A travers Haiti

Haïti-Intempéries : Cap-Haïtien de plus en plus fragilisée après les averses meurtrières du 09 novembre

Appel (maintenu) à la vigilance
mardi 13 novembre 2012

Correspondance Wedlyne Jacques

Cap-Haïtien, 13 nov. 2012 [AlterPresse] --- Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays à 248 km au nord de la capitale, semble de plus en plus fragilisée au lendemain des averses meurtrières de la nuit du jeudi 8 au vendredi 09 novembre 2012, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Les fortes eaux, issues des pluies diluviennes du 09 novembre, ont commencé à éroder les fondations des maisons, dont plusieurs ont été anarchiquement érigées sur des remblais et des matériaux de rebut, dans des zones inondables et marécageuses (section communale du Haut du Cap au sud, Petite Anse à l’est, entre autres).

Il y aurait une certaine saturation, voire une déstabilisation du sol, craignent des habitants avisés, supputant d’autres risques d’inondations en cette période (novembre) généralement de nordés et de fortes pluies sur le département du Nord d’Haïti.

Avec les changements climatiques en cours, des inquiétudes sont également formulées quant aux dangers et conséquences de l’imminence d’un tremblement de terre majeur et/ou d’éventuels tsunamis.

Le bourg du Cap-Haïtien est fait suivant la forme du jeu de dames (an kawo damye), aiment répéter les habitantes et habitants qui émettent des préoccupations quant aux faiblesses en issues de secours, constatées dans beaucoup de résidences, bureaux publics et services divers.

Le bilan officiel, provisoire, des inondations de la nuit du 8 au 9 novembre 2012 est de 12 morts (une majorité d’enfants) et 3 disparus.

Mais, au cours de la journée du lundi 12 novembre, deux corps sans vie, dont celui d’un enfant, ont été retrouvés par les riverains de la cité du peuple (au sud du bourg).

Le bilan des dégâts matériels s’est alourdi.

Au centre-ville, dans le quartier de Carrénage, plus de 2000 familles sont sinistrées et 50 maisons inondées.

Le tronçon de route, reliant le centre-ville du Cap-Haïtien au bord de mer de Labadie, est coupé au niveau des localités de Ducroix et de Fort-Bourgeois.

A la section communale de Band du Nord, localité de Fort Bourgeois, en plus d’1 mort, on compte 90 personnes en abris provisoires, 6 maisons détruites et 20 inondées.

A la deuxième section communale du Haut du Cap, 220 maisons sont inondées et 12 détruites.

A Petite Anse, 3e section communale du Cap-Haïtien, 570 maisons sont inondées.

Les communes de Bas-Limbé, de Borgne, de Port Margot et de La Plaine du Nord, l’Acul du Nord, Plaisance, entre autres, sont aussi inondées. Pas encore de détails sur l’ampleur des dégâts enregistrés dans ces communes du Nord.

Pour le moment, des activités d’assainissement sont en cours en vue de faciliter le passage des eaux ainsi que des habitants.

La direction départementale du ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc) s’affaire aux environs de la rue 0 L (rue espagnole, en sortant de la cité Lescot) afin de déblayer la chaussée de la boue, des alluvions et d’autres débris.

Des efforts de curage ont légèrement commencé dans la ravine dénommée Zetriye (étrier) - où ont été entrepris des travaux importants en 2010 - qui traverse la zone, depuis le haut du Bel Air à l’endroit dénommé “La violette” pour aboutir à la mer, près du boulevard.

Comme le lundi 12 novembre, le temps est encore ensoleillé ce mardi matin 13 novembre 2012, dans la deuxième ville du pays, après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le département du Nord, particulièrement sur l’arrondissement du Cap-Haïtien.

La vie semble réapparaître au Cap-Haïtien qui a donné une image funeste à la fin de la deuxième semaine de novembre 2012.

Les établissements scolaires ont, eux aussi, recommencé à fonctionner. Ceux, ayant été utilisés comme abris provisoires durant les inondations meurtrières, sont vidés de leurs occupantes et occupants.

Au marché public, dans les différents espaces informels de vente, comme dans les institutions financières et commerciales, les acheteuses et acheteurs ont déferlé.

Les banques commerciales, magasins, boutiques, entreprises de services, bureaux publics et autres, fermés le 09 novembre 2012, sont de nouveau fonctionnels.

Même des bouchons sont enregistrés dans la circulation automobile.

Les autorités départementales et municipales maintiennent, toutefois, un appel à la vigilance de la population du Nord. Aucune disposition n’est encore adoptée pour reloger les familles, dont les maisons ont été détruites.

Cependant, des organisations non gouvernementales (Ong), le secteur privé ainsi que les autorités municipales ont commencé à multiplier des interventions et actions en vue de venir en aide aux familles sinistrées, qui étaient accueillies dans des abris provisoires. [wj kft rc apr 13/11/2012 10:00]