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L’Isteah : faire de la science et de la technologie les moteurs du développement d’Haïti

Un Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (Isteah), initié par le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (Grahn) sera inauguré le 26 juin au campus Henry Christophe de l’Université d’État d’Haïti à Limonade (Nord).

Dans ce contexte, le texte suivant a été soumis à AlterPresse.

Par Samuel Pierre *

Depuis Adam Smith, les économistes se sont penchés très sérieusement sur la nature et les causes de la richesse des nations. En effet, dans son livre magistral publié en 1776, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, Smith analyse l’origine de la prospérité alors récente de cer-tains pays comme l’Angleterre et les Pays-Bas. Quoi qu’en pensent les critiques, son livre demeure à la fois le texte fon-dateur de la théorie classique bien connue des économistes et

une apologie authentique du libéralisme économique.

Si une telle analyse a servi au 18e siècle à expliquer la richesse de certains pays de la vieille Europe, il faut chercher ailleurs les raisons qui ont conduit à la richesse, au 20e siècle, des nouveaux pays comme le Brésil, la Corée du Sud, Singapour, Taïwan, pour ne citer que ceux-là.

Aujourd’hui encore, des bailleurs de fonds de la communauté internationale et certaines franges éduquées de la population haïtienne entretiennent des doutes sur l’opportunité d’investir dans la formation universitaire. Ils le font souvent sous le prétexte que les personnes formées finiront par quitter massivement le pays.

Dans ce contexte, il est salutaire de rappeler que les nouveaux pays susmentionnés ont trouvé le chemin qui mène à la prospérité en créant des universités d’excellence pour former et garder les cerveaux, en investissant dans la science et la technologie pour créer de la richesse par l’innovation. La plupart du temps, ils l’ont fait à leur corps défendant, en assumant tous les risques que comportent de tels choix.

Au grand dam des grandes agences internationales qui avaient alors décrié cette orientation, ces pays ont assumé seuls et courageusement la mise en œuvre de cette politique pendant plusieurs décennies.

Aujourd’hui, le temps leur a donné raison, les agences d’hier leur ont aussi donné raison en reconnaissant s’être trompées dans leur obstination à ne vouloir promouvoir et soutenir que l’éducation de base. La richesse des nations − tout en étant complexe à expliquer et intimement liée aux valeurs culturelles ambiantes − repose fondamentalement sur une maîtrise du savoir, de la science et de la technologie pour appréhender la complexité du réel ; elle repose également sur une capacité éprouvée d’innovation et d’exécution pour proposer et implanter des solutions originales aux problèmes qui se posent à l’échelle nationale ou internationale.

Haïti devrait donc s’inspirer de ces modèles de succès pour faire de la science et de la technologie les moteurs de son développement socioéconomique.

Renforcer les capacités des universités haïtiennes

L’enseignement universitaire se distingue des autres niveaux du système éducatif par l’obligation de produire des connaissances nouvelles. C’est cela sa mission première. Une université, où l’on se contenterait de retransmettre un certain savoir, sans lui ajouter de la valeur, ne jouerait pas pleinement son rôle.

De fait, là où il ne se fait pas de recherche, le caractère universitaire de l’enseignement est souvent remis en cause. Or, force est de constater qu’il existe aujourd’hui très peu de programmes de recherche établis dans les établissements universitaires haïtiens. Les allocations budgétaires pour la recherche sont quasi inexistantes dans les universités publiques et la situation n’est pas très différente dans les universités privées, pratiquement pour les mêmes raisons : allocation budgétaire inexistante ou insuffisante, mission de l’université insuffisamment définie, manque d’articulation avec les milieux socioéconomiques.

Cela dit, certaines activités de recherche se réalisent néanmoins de façon sporadique sous forme d’études, de recherche appliquée ou de recherche-action, financées pour la plupart par des organismes internationaux.

Avec l’accroissement du nombre d’établissements universitaires au pays durant ces dernières années, de nombreux détenteurs de licence ont pu en intégrer le corps professoral.

En fait, un très faible pourcentage d’enseignants universitaires (environ 10 %) sont détenteurs d’une maîtrise. Quant aux professeurs détenant un doctorat, le pourcentage est encore plus faible. C’est donc là l’un des principaux obstacles à surmonter, en vue de renforcer les capacités d’enseignement et de recherche des établissements universitaires haïtiens.

