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Haïti-Genre/Santé : Les femmes défavorisées, premières victimes du cancer du col de l’utérus

Par Stephen Ralph Henri

P-au-P, 22 mai 2013 [AlterPresse] --- Le manque de moyens économiques représente l’un des principaux facteurs occasionnant le développement du cancer du col de l’utérus chez les femmes en Haïti, souligne Dre. Elsie Carrénard, une responsable de l’institut haïtien d’oncologie (Idho) et membre de la société haïtienne d’oncologie (Shonc).

A travers l’Idho et la Shonc, Dre. Carrénard organise et participe à des séances de dépistage des cancers des seins, du col de l’utérus, chez les femmes, mais aussi de la prostate chez les hommes, depuis l’année 2000.

« Ce sont les femmes les plus défavorisées, celles qui ont peu de moyens, qui développent le plus le cancer du col de l’utérus (…) », explique-t-elle à AlterPresse.

Des femmes, qui ont eu des rapports sexuels précoces, tendent à développer des infections non traitées, faute d’accès aux soins de santé. Ainsi, sollicitent-elles beaucoup leur matrice en donnant naissance à de nombreux enfants, précise Dre. Carrénard.

Une mauvaise alimentation, la consommation exagérée de conserves, les rapports non protégés avec des partenaires différents et la cigarette sont d’autres facteurs, susceptibles de favoriser le cancer du col de l’utérus.

Pourtant, le cancer du col de l’utérus reste une maladie qu’on peut éviter, moyennant un dépistage contant.

Dans la perspective de freiner le cours de ces maladies dans le pays, l’Idho et la Shonc tiennent, chaque année, des séances de dépistage à Port-au-Prince, au local de l’institution et également dans d’autres villes d’Haïti.

En 2013, la campagne de dépistage du cancer du col de l’utérus se déroule du lundi 20 au dimanche 26 mai 2013 (à l’exception du samedi 25 mai), dans l’Ouest, le Sud, le Nord et dans le Plateau Central (Hinche).

« Nous voulons la diminution de ces types de cancer en Haïti, voire une éradication du cancer du col », déclare Dre. Carrénard à AlterPresse, qui a pu observer, le mardi 21 mai au siège principal de Ihdo et de Shonc, les activités mises en œuvre en relation à la campagne.

Des femmes de tous âges sont venues se faire dépister.

Toutes femmes, ayant déjà eu des rapports sexuels, peuvent développer le cancer du col de l’utérus.

Les infections chroniques, les douleurs abdominales, des écoulements de sang après la ménopause, sont parmi les signes à surveiller.

Quant au cancer des seins, une femme sur 10 est susceptible d’en souffrir.

La mammographie ou un toucher mammaire mensuel sont conseillés, en termes de prévention.

À Port-au-Prince seulement, plus d’une trentaine de volontaires, répartis entre médecins, infirmières et simples citoyens, sont mobilisés pour rendre possible la campagne.

En moyenne, près de 200 cas sont vus par jour.

Chaque année, à la fin du mois de mai, elles sont plusieurs milliers de femmes à bénéficier de ces services, à un coût modique, durant la semaine consacrée aux mères de famille. [srh kft rc apr 22/05/2013 14:43]