Haïti-Rép. Dominicaine/H1N1 : La chancellerie haïtienne espère une solution favorable aux deux pays

P-au-P, 20 juin 2013 [AlterPresse] --- Le ministre haïtien des affaires étrangères (Mae), Pierre-Richard Casimir, se veut rassurant et confiant, affirmant s’attendre à une solution favorable aux deux pays à la fin des négociations en cours, lors d’un point de presse, le mercredi 19 juin 2013, en présence du ministre haïtien de l’agriculture, Thomas Jacques.

Les autorités haïtiennes ont interdit, depuis janvier 2008, l"importation de produits avicoles de la République Dominicaine. Ce que critiquent les Dominicains qui demandent la levée de la mesure.

Casimir se dit disposé à faire usage de tous les « canaux diplomatiques », pour aboutir à une bonne gestion de cette affaire.

Le ministre considère le problème, opposant les deux pays, comme un « différend ».

Une délégation haïtienne, composée, entre autres, des ministres de l’agriculture Thomas Jacques, des affaires étrangères Pierre-Richard Casimir et du secrétaire d’État à la production animale Dr. Michel Chancy, s’était rendue en République Dominicaine, le lundi 17 juin 2013, afin de rencontrer les autorités dominicaines concernées.

Les autorités sanitaires haïtiennes affirment avoir déjà enregistré 5 cas de personnes, infectées par la fameuse grippe A(H1N1) à Anse-à-Pitres, commune frontalière (avec Pedernales) située au Sud-Est du pays.

Le pays ne fera machine arrière que si les responsables dominicains fournissent des preuves que les produits avicoles sont indemnes de la grippe aviaire, ajoute le ministre Thomas Jacques, avouant une hésitation côté haïtien.

L’interdiction date de 2008, au moment où la grippe aviaire faisait ravages en territoire dominicain, rappelle Thomas.

Elle a été renouvelée, le jeudi 6 juin 2013, après que les médias ont rapporté la présence, en territoire voisin d’Haïti, d’une grippe de souche semblable à celle de la grippe aviaire.

Une décision, qui a soulevé le mécontentement en République voisine.

Des commerçantes et commerçants haïtiens ont été bloqués à la frontière, notamment à Belladère, par des soldats dominicains.

Le dilemme commerce/santé

Danilo Medina, le président dominicain, a annoncé, le mardi 18 juin, dans la presse de son pays, qu’il entend adopter des « mesures radicales » pour faire face à la décision haïtienne, mais également empêcher l’entrée, sur le territoire dominicain, des produits haïtiens.

Il souhaite que le commerce dominicain ne soit plus dépendant du marché haïtien.

Medina met l’accent sur l’aspect commercial du dossier, tout en niant la présence de grippe aviaire sur le territoire de son pays.

Il évoque des « intérêts cachés » derrière cette disposition haïtienne.

Mais, pour Pierre-Richard Casimir, la décision haïtienne « n’a rien de commerciale ».

Elle vise surtout la protection sanitaire des Haïtiens.

Il estime que chaque pays a le droit d’exercer sa « souveraineté ».

Une délégation haïtienne est toujours en terre dominicaine pour continuer les échanges, particulièrement sur les aspects techniques. [srh kft gp apr 20/06/2013 00:05]