Un rapport de l’Interuniversity Institute for Research and Development (Inured), daté de mars 2010, offre un portrait assez sombre du secteur universitaire avant et après le séisme :

« Avant le séisme, les universités haïtiennes, tant publiques que privées, devaient faire face à des défis institutionnels fondamentaux, tels que : l’absence de réglementation, la sur-concentration dans et autour de la capitale, le manque de financement et l’absence d’une stratégie pour la recherche, une qualification professorale minimale, des bibliothèques pauvres en matériel et un curriculum obsolète […]. »

La surconcentration a augmenté considérablement la vulnérabilité du système universitaire lors du tremblement de terre.

Ainsi, 28 des 32 plus importants établissements universitaires du pays étaient-ils totalement détruits et les autres, sérieusement endommagés. Ils ont perdu entre 120 et 200 professeurs et administrateurs, entre 2,599 et 6,000 étudiants, futurs professionnels. De plus, un nombre incalculable de professeurs, de professionnels et d’étudiants ont quitté Haïti après le séisme, selon plusieurs sources.

Il apparaît donc opportun d’accélérer la formation de formateurs universitaires, notamment en région, particulièrement dans les disciplines scientifiques et technologiques, selon un modèle qui renforce les capacités locales des établissements universitaires.

Le modèle doit également réduire, à long terme, la dépendance de ceux-ci envers les ressources professorales de la coopération internationale.

C’est donc, dans ce contexte, qu’émerge le projet d’un Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (Isteah), initié par le Grahn.

Avec l’Isteah, il s’agit de mettre la science et la technologie au service du développement.

Pour y parvenir, il formera des citoyens, des innovateurs et des leaders aptes à agir avec compétence aux échelles locale, nationale et régionale, en poursuivant un idéal d’excellence dans les actions et les interventions.

L’Isteah vise à prolonger l’action des établissements universitaires haïtiens existants. Il vise aussi à renforcer durablement ceux-ci par la mutualisation de ressources complémentaires dans des domaines spécifiques, où l’expertise est sinon inexistante, du moins insuffisante au pays.

L’Isteah cherche également à soutenir les établissements d’enseignement supérieur en augmentant leur capacité à faire face à la demande croissante de formation au pays. Il cherche enfin à accroître la qualification des ressources humaines, dont le pays a besoin pour se relever, selon une approche volontariste visant, à terme, l’autonomie des établissements universitaires.

L’Isteah développera, avec ses partenaires, un modèle haïtien de formation aux études avancées, en synthétisant les meilleures pratiques nord-américaines et européennes en matière de science et de technologie.

L’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (Isteah) privilégiera la recherche, l’innovation, le leadership et la citoyenneté comme bases du développement socioéconomique.

Dans la perspective de la décentralisation du pays, cet institut contribuera significativement à la formation, au pays même, de chercheurs et de professionnels de haut calibre, particulièrement dans les villes de province souvent confrontées à des problèmes de pénurie de compétences, pour assurer la formation au premier cycle.

Sur un horizon temporel de 10 ans, l’Isteah envisage de former un contingent d’au moins 1,000 scientifiques pour rehausser le niveau scientifique du pays et rendre le pays moins dépendant de l’étranger pour la formation avancée de ses cadres et décideurs.

Un corps professoral international, formé pour la plupart de volontaires, est en train d’être mis en place pour soutenir cet institut, en mettant à contribution des méthodes variées de livraison de la formation : présenciel, formation à distance synchrone (vidéoconférence) et asynchrone (e-learning), séminaires de courte durée, projets encadrés à distance ou toute autre combinaison possible.

L’Isteah réalisera des activités de recherche pertinentes, guidées par les besoins des milieux socioéconomiques haïtiens, et offrira des programmes de formation continue avancée pour les cadres de l’administration publique. Il créera également des centres de recherche et des centres d’entrepreneuriat pour la valorisation des innovations issues de ses activités de recherche.

Le soutien au pré-démarrage d’entreprises technologiques innovantes à forte valeur ajoutée fera en outre partie de ses priorités.

Spécificités organisationnelles et champs d’études ciblés

L’Isteah fonctionnera selon un certain nombre de principes directeurs.

