Haïti-Langue : Saks, Crad et Ickl exigent de l’exécutif la publication de la loi sur l’académie du Créole haïtien

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 13 sept. 2013 [AlterPresse] --- La société d’animation et de communication sociale (Saks), le Centre de recherche et d’action pour le développement (Crad) et l’Institut culturel Karl Lévêque (Ickl) demandent au président Joseph Michel Martelly de publier la loi sur l’académie du Créole haïtien dans le journal officiel Le Moniteur.

La majorité de la population a besoin de la publication de la loi sur l’académie du Créole haïtien, laquelle permettrait à cette académie d’ouvrir un ensemble de chantiers dans cette langue au bénéfice du pays, font savoir ces institutions, dans une lettre datée du dimanche 8 septembre 2013, date marquant la journée internationale de l’alphabétisation.

Travaillant dans le domaine de l’éducation et de la communication, sur le territoire national, ces organisations croient que ces chantiers contribueront à faciliter la recherche et le développement matériel sur le Créole haïtien et encourageront les fonctionnaires à desservir la population, dans une langue comprise par toute la population.

Appuyer les personnes, qui produisent en Créole haïtien ou sur cette langue, et permettre au peuple haïtien de retrouver confiance dans sa langue, sa culture et en lui-même, seront, entre autres, parmi les retombées positives de cette académie du Créole haïtien.

La loi sur la création de l’académie du Créole haïtien a été votée à l’unanimité par le sénat, le 10 décembre 2012. Les députés ont aussi donné un vote favorable à cette loi, le 23 avril 2013.

Martelly avait fait objection au vote des deux chambres qui, à nouveau, l’ont votée à l’unanimité. Légalement, la présidence n’a d’autres choix, dans pareil cas, que de promulguer le texte.

Dès 1987, la Constitution haïtienne, dans son article 213, a exigé la création d’une académie haïtienne, avec pour mission « de fixer la langue Créole et de permettre son développement scientifique et harmonieux ».

Pour les suites nécessaires, un comité d’initiative a été constitué.

Il est composé de l’Université d’État d’Haïti (Ueh), du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), du ministère de la culture et de la Secrétairerie d’État pour l’alphabétisation (Sea).

La Faculté de linguistique appliquée (Fla) de l’Ueh, la Confédération nationale des vodouisantes et vodouisants haïtiens (Knva en Créole) et la Société d’animation et de communication sociales (Saks, en Créole) font aussi partie de ce comité.

Importance du Créole haïtien dans l’apprentissage

Les organisations signataires de cette lettre attirent également l’attention de l’exécutif sur l’importance de la langue Créole dans la facilitation de l’apprentissage.

La langue, parlée par un individu dans sa communauté, peut mieux l’aider à apprendre la lecture, l’écriture, les mathématiques et d’autres langues étrangères, explique Saks.

« Les multiples recherches de la science montrent que quand quelqu’un apprend à lire et à écrire dans une langue, qu’il ne parle pas trop bien, sa capacité d’apprentissage est handicapée pour le reste de sa vie », rappelle Saks.

La majorité de la population haïtienne a besoin de la langue Créole pour se développer, estiment ces organisations, indiquant qu’un peuple qui ne maitrise pas « la science, la technologie, la littérature, l’histoire et toutes les connaissances ne peut pas se développer ».

Ces institutions souhaitent la mise en œuvre d’un autre système d’éducation, axé sur la valeur humaine et la langue Créole qui revêt une grande importance dans ce changement. [emb kft rc apr 13/09/2013 12:40]