Haïti-Carnaval : Le gouvernement invite à rejeter la violence

P-au-P., 10 févr. 2013 [AlterPresse] --- Le premier ministre Laurent Lamothe invite la population à se « divertir fraternellement et à rejeter la violence sous toutes ses formes » à l’occasion du carnaval qui se déroule du 10 au 12 février au Cap-Haitien (deuxième ville, Nord).

Dans un communiqué émis peu avant le lancement des 3 jours gras, le chef du gouvernement lance « un appel à la sérénité et à la solidarité à l’occasion des festivités carnavalesques », ayant pour thème officiel « un haïtien, un arbre ».

Des dizaines de milliers de fêtards ont investi les rues du Cap-Haïtien où défilent une quinzaine de chars musicaux et 8 chars allégoriques, sans compter de nombreuses bandes à pied.

Le premier ministre croit que « la culture représente l’un des secteurs clés pour le développement économique et social du pays », lit-on dans le communiqué.

Cet appel contraste avec l’atmosphère qui a prévalu autour de l’organisation du carnaval et qui a suscité des controverses.

La veille encore, lors du bal officiel d’inauguration du carnaval au Palais Sans Souci (monument historique situé à Milot, près du Cap), le président Michel Martelly a fait expulser une équipe de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC).

A l’arrivée du chef de l’État sur les lieux, l’équipe a été contrainte d’éteindre ses caméras puis de vider les lieux, apprend-on sur le site de la station.

Lors des dernières élections présidentielles, la RTVC avait affiché ouvertement son opposition à Martelly.

Le chef de l’État a aussi personnellement exclu plusieurs groupes du défilé carnavalesque, parce que leurs méringues ne lui plaisent pas.

Parmi les groupes écartés, figure Brothers Posse, dont le refrain « A l’oral » énumère les promesses non tenues du président et dresse un sombre bilan de son administration.

Des craintes de manifestations, hostiles au gouvernement, étaient exprimées après la décision, qualifiée d’autoritaire, du président Martelly.

D’autre part, des autorités locales de Port-au-Prince, appuyées par le gouvernement, ont interdit toute festivité à la capitale durant les trois jours du carnaval.

Les disck jockeys (Dj), les groupes musicaux et bandes à pied ont été interdits formellement d’organiser des activités carnavalesques par la présidente de la commission de la commune de Port-au-Prince, Marie Joseph René.

Une décision, fortement supportée par le chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly.

Dans un communiqué transmis à la presse, l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) critique cette mesure anormale et appelle les citoyennes et citoyens de la capitale à la rejeter.

S’exprimant sur des stations de radio de la capitale, des citoyens ont condamné cette mesure jugée excessive et ont critiqué l’intolérance de l’actuel pouvoir. [gp apr 10/02/2013 23 :00]