En effet, dispensés en Français, en Créole, en Anglais ou en Espagnol, les cours seront partagés par les établissements universitaires haïtiens partenaires dans un souci de rationalisation.

Les programmes de formation seront offerts conjointement par les établissements participants, avec des pôles et des antennes dans les régions du pays (Nord, Centre, Sud). Les ressources humaines et matérielles seront mutualisées, selon une formule de compensation à définir.

Le corps professoral sera conforme aux standards internationaux les plus élevés. Les programmes de formation seront supportés par un réseau international d’établissements, de laboratoires, de chaires et de centres de recherche spécialisés qui accueilleront en stage les étudiants de l’Isteah.

Les établissements partenaires pourront afficher et proposer les programmes de formation de l’Isteah dans leur offre de formation.

L’admissibilité des étudiants aux programmes offerts se fera à la fois sur la base du dossier scolaire et de concours, en privilégiant les membres des corps professoraux des établissements universitaires haïtiens et les cadres de la fonction publique haïtienne.

Un programme de bourses d’études, basées sur le mérite, sera institué pour financer les meilleurs étudiants admis aux programmes de formation, avec priorité aux enseignants et cadres des établissements partenaires.

L’Isteah offrira essentiellement des programmes d’études et de recherche multidisciplinaires qui, sans être limitatifs, seront axés sur les disciplines suivantes : agronomie ; technologie alimentaire, foresterie et environnement ; administration et sciences de la gestion ; ingénierie et études urbaines ; sciences de la santé ; sciences économiques ; sciences mathématiques et physiques ; technologies de l’information et de la communication ; technologie éducative et ingénierie pédagogique.

Tous les programmes offerts intègreront un tronc commun, constitué de cours en sciences humaines et sociales, de cours avancés de langues étrangères (Anglais et Espagnol), de cours de résolution de problèmes, de méthodologie de recherche, de mathématiques de base, d’approfondissement des outils informatiques, de méthodes statistiques.

Orientation des activités de recherche

Les activités de recherche seront résolument orientées vers la résolution des problèmes du pays, selon une approche multi-disciplinaire et holistique.

Notons que plusieurs autres pays de la région et d’ailleurs sont aussi confrontés, à des degrés divers, à la plupart de ces problèmes.

D’où l’intérêt interna-tional pour les solutions qui pourront résulter de ces activités de recherche.

À partir des 12 défis fondamentaux, identifiés par le Grahn, voici un extrait qui esquisse les grandes lignes des activités de recherche qui seront privilégiées au sein de l’Isteah :


«  Le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle, créé huit jours après le séisme du 12 janvier 2010 et connu aujourd’hui comme Grahn-Monde, a identifié 12 défis fondamentaux auxquels fait face le pays. Défis qui ne datent pas d’hier et qui pourraient inspirer d’importantes activités de recherche interdisciplinaires… Défis qui pourraient mobiliser plusieurs générations successives de chercheurs et d’intellectuels d’Haïti. Défis qui pourraient aussi engendrer de riches occasions de collaboration scientifique internationale au regard de la pertinence des problématiques de recherche en question. Regardons de plus près cinq de ces douze défis…


«  Premier défi : l’inaccessibilité aux soins

de santé de base

Ce premier défi soulève la question de recherche suivante : comment mettre en place un système national de santé, à la fois compatible avec le faible niveau d’éducation de la population et les ressources financières et médicales dérisoires dont dispose l’État, en tenant compte des caractéristiques et pratiques culturelles de la société haïtienne ?

Un tel chantier de recherche mobiliserait des chercheurs dans des disciplines aussi diverses que les sciences médicales, les sciences de l’éducation, les sciences économiques, les sciences administratives, l’anthropologie, la sociologie et l’ethnologie.

« Deuxième défi : le taux de chômage très élevé de la population, particulièrement chez les jeunes

Ce deuxième défi soulève la question de recherche suivante : quel cadre de stimulation doit-on mettre en place afin de dynamiser l’économie haïtienne en vue d’attirer de nouveaux investissements pour la création d’entreprises de toutes tailles, elles- mêmes créatrices d’emplois dans tous les secteurs d’activités et dans tous les coins du pays ?

