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210e anniversaire de la création du drapeau

Haïti : Il faut en 2013 plus de courage et de détermination qu’en 1804, d’après Martelly

P-au-P, 18 mai 2013 [AlterPresse] --- Le pays a besoin de plus d’efforts aujourd’hui qu’en 1804 pour s’en sortir, mais une fois de plus, l’unité peut tout changer, déclare le président Michel Martelly ce 18 mai 2013 à l’Arcahaie (à 31 km au nord de la capitale), à l’occasion du 210e anniversaire de la création du drapeau.

S’accordant de bonnes notes pour son action à la tête du pays, Martelly appelle à la patience et à l’union.

Surtout, il évoque le combat des ancêtres contre l’esclavage et le colonialisme à la fin du XIXe siècle comme un défi beaucoup moins difficile à relever que celui auquel son administration doit s’attaquer en 2013.

« Il nous faut encore plus de courage et de détermination qu’il n’en a fallu à nos pères pour nous arracher des géhennes de l’esclavage », déclare l’ancien chanteur du groupe Sweet Micky.

Pour lui, il ne s’agit plus de « Koupe tèt boule kay » (en français littéralement : couper des têtes et brûler des maisons), un mot d’ordre apparu à un moment fondateur de l’histoire haïtienne.

« Cette époque est passée », croit Martelly.

« Mais aujourd’hui, pour gagner la bataille contre le chômage, l’insécurité, la faim, l’analphabétisme, (…), il s’agit de construire des maisons et remplir des têtes », explique t-il, parlant d’« actions » dans l’éducation, le logement et les infrastructures comme signes qu’il est déjà sur cette voie.

Toutefois, « l’État ne peut pas mener la bataille seul, (...) il a besoin du peuple », souligne le président.

Le « résultat ne peut être pour aujourd’hui », prévient-il, pointant le manque d’avancées avant lui.

Michel Martelly s’arrête ensuite sur le problème de l’insécurité alimentaire, la malnutrition touchant actuellement 140 communes du pays, selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (Cnsa).

« La faim ne s’arrêtera pas à coup de baguette magique », mais avec la création d’emplois, ce qui « demande beaucoup d’efforts », nuance-t-il.

Un brin polémique, il martèle : « quelqu’un qui veut parler de la faim ne doit pas seulement le faire juste pour remuer la bouche, mais doit aussi l’expliquer à la population ».

La question avait en effet été soulevée récemment par l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

« On ne résout pas le problème de la faim en faisant de la politique, mais en agissant, en réfléchissant », pense-t-il encore.

Michel Martelly en profite aussi, dans son discours, pour s’en prendre aux mouvements de revendications de rue qu’il assimile à de l’insécurité.

Les manifestations seraient, selon lui, des moments favorables au banditisme.

La cérémonie officielle a été marquée, comme d’habitude, par des chants et des chorégraphies dans une chaleur cuisante.

Seuls détails à signaler : la parade a précédé les discours officiels, et Martelly a chassé cameramen, photographes et policiers devant son estrade pour demander à la foule de se masser « plus près ».

En outre, dans les rues, rose et blanc, les couleurs de référence de Martelly, rivalisent avec celles du drapeau, bleu et rouge, alors que des affiches à l’effigie du chef de l’État ont envahi des quartiers de la capitale. [kft apr 18/05/2013 14 :45]