Haïti-Transport maritime : le secteur souffre du passage de Sandy à Anse-à-Pitres

correspondance Penia Bonicet

Anse-à-Pitres, 13 nov. 2012. [AlterPresse] --- Plus des trois quarts des navires de transport à Anse-à-Pitres ont été emportés par l’ouragan Sandy compliquant ainsi certaines activités notamment le commerce, constate AlterPresse.

« Je pouvais compter 20 bateaux dans le port. La tempête Sandy a réduit ce chiffre à cinq », explique la coordonnatrice de l’association des femmes vaillantes d’Anse-à-Pitres (Afva), Rosette Santana.

Après le passage du cyclone Sandy, les routes sont coupées, et la mer reste le moyen le plus direct qui relie la commune d’Anse-à-Pitres au reste du département du Sud-Est, relèvent plusieurs natives et natifs de la zone.

Le transport par bateau est, en même temps, devenu de plus en plus chaotique.

Leur nombre étant réduit, les navires sont bondés, ce qui augmente les risques d’accident.

Interrogés par AlterPresse, des membres de l’association des pêcheurs décidés d’Anse-à-Pitres (Apeda) et de l’association des pêcheurs d’Anse-à-pitres (Apa) déplorent la façon dont les armateurs de bateaux, faisant la navette entre Anse-à-Pitres et Marigot (Sud-Est), surchargent leurs bateaux.

« Parler de transport maritime à Anse-à-Pitres fait monter en nous beaucoup de déception. On dirait que nous sommes encore à l’’âge de la pierre taillée, tant les bateaux sont mal construits », critique le président de l’Apeda, Jhonny Laguerre.

« Les êtres humains se retrouvent, coinces avec les animaux, les sacs de charbon et autres marchandises dans ces bateaux », signale l’Apeda.

Une autre native de la commune d’Anse-à-pitres s’indigne également des conditions de transport maritime dans la zone.

« Je suis venue voir ma grand-mère qui se porte mal. Je me suis dit, pour une première fois, je vais utiliser la voie maritime pour rentrer à Marigot. J’ai été étonnée de voir comment les bateaux sont surchargés avec des marchandises et des personnes », se plaint Sindy Amadis.

Conscient de la situation, le propriétaire du bateau Métropole du Sud-Est a débarqué plus de 13 sacs de riz, de caisses d’hareng saur et d’autres colis, pour pouvoir faire le voyage.

« Je ne suis pas restée. Je ne vais pas risquer ma vie dans un tel voyage. Les autres sont allés à destination de Marigot », raconte Amadis qui ne comprend pas comment de telles conditions d’embarquement de passagères, passagers et de marchandises puissent être possibles en face du commissariat de police d’Anse-à-Pitres.

La coordonnatrice de l’Afva, Rosette Santana condamne, pour sa part, le comportement des capitaines des bateaux qui, pour éviter d’échouer en mer, balancent des marchandises en trop, alors qu’ils les avaient acceptés à bord, au départ.

Thérèse Louis, une détaillante de bananes et de noix de coco, venant de Cayes-Jacmel (sud-Est), n’a pas caché sa colère du fait que ses marchandises, embarquées à bord du bateau “ La Familia“, ont été jetées à la mer.

Le bureau du service maritime et de navigation d’Haïti (Semanah) à Anse-à-Pitres serait impuissant pour interdire la surcharge des navires par les armateurs du Sud-Est.

L’association des femmes vaillantes d’Anse-à-Pitres et l’association des pêcheurs décidés d’Anse-à-Pitres lancent un appel aux autorités concernées pour qu’elles vérifient et s’assurent de la sécurité des vies et des biens dans le transport maritime, particulièrement dans le Sud-Est d’Haïti.

Les voyages par voie maritime ne devraient pas avoir lieu uniquement les jours du marché (lundi et vendredi) à Anse-à-Pitres afin d’éviter toute affluence au port, suggère la coordonnatrice de l’Afva. [pb kft rc apr 13/11/2012 11:20]