Ce chantier de recherche mobiliserait des chercheurs dans des disciplines aussi variées que les sciences économiques, le droit, les sciences et techniques agricoles, l’administration des affaires, la fiscalité, les relations industrielles, et j’en passe.

« Troisième défi : la perte du contrôle démographique

Ce troisième défi soulève la question de recherche suivante : quelle stratégie doit-on élaborer et quels mécanismes doit-on mettre en place pour juguler l’explosion démographique et atténuer ses effets négatifs sur l’occupation de l’espace et les infrastructures sociotechniques ?

Ce chantier de recherche pourrait mobiliser des chercheurs dans des disciplines, telles que la démographie, l’éducation, les sciences de la santé et la sociologie.

« quatrième défi : la dégradation considérable de l’environnement

Ce quatrième défi soulève la question de recherche suivante : comment freiner la dégradation de l’environnement et réhabiliter le territoire haïtien, dont le taux de couverture végétale se situe autour de 2 % ? Ce chantier de recherche pourrait mobiliser des chercheurs dans des disciplines aussi diverses que les sciences de l’environnement, le génie civil, le génie énergétique, le génie rural, la démographie, l’agronomie, l’économie et la foresterie.

« Cinquième défi : la sous-éducation chronique de la population

Ce cinquième défi, et non des moindres, est au cœur de notre rencontre d’aujourd’hui et apparaît comme un « métadéfi », le défi des défis qui conditionne tout le reste.

Comment articuler un système éducatif capable de garantir une éducation de qualité, accessible à tous les citoyens et dans toutes les régions du pays, en prenant en compte les impératifs de développement, de bien-être et de prospérité de la société haïtienne ?

Selon une approche holistique que nous préconisons, ce nouveau système éducatif - que nous souhaitons ardemment - devrait permettre de former des citoyens nouveaux, férus de science et de conscience, responsables envers eux-mêmes et envers la collectivité, respectueux du bien commun et de la vérité, et motivés pour travailler au développement du pays dans une quête perpétuelle de solutions aux problèmes nationaux ».

Des changements de paradigme pour conclure

Au-delà d’une institution, qui commencera ses opérations dès le mois d’août 2013, ce qui est proposé dans cet article, c’est un quatuor de changements de paradigme dans le paysage universitaire haïtien.

En effet, l’Isteah cherche à former localement du personnel hautement qualifié pour les besoins du pays afin de réduire la dépendance d’Haïti vis-à-vis de l’extérieur, en créant des établissements universitaires pérennes ; premier changement de paradigme : former des pêcheurs plutôt que de donner du poisson.

L’Isteah cherche à déplacer les professeurs plutôt que les étudiants ; deuxième changement de paradigme : contrer plutôt que favoriser la fuite des cerveaux.

L’Isteah vise à renforcer et à valoriser les talents disponibles dans les régions plutôt que de créer les conditions objectives d’abandon de celles-ci ; troisième changement de paradigme : augmenter l’attractivité des régions du pays en y développant des hauts lieux de savoir plutôt que de condamner celles- ci à une mort lente, en les dépouillant irréversiblement de leurs talents.

L’Isteah vise à instituer la science et la technologie comme base de raisonnement dans le processus de prise de décision et la résolution des problèmes ; quatrième changement de paradigme : promouvoir une approche rationnelle et réfléchie dans la prise de décision plutôt que le réflexe d’improvisation.

Pour faire de la science et de la technologie les moteurs du développement d’Haïti, le concept promu par l’Isteah devrait être accompagné d’un ensemble de politiques publiques visant, premièrement, à doter le pays d’une loi-cadre sur l’enseignement supérieur (démarche actuellement en cours), deuxièmement à mettre en place un dispositif de contrôle de qualité des programmes d’enseignement supérieur, troisièmement à instaurer et à valoriser le statut d’enseignant en général et de professeur d’université en particulier.

Ces politiques publiques devraient également traiter la question du financement de l’enseignement supérieur en favorisant, entre autres, la diplomation des étudiants admis dans les programmes.

Elles devraient finalement chercher, par une série de mesures incitatives, à contrer le phénomène de la fuite des cerveaux, en attirant et en retenant les diplômés afin qu’ils soient mis au service de toutes les composantes de la nation.

