Español English French Kwéyol

Haïti-Viol : Le dossier d’accusation contre Josué Pierre-Louis au cabinet d’instruction

P-au-P, 4 déc. 2012 [AlterPresse] --- Le dossier de la présumée victime de viol de la part du président du conseil électoral contesté, Josué Pierre-Louis, a été déféré, le lundi 3 décembre 2012, devant le cabinet d’instruction près du tribunal civil de première instance de Port-au-Prince, annonce le commissaire du gouvernement Lucmane Délille, lors d’une conférence de presse ce mardi 4 décembre.

« Le parquet se dessaisit du dossier, car nous ne sommes pas enquêteurs de métier. C’est le juge instructeur qui est enquêteur de métier, c’est lui le juge des indices », souligne Délile, sans indiquer le nom du juge en question.

Le commissaire du gouvernement, Lucmane Délile, banalise les accusations portées contre le parquet, dénonçant la transmission d’une copie du certificat médical de la présumée victime aux avocats de Josué Pierre Louis.

Par amitié, un employé du parquet, chargé de faire des copies, a pu en donner une à la défense, n’hésite pas à avancer Délille.

Entre-temps, cette affaire de viol, largement commentée dans la presse, continue d’être agitée, notamment au sein de certains secteurs qui craignent une manipulation politique du dossier.

Proche du pouvoir en place, ancien commissaire du gouvernement près la cour d’appel de Port-au-Prince, ancien directeur général et ancien ministre de la justice et de la sécurité publique, ancien secrétaire du Palais National, Josué Pierre-Louis a été nommé comme l’un des représentants du pouvoir exécutif au sein du conseil électoral "présidentiel" contesté.

Le vendredi 30 novembre 2012, la solidarité des femmes haïtiennes (Solidarite fanm ayisyèn /Sofa) et le réseau national de défense des droits humains (Rnddh) ont réitéré leur soutien à la victime.

« Nous nous engageons à l’accompagner jusqu’au bout, dans sa quête de justice », dit Olga Benoit, intervenant au nom de la Sofa et du Rnddh qui considèrent ce viol comme un « crime barbare ».

Jacquecéus Joseph, André Michel, Mario Joseph et Newton St Juste sont les membres d’un conseil d’avocats, constitué pour défendre la présumée victime, selon Yolène Gilles, une responsable au Rnddh.

Les avocats et responsables d’organisations se montrent confiants.

« L’article 4 du décret [du 6 juillet 2005] note que l’article 284 du code pénal dit que, pour l’instant, la condamnation c’est les travaux forcés à vie, si le coupable est une personnalité qui dispose d’autorité sur la victime, si c’est une personne qui se sert de son autorité de sa fonction, si le coupable a reçu l’aide et l’accord de plusieurs personnes pour perpétrer l’acte ou, du moins, si toutes les victimes sont mortes à cause de l’agression ou de l’acte », cite Benoit, invitant le public à consulter le code pénal et les conventions signées par Haïti.

Pour sa part, Me André Michel qualifie le cas actuel d’historique.

Pour argumenter cet aspect, il insiste que cette fois-ci, on a une victime qui s’assume.

« La victime assume un rôle historique et elle est en train de faire école dans ce domaine », soutient-il, pointant « la honte et la peur » comme les deux adversaires des victimes de violences sexuelles.

« Nous croyons que définitivement, nous partons sur une bonne base. Si nous restons mobilisés, nous parviendrons à trouver justice pour cette femme. Et le traitement que nous allons donner à la question constituera un élément de dissuasion pour les autres hommes violant des femmes », jubile-t-il.

Des plaintes supplémentaires seront portées contre les agents de sécurité de Me Pierre Louis qui n’ont rien fait, en dépit des cris et pleurs de la victime, affirme Me Michel.

La défense de la victime présumée de viol désigne le chauffeur de Me. Pierre-Louis, absent le jour du viol, et des personnalités du conseil électoral contesté qui auraient tenté d’acheter le silence des parents au profit du présumé agresseur. [jep mm kft rc apr 4/12/2012 14:40]