Haïti-Identification : Des organisations appellent les autorités à se pencher sur le cas de Belladère

Correspondance Shella Chauvette

Belladère, 7 mai 2013 [AlterPresse] --- Des organisations de Belladère appellent les autorités à se pencher sur les problèmes d’identification auxquels est confrontée une partie de la population de la commune.

Selon le coordonnateur de l’organisation des planteurs de Botoncy (Opb), Descartes Michelet, seulement 25 à 30 % de la population estimée à environ 20 000 habitants, ont leur acte de naissance.

« Encore pire, même des habitants âgés de plus de 50 ans n’ont pas non plus leurs actes de naissance, voire leurs enfants ! », déplore le coordonnateur Michelet Descartes.

Se disant préoccupée par cette situation, l’association des Jeunes pour le développement de Los Poètes, (Ajdl), qui travaille surtout à la formation des jeunes, demande à l’ État de voir comment aider la population à se procurer le document de naissance.

« Pour qu’il y ait vraiment une reconstruction du pays, il faut que tout le monde puisse y participer. Comment alors feront ces gens qui n’ont même pas leurs actes de naissance ? », s’interroge le coordonnateur de l’association, Edy Aimont.

Pour l’officier d’État civil de Belladère, Wilson Desbouquets, « dès que l’enfant a plus de 2 ans, le bureau de l’État civil n’est pas habilité à lui délivrer un acte de naissance. Les parents doivent se référer au doyen du tribunal civil, afin de faire une déclaration tardive, pour l’octroi d’un acte de naissance ».

Il s’agit, dit-il, d’une exigence de l’article 55 du code civil.

« Des fois, ils me traitent de méchant. Mais, moi, j’ai la loi comme boussole, je ne peux pas faire autrement ! », affirme l’officier d’État civil de Belladère.

Desbouquets maintient la déclaration tardive des naissances comme l’une des difficultés pour avoir un acte de naissance.

Certains paysans et paysannes se contentent de déclarer la naissance de leurs enfants, quand ces derniers sont prêts pour aller à l’école (soit à trois ans), d’autres n’ont jamais cette idée, déplore l’officier d’État civil.

Sollicitée par des représentants d’organisations, lors de son récent passage à Belladère, la ministre à la paysannerie, Marie Mimose Félix, n’a pas donné plus de détails sur l’intervention que compte engager son ministère sur ce problème.

En tout cas, le problème complexe de l’identification des Haïtiennes et Haïtiens concerne tout le pays. [sc kft 7/05/2013 04:10]