Aujourd’hui, dans tous les pays occidentaux, on assiste à une compétition féroce pour attirer et garder les meilleurs cerveaux de la planète. La richesse et la compétitivité des nations en dépendent. Ce sont notamment les pays du tiers monde qui en font les frais. Haïti en est lourdement affectée avec un taux d’exode des cerveaux dépassant 80 %, selon la Banque mondiale.

Selon Vitraulle Mboungou, « la fuite des cerveaux est généralement considérée comme privant les pays du Sud de leurs élites les plus qualifiées et les plus en mesure de répondre au défi du développement. Une nouvelle publication réalisée par la Banque mondiale dans le cadre de son Programme de recherche sur la migration internationale et le développement révèle que “la fuite des cerveaux est massive dans les pays en développement qui sont pauvres et de taille modeste”. Ainsi, huit Haïtiens et Jamaïcains sur dix qui ont un diplôme uni-versitaire vivent hors de leur pays. De même, plus de 50 % de professionnels diplômés d’université de nombreux pays d’Amérique centrale et des Caraïbes vivent également à l’étranger et dans certains cas, ce taux atteint 80 % ».

Il ne faut surtout pas y voir une raison pour ne pas investir dans l’enseignement universitaire. C’est plutôt une raison additionnelle pour travailler à rendre le pays plus attractif pour ses ressortissants, en particulier les diplômés qui doivent contribuer au progrès de la société les ayant formés.

Chaque cerveau haïtien, qui part, réduit d’autant la capacité du pays à créer de la richesse pour le reste du pays.

Oui, il faut donner accès universellement à tous les enfants d’Haïti à une éducation de base de qualité. Mais, seule la qualité peut produire la qualité, ce, depuis la petite enfance jusqu’à l’université, si nous ne voulons pas nous enfermer dans une trappe de non-qualité.

Celle-ci résulterait du fait que des enseignants non qualifiés perpétueraient, au pays, une éducation à rabais, en transmettant, aux générations futures, une formation de piètre qualité à tous les niveaux du système éducatif.

Haïti devrait donc investir dans son système universitaire comme fer de lance pour promouvoir la qualité à tous les niveaux d’éducation, et ce, au bénéfice du plus grand nombre.

L’Isteah s’inscrit dans cette démarche d’instaurer la qualité dans le domaine de la science et de la technologie. Non pas comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen pour tirer vers le haut tout le système éducatif haïtien, comme un moteur pour propulser le pays vers le développement tant souhaité.

Car, seuls des enseignants et des professeurs bien formés peuvent garantir une éducation de qualité, seuls des professionnels très qualifiés peuvent servir de dorsale à une administration publique compétente et efficace, seuls des scientifiques et des entrepreneurs innovateurs pourront créer la richesse nécessaire dans la nouvelle économie pour faire d’Haïti un pays émergent dans un horizon réaliste.

Travaillons pour que cette utopie devienne un rêve, puis un projet, et enfin une réalité… pour les générations futures.

……………

* Professeur, spécialiste des réseaux de communication câblés et sans fil, de l’informatique mobile et du téléapprentissage.

BIBLIOGRAPHIE

• SMITH, Adam (1776). An Inquiry into the Nature and Causes of The Wealth of Nations (Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations), Chicago, IL, The University of Chicago Press.

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• PIERRE, Samuel (2010). « Construire une Haïti nouvelle », chapitre 1, dans Samuel Pierre (dir.) et Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), Construction d’une Haïti nouvelle : Vision et contribution du GRAHN, Montréal, Presses internationales Polytechnique, 617 p.

• PIERRE, Samuel (2012). Construire une université haïtienne pour une nation haïtienne de bien-être et de prospérité, Conférence prononcée le vendredi 13 janvier 2012, dans le cadre du Colloque inaugural du Campus universitaire de Limonade de l’Université d’État d’Haïti.

• MBOUNGOU, Vitraulle (2013). « Fuite des cerveaux : les pays plus sollicités », Afrique Expansion, Revue internationale des affaires et partenariats Nord-Sud, [En ligne], http://www.afriqueexpansion.com/produits-africains-/1941-fuite- des-cerveaux-les-pays-les-plus-sollicites.html, consulté le 9 mars 2013.