du 12 février sont clairement exprimées. Le PSP dénonce cette loi symbolique qui vise au maintien du statu quo en limitant les actions et interactions des électeurs du peuple. Comment ? En obligeant à chaque citoyen, selon les articles 14, 30 et 42 de la loi électorale du 4 juillet 1930 ressuscitée pour l’occasion, d’avoir d’abord une carte d’identité qui coûte alors 1.50 gourde pour pouvoir obtenir sa carte d’électeur. Cette disposition de la loi électorale est restrictive. Pour le PSP, les auteurs de cette loi réduisent les chances du peuple de voter dans les faits. Le PSP ajoute :

« Et le peuple ne leur pardonnera pas, car ils savent ce qu’il font. Car ils savent que de ce jour les élections ne seront pas libres. Ils savent et ils l’ont fait exprès que les électeurs seront contrôlés par les ennemis du peuple, armés de l’ordre du marché noir, de l’ordre de toutes les concussions et de la protection tacite de la Garde d’Haïti. Car tout le monde sait que le candidat honnête qui pourrait réunir l’adhésion de quelques dix mille électeurs du peuple n’aura pas quinze mille gourdes nécessaires pour couvrir la taxe obligatoire des cartes d’identité [10]. »

Le défaut à la base de la loi électorale du 12 février 1946 bloque la communication de l’électeur avec lui-même. Le sujet est absent. Aucune réalisation de soi, par soi et pour soi n’est possible avec cette manière de faire qui discrimine la majorité de la population. Le blocage de l’autonomisation des individus qui y est inhérent produit une zombification de masse. Avec un engouement, une dynamique frénétique vite exploitée par les tenants du statu quo, dont le FRH. Les élections ainsi organisées ravivent en permanence l’idiotie générale et la bêtise. Une situation dénoncée par Etienne Charlier en ces termes :

« La réaction fasciste jubile parce que hier le Comité Exécutif Militaire a fait sienne la procédure chère à son cœur, la procédure qui lui donne des chances de succès : les Chambres Législatives avec pouvoir constituant. L’accord de toute la presse lescotite est symptomatique. Le CEM s’est attribué des pouvoirs constituants ; il a décidé que nous aurons une Chambre des Députés et un Sénat, que la Chambre serait composée de 37 membres et le Sénat de 21. Il a écarté les femmes, non seulement du corps électoral mais en plus – ce qui est un recul par rapport à la Constitution de 1935 telle qu’elle fut amendée en 1944 – des fonctions électives ; les femmes qui se sont si bien battues au cours des événements de janvier. Le CEM a retranché les masse prolétariennes et paysannes du corps électoral puisque pour se faire inscrire, il faut être muni de la carte d’identité qui coûte ces jours-ci Gde 1.50 pat tête. De telle sorte que ces masses prolétariennes et paysannes ne pourront être amenées à l’urne que par des candidats assez riches pour payer quelques milliers de gourdes de cartes d’identité, c’est-à-dire les candidats de la Bourgeoisie [11]. »

Il importe de mentionner que tous les dirigeants du PSP indistinctement sont candidats à la gestion des affaires publiques, à la mairie, à la députation et au sénat. Par exemple, Etienne Charlier est candidat au Sénat pour le département de l’Ouest, Jules Blanchet est candidat à la députation pour la circonscription de Port-au-Prince, Max Sam est candidat à la magistrature communale de la capitale avec comme conseillers Fritz Basquiat et Regnor C. Bernard. Dans le département du Sud, E. Séjour Laurent est candidat au Sénat. Le PSP veut démontrer par l’exemple la possibilité d’existence d’une autre grammaire politique à travers la participation transparente de ses membres dans la gestion du pouvoir.

Mais les craintes du PSP vont se révéler correctes avec la fraude électorale massive des élections législatives et communales du 12 Mai 1946. Ces élections sapent la confiance des citoyens dans les élus de leurs circonscriptions et dans l’ensemble du système électoral.

(à suivre)

*Économiste, écrivain