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Haïti- Viol : Josué Pierre-Louis sort sa plaidoirie et accuse sa présumée victime

P-au-P, 29 nov. 2012 [AlterPresse] --- Josué Pierre-Louis, représentant de l’exécutif au Conseil électoral, s’inscrit en faux contre l’accusation de viol, portée contre lui, dans un document rendu public le 28 novembre 2012 par Solidarite fanm ayisyen (Sofa) et le Réseau national de défense de droits humains (Rnddh) [cf. http://www.alterpresse.org/spip.php?article13753].

Pierre-Louis affirme être une victime de stratagèmes politiques, au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi 29 novembre 2012, au local d’un café à Pétionville (est de la capitale) et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Avocat et ancien ministre de la justice, Josué Pierre-Louis, qui était assisté de son avocat Reynold Georges, a fait une véritable plaidoirie.

C’est « invraisemblable, faux, archifaux, sans lueur de vérité. Je pourrais ne pas parler si la question n’avait pas gagné la radio », avance Josué Pierre-Louis, qui nie catégoriquement avoir violé la jeune femme.

Il parle d’une « machination méchante et agressive » de prétendus adversaires politiques.

Dans un communiqué, publié conjointement par la Sofa et le Rnddh, un nom d’emprunt est donné à la présumée victime « Maylielore ».

Toutefois, Josué Pierre Louis communique à la presse le nom de « Marie Danielle Bernadin », qu’il n’a pas cessé de surnommer « Danie », tout au long de la conférence de presse du jeudi 29 novembre 2012.

Celle-ci est consultante au Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict).

« Elle est mon amie intime », poursuit le haut fonctionnaire accusé de viol.

Josué Pierre-Louis reconnait également avoir été avec la jeune dame au soir du lundi 26 novembre 2012, quand le viol aurait été commis.

Pierre-Louis dit accompagner souvent la jeune dame à son travail (au ministère de l’intérieur) et la raccompagner chez elle après.

Les deux protagonistes travailleraient aussi habituellement ensemble.

Le conseiller électoral "présidentiel" Josué Pierre-Louis partagerait même ses dossiers personnels avec la jeune femme, qu’il inviterait régulièrement chez lui.

« Elle a soutiré des informations extrêmement importantes, a trafiqué mon ordinateur et a subtilisé ma puce téléphonique », continue Josué Pierre-Louis.

Les informations, que la jeune dame aurait obtenues, seraient communiquées à des opposants politiques.

Un autre fonctionnaire de l’État, ami commun des deux protagonistes, a été informé des transferts d’informations effectués, explique Pierre-Louis.

De telles données, non détaillées à la conférence de presse du jeudi 29 novembre 2012, seront communiquées au moment opportun, promet Pierre-Louis qui indique avoir déposé une plainte au parquet de Port-au-Prince le jeudi 22 novembre.

Une plainte que les organisations de droits de la personne affirment inexistante au parquet, selon les démarches qu’elles ont faites.

D’après les dires de la jeune femme, rapportés par les organismes de défense des droits de la personne (Sofa et Rnddh), Josué Pierre-Louis aurait proposé à Maylielore ou Marie Danielle Bernadin de la raccompagner chez elle pour, ensuite, changer d’itinéraire et la conduire à sa propre demeure, sous prétexte qu’il avait besoin de son savoir pour télécharger des programmes sur un téléphone qu’il venait d’acquérir.

A ce moment là, la jeune femme aurait été mise dans un bureau en un premier temps. Ensuite, Josué Pierre-Louis l’aurait tirée et forcée à entrer dans une chambre à coucher, proche dudit bureau, tout en prenant soin de verrouiller la porte de cette chambre où deux (2) armes automatiques ont été posées en évidence sur une table de chevet.

Josué Pierre-Louis aurait entamé, alors, un interrogatoire, au cours duquel il aurait giflé la jeune femme à plusieurs reprises, tout en l’accusant d’avoir divulgué des informations d’État qui se seraient trouvées dans son portable.

L’ancien ministre de la justice du gouvernement de Michel Martelly aurait, pour finir, jeté la victime sur un lit et l’aurait violée.

La Sofa et le Rnddh appellent les autorités policières à intervenir, avec célérité, dans cette affaire, pour que justice soit rendue à la victime. [srh kft rc apr 29/11/2012 15:25]