Coopération-France : Fin de mission de l’ambassadeur Didier Le Bret, confiant dans l’avancement d’Haïti

P-au-P, 19 déc. 2012 [AlterPresse] --- Après 3 ans, l’ambassadeur français Didier Le Bret, que plusieurs secteurs accusent de connivence avec l’actuelle administration politique et d’ingérence dans des affaires internes au pays, laissera définitivement ses fonctions en Haïti, ce vendredi 21 décembre 2012, apprend AlterPresse.

La France n’a pas encore nommé son remplaçant, selon l’attachée de presse de l’ambassade de France en Haïti, Marie Franco.

Le Bret avait pris ses fonctions le 7 octobre 2009.

Il avait été désigné comme nouvel ambassadeur en Haïti pour succéder à Christian Connan, en poste depuis janvier 2006.

Lors d’une réception, donnée en son honneur à l’occasion de son départ, le 17 décembre 2012, Didier Le Bret a manifesté son optimisme et sa confiance dans le progrès d’Haïti.

A cette soirée, en l’honneur du diplomate en fin de mission - qui avait arboré, une fois, un brassard « rose » de propagande destiné aux fanatiques de Martelly-, était justement présent le chef de l’État, Joseph Michel Martelly.

Partageant ses raisons d’espérer, l’ambassadeur français sortant invite, en premier lieu, la nation haïtienne à puiser, elle aussi, cet espoir dans son courage face à l’adversité, sa capacité à tenir tête, sa soif de justice et son extraordinaire capacité d’adaptation et de rebonds.

Selon lui, l’histoire atteste les traits de caractères du pays : de la geste de l’indépendance le 1er janvier 1804 à la lutte pour la démocratie.

Il loue, chez les Haïtiennes et Haïtiens, leur intelligence, humanité, ingéniosité, talent ainsi que leur énergie vitale qui fait parfois défaut, selon lui, chez les vieilles nations.

« La deuxième raison d’espérer, on peut la puiser dans l’histoire contemporaine d’Haïti », poursuit Le Bret, citant, en exemple, l’accent mis par l’actuel gouvernement sur la croissance et l’ouverture aux investissements étrangers.

Ces actions auraient permis non seulement au gouvernement de créer des emplois pour la jeunesse, mais aussi de s’émanciper progressivement de l’aide internationale et de répondre à l’énorme demande sociale, avance-t-il.

Les deux axes structurants pour relancer l’économie, autour du tourisme et des zones franches, ont fait leurs preuves, reste convaincu l’ambassadeur.

Néanmoins, trois défis majeurs relatifs à la concorde civile, l’insécurité et le développement économique et social, restent à relever dans les prochaines années pour consolider les réformes en cours, affirme-t-il.

« La stabilité, préalable au développement, sera fonction de la capacité de l’ensemble des acteurs politiques du pays à s’entendre, à recréer les conditions de la confiance, bref à s’unir », fait-il remarquer.

Pour ce faire, l’ambassadeur français sortant Didier Le Bret appelle à la mise en place d’institutions fortes, crédibles et impartiales. [emb kft rc apr 19/12/2012 15:40]