Le rôle des radios communautaires aux côtés des mouvements sociaux et populaires dans leur lutte pour transformer la société

Déclaration de Port au Prince

Document soumis à AlterPresse

A l’invitation de la SAKS (Sosyete Animasyon ak Kominikasyon Sosyal) et de l’AMARC (Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires), en collaboration avec REFRAKA (Rezo Fanm Radyo Kominotè Ayisyen) et l’AMEKA (Asosyasyon Medya Kominotè Ayisyen), les radios communautaires des Caraïbes se sont réunies en HAITI pour la 2e Conférence des radios communautaires des Caraibes, tenue sous le thème : « Communication, Radios communautaires et Changement social ». Des délégué-e-s de radios communautaires venant de la Jamaïque, de la Guadeloupe, de Guyane, et d’une radio rurale et pastorale de France ont pris part à la conférence. Des responsables des plus hautes institutions de la République d’Haïti dont le Ministère de la Communication, le Ministère de la Santé Publique et de la Population, Le Sénat de la République, le Conseil national des Télécommunications (Conatel) ont également participé aux travaux.

Au terme de deux jours de conférences et de débats, les cent participants et participantes considèrent :

1) le rôle irremplaçable des radios communautaires à travers le monde dans le processus de diversité culturelle, d’information, d’éducation, de lutte contre la pauvreté et pour le développement, dans la construction pour le changement social au bénéfice des populations et en particulier des groupes marginalisés, et pour leur sécurité ;

2) Le rôle des radios communautaires aux côtés des mouvements sociaux et populaires dans leur lutte pour transformer la société

3) La nécessité d’une législation nationale pour sécuriser et régulariser les radios communautaires des Caraïbes et leurs équipes de travailleurs et de travailleuses et leurs volontaires ;

4) La nécessité de leur accorder un nombre significatif de 30 % de fréquences avec une puissance équitable ;

5) la nécessité de leur accorder un financement significatif sur le budget de l’Etat qui corresponde aux services publics irremplaçables rendus aux populations ;

Les participants et participantes saluent la concertation, les déclarations et les efforts des pouvoirs publics de la République d’Haïti pour œuvrer en faveur d’une bonne législation pour les radios communautaires. Les participants saluent la volonté des pouvoirs publics d’offrir un soutien financier aux radios communautaires, reconnaissant ainsi leurs missions sur le territoire de la République, notamment dans le cadre du nouveau Projet de Loi portant réforme du secteur des communications électroniques.

Les participantes et participants considèrent que la question fondamentale de l’égalité entre les femmes et les hommes, la prévention des discriminations et la lutte contre les stéréotypes dans les programmes des radios, les contenus des émissions et aussi au sein des équipes des radios, passent par la participation active des femmes et des hommes, sans exclusive, par le dialogue et l’éducation réciproque

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a fait de 2014 : l’Année internationale de l’agriculture familiale afin d’attirer l’attention publique mondiale sur les contributions de l’agriculture familiale dans la réduction de la pauvreté et la faim et la nécessité du soutien des Etats.

L’agriculture familiale est une des plus grandes sources de production alimentaire et de création d’emplois dans les régions rurales d’Afrique, d’Amérique Latine, des Caraïbes et d’Asie. Elle est un pilier de la sécurité alimentaire car elle produit la plus grande partie des aliments pour la consommation domestique. Les exploitations de ces paysans, bergers et pêcheurs, représentent 80% du total des unités de production et 40% du PIB agricole mondial. L’agriculture familiale couvre au moins la moitié de l’emploi rural, y compris en Europe.

Les participants et participants de la Conférence de Port au Prince considèrent que les radios communautaires jouent un rôle fondamental dans la promotion, l’information, l’éducation, la sécurité et la coopération des cultivateurs, des éleveurs et des pêcheurs.

Dans les zones rurales, pastorales et côtières, les radios communautaires jouent un rôle essentiel dans le développement agricole soutenable, coopératif et participatif. A l’occasion de la Conférence de Port au Prince, les participantes et participants déclarent solennellement que la FAO et les Etats doivent se donner la priorité de soutenir les radios communautaires et associatives dans les zones rurales.

Les délégués des radios communautaires de Jamaïque, de Guadeloupe, Guyane et d’Haïti s’engagent à œuvrer pour le renforcement de la présence de l’AMARC dans la Caraïbe.

L’Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires (AMARC) soutient les démarches des radios communautaires de la Caraïbe auprès des autorités de leur pays respectif afin d’obtenir des lois favorables à leur développement et leur pérennisation.