Haïti-Justice : La nomination de Francisco René, un autre pas vers des persécutions politiques, selon le Rnddh

P-au-P, 21 août 2013 [AlterPresse] --- La nomination de Me. Francisco René, au poste de commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, est une tentative du pouvoir en place de multiplier les persécutions politiques dans le pays, indique le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) dans une interview accordée à AlterPresse.

L’installation de cet ancien chef du parquet de Port-de-Paix (Nord-Ouest) et également président de l’Association des magistrats haïtiens (Asmah), une organisation pro-gouvernementale, a eu lieu, le mardi 20 août 2013.

Me. René remplace Me Lucmane Delille, transféré au ministère de la justice comme chargé de mission et responsable de la coordination des différents parquets.

Il devient le 9e commissaire de gouvernement, près le tribunal civil de Port-au-Prince, depuis l’accession (le 14 mai 2011) de Joseph Michel Martelly à la présidence de la république... .

« Il (Francisco René) est là pour faire le sale boulot du pouvoir, comme le fait Lamarre Bélizaire (juge d’instruction, également secrétaire général de l’Asmah). Il va entreprendre des arrestations et mettre des gens en prison. C’est ce qu’il a dit dans son premier discours », critique la responsable de programmes au Rnddh, Marie Yolène Gilles.

A peine installé, le nouveau chef du parquet de Port-au-Prince a annoncé les couleurs en promettant de mettre fin à la « récréation » et au « théâtre radiophonique », souligne le Rnddh qui voit, dans ces menaces, une façon pour le pouvoir en place d’instrumentaliser politiquement l’appareil judiciaire.

D’aucuns qualifient ce discours sulfureux de croisade arbitraire, lancée contre l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Cette nomination de Francisco René est contestée par plusieurs secteurs et personnalités du pays, dont le président de la Fédération des barreaux d’Haïti (Fbh) et bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Carlos Hercule.

Un mouvement de contestation a eu lieu à Port-de-Paix contre René pour harcèlement sexuel, rappelle le Rnddh qui le considère comme un fauteur de troubles.

Francisco René a été indexé pour différents actes de poursuite, dans les différentes juridictions où il est passé.

« Nous comprenons mal que le pouvoir en place décide de nommer, à la juridiction de Port-au-Prince, un pareil individu qui n’a aucune crédibilité et moralité », fustige le Rnddh.

L’organisme de défense des droits humains appelle les citoyennes et citoyens à être vigilants et à se servir constamment des prescrits de la Constitution pour contrecarrer les éventuelles persécutions du pouvoir.

« Nous sommes en 2013, la dictature ne pourra pas s’installer dans cette société », met en garde le Rnddh. [emb kft rc apr 21/8/2013 15:35]