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Reportage-photo : Quand les musiques haitiennes se cotoient à Paris

Paris, 9 juin. 04 [AlterPresse] --- Trois jours de musiques haitiennes à Paris. Les différentes tendances de la musique haïtienne étaient au rendez-vous sur la scène parisienne du Cabaret Sauvage les 1er, 2 et 3 juin écoulés.

Cinq groupes musicaux ont fait le voyage depuis Haïti, à l’initiative de l’association Caraïbe Aller Retour, pour participer à ce festival qui commémorait le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.

C’est un trio résidant à Paris, Ilan Ilan, qui a ouvert le festival le mardi 1er juin. (2 photos suivantes)

Ensuite c’était le tour du groupe vaudou, Racines Mapou de Azor, de confirmer sa bonne forme. Azor, le chanteur au tambour, prouve que malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher il n’a rien perdu de sa trempe de samba. D’ailleurs, avant sa prestation à Paris, c’est au festival Métisse, à Angoulême, que le Mapou a étalé ses racines. (photo suivante)

La soirée du mercredi 2 juin a été inaugurée par, Brothers Posse, la formation musicale des jeunes. Avec le mélange de ragga, rock et roots qui fait leur style, les amis de Don Kato ont fait très bonne figure. Au cours de leur prestation, ils ont été accompagnés de Sergent Garcia qui a assuré quelques bonnes improvisations en français et en espagnol. (2 photos suivantes)

La deuxième partie de la deuxième soirée du festival était assurée par Boukman Eksperyans, fraîchement revenu du festival Métisse, à Angoulême. C’était un mélange de son et de messages de protestation entrecoupé de « Ayibobo ! » (terme propre au rituel vodou). Le groupe à Lòlò et Manzè a une fois de plus montré la bonne santé de la musique racine. (2 photos suivantes)

La dernière soirée du festival était assurée dans un premier temps par Ti coca et Wanga-nègès. Avant leur participation au festival Ayiti Cheri, c’est en Suisse que le groupe de style troubadour des temps anciens a fait coulé quelques larmes nostalgiques de l’Haïti d’antan. (Photo suivante)

Et c’est l’Orchestre Septentrionale D’Haïti qui avait le mot de la fin. Ce sont les jeunes loups de cette ancienne formation musicale qui ont fait le déplacement à Paris pour faire couler le compas dans le style qu’on connaît de cette formation du Nord d’Haïti.

Les groupes, qui avaient tous un petit moment de sérénade avec le saxophoniste Turgot Théodat, ont interprété les meilleurs morceaux de leur répertoire. Pour un moment on oubliait que la position politique des uns et des autres avait jeté un froid sur leurs relations durant la dictature de Jean-Bertrand Aristide. Dès la première soirée Azor lançait le message : « nous sommes là pour Haïti, la seule chose qu’on demande c’est la paix. Nous voulons vivre en paix. »

Le public, très métissé pour la circonstance, ne cessait pas d’exalter Ayiti Cheri. Il ne demande qu’un autre festival du genre. Un deuxième Ayiti Cheri. L’année prochaine ? [wa apr 09/06/2004 23:00]


10/06/03 - Commentaires de Pascale Jaunay de l’Association Caraibes Aller Retour, à l’origine du festival « Ayiti Cheri »

« On a passé tous ensemble une semaine très agréable, entre le festival d’Angoulême (où se présentaient Boukman, Septen, Azor) et le site de la Villette où les groupes résidaient.

Tout le monde est parti content : eux, de l’accueil que nous leur avions réservé ; et nous, de leur concert. Ils ont tous très bien joué. Avec quelques surprises en plus : Boukman jouant avec Ti-Coca à la Maison de la Radio (émission "Equinoxe"), Lòlò chantant avec Septen à Angoulême, les musiciens de Septen dansant Azor, Sergent Garcia improvisant avec Brothers Posse, etc.

Lavilliers est venu nous rendre visite, mais il s’était juste fait opéré des cordes vocales ; il n’a donc pas chanté.

Le public était présent également, si ce n’est en nombre, au moins en enthousiasme : 1000 personnes en tout. Il nous aurait fallu le double pour équilibrer le budget, mais cela valait la peine quand même !

Tous les groupes ont beaucoup de succès auprès des professionnels (journalistes - une belle page dans Le Monde - et programmateurs). A voir ce que l’on peut en faire dans les mois à venir.

Pour commencer, tout le monde est d’accord sur le principe de recommencer en Guyane... »