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HaitiWebdo Semaine du dimanche 10 février au samedi 16 février 2013

Haïti-Conjoncture : l’exécutif montre des griffes, la presse a la chair de poule


mardi 19 février 2013

P-au-P, 19 févr. 2013 [AlterPresse] --- Le carnaval 2013 a étalé ses couleurs et des décibels au Cap-Haïtien, à 248 km au nord de la capitale. Des milliers de personnes se sont enivrées de plaisir durant 3 jours (du dimanche 10 au mardi 12 février 2013), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Dans ce contexte particulier, du déroulement de la plus grande manifestation populaire en Haïti, le pouvoir exécutif - par le biais de son ministère de la justice - glisse un communiqué qui fait trembler la presse haïtienne et ramène des souvenirs de l’ère des Duvalier (le fils dictateur est au pays depuis début 2011).

Journalistes et propriétaires des médias crient au musèlement de la parole.

Pour sa première conférence de presse, en tant que nouveau responsable civil (ad intérim) de la mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah), le diplomate canadien Nigel Fisher évoque la déception des pays, dits amis d’Haïti, par rapport à la lenteur de l’administration politique actuelle (du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe).

Me. Néhémy Joseph démissionne du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), endiguant une éventuelle crise. Au parlement, commission bicamérale ? Commission paritaire ? On tire encore sur les cordes.

Carnaval au Cap : aucun mort…mais sur les dossiers du gouvernement, il faut faire le mort

Trois jours durant, les Haïtiennes et Haïtiens ont dansé, foulé et dormi sur le macadam du Cap Haïtien. Ce furent les 10, 11 et 12 février 2013. Le comité s’enorgueillit du fait qu’aucun carnavalier n’a perdu la vie. En blessés, le bilan est lourd : près de 700 victimes.

Pendant que le carnaval 2013 remet, sous les projecteurs, les sites touristiques et naturels du Nord, d’aucuns évoquent le « baboukèt » imposé par le pouvoir à des groupes musicaux, à des organes de presses, à des journalistes.

Brother’s Posse et Kanpèch critiquent le gouvernement. Écartés !

Radio Télé Caraïbes au bal des rois et reines à Sans-Souci (Milot / Nord). Dehors !

Deux journalistes de la station Rfm, Watson Phanor et Edzer César, dans l’exercice de leur profession au Cap-Haïtien où ils assuraient la couverture des festivités pour le compte de ladite station, également membre de l’association nationale des médias haïtiens (Anmh). Battus ! Par des policiers de l’unité de sécurité générale du Palais National (Usgpn) !

Le code pénal est brandi en face pour tout excuser. Le décret anachronique du 31 juillet 1986 est mis en avant !

Presse…gare à vos micros, vos imprimés, vos écrans !

10 février 2013. L’ancien officier réformé de l’armée Jean Renel Sanon, devenu ministre de la justice du gouvernement de Laurent Lamothe sous la présidence de Michel Martelly, sort un communiqué « musclé », dessinant une velléité de restreindre la liberté de la presse.

L’association nationale des médias haïtiens (Anmh) et l’association des journalistes haïtiens (Ajh) montent au créneau, craignant un retour aux heures sombres du duvaliérisme pur et dur !

L’Anmh et l’Ajh dénoncent également l’expulsion de certains médias du bal des reines et des rois, au profit d’une exclusivité de la télévision nationale et [d’une autre chaine privée réputée très proche de Martelly].

Serait-on en train de basculer dans une nouvelle ère de bouches cousues ?

Les pays dit amis d’Haïti déçus, selon la Minustah

Le 14 février 2013, la première conférence de presse du nouveau chef civil de la Minustah, Nigel Fisher, a été un espace de relais de la déception de la communauté internationale face à la lenteur de l’administration politique actuelle dans les domaines politiques et socio-économiques.

Avec le premier ministre Lamothe, la Minustah devrait se donner une feuille de route des priorités de la force de l’Onu pour les jours à venir.

Comment faut-il comprendre la réponse de Fisher à celles et ceux qui voient la Minustah comme une force d’occupation à peine voilée ? Un pays appauvri ne serait-il donc pas habilité à parler de souveraineté nationale ?

Entre-temps, des soldats salvadoriens viennent augmenter l’effectif de la Minustah en Haïti.

Me Néhémy Joseph dénoue un peu la crise au Cspj

Tiraillé entre la fédération des barreaux d’Haïti (Fbh) et ses pairs du Cspj, le porte-parole du conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Me. Néhémy Joseph, a choisi la solution de la démission pour sortir cette instance de l’impasse.

Toutefois, l’ancien bâtonnier du barreau des Gonaïves fait des révélations sur la personnalité d’Anel Alexis Joseph, président du Cspj. Celui-ci ne serait qu’un exécutant de la présidence.

Rappelons que Me Alexis a déjà demandé au président Martelly de dire son mot dans la crise.

En s’appuyant sur la lettre de démission de Me. Joseph, peut-on parler d’État de droit et d’indépendance des trois pouvoirs ?

Le parlement : théâtre de commissions

La commission bicamérale, devant désigner les futurs représentants du parlement haïtien au collège transitoire du conseil électoral n’a pas pu être installée, comme prévu le jeudi 14 février 2013. [Ndlr : ladite commission bicamérale, composée de 9 députés et de 8 sénateurs, entrera finalement en fonction le lundi 18 février 2013].

Les députés refuseraient que la commission soit paritaire. Neuf membres pour la chambre des députés, 7 pour le sénat : telle est la proposition.

Que faut-il comprendre de ces chicaneries dans le processus de constitution de l’appareil électoral ?

Le temps passe, des échéances parlementaires arrivent, à qui va profiter cette situation ?

Marie Danielle Bernadin continue de surprendre

Le lundi 11 février 2013, la jeune femme a semblé revenir sur son désistement dans la plainte pour crime de viol contre Josué Pierre-Louis, en faisant appel -par personne mandatée- de l’ordonnance de non-lieu du juge d’instruction Merlan Belabre.

Où est passée Danielle Bernadin ?

Elle est en voyage à l’extérieur du pays, indiquent certaines sources jointes par AlterPresse.

Des rumeurs faisaient état d’une éventuelle quête d’asile politique aux États-Unis d’Amérique du Nord pour menaces et persécutions politiques.

La tournure, les soubresauts dans ce dossier peuvent-ils inspirer confiance aux femmes victimes de crimes de viol ? [efd kft rc apr 19/02/2013 11:10]