A travers Haiti

Haïti-Justice-Presse : L’affaire Wendy Phèle poursuivie en appel ce 6 novembre 2012


mardi 6 novembre 2012

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 06 nov. 2012 [AlterPresse] --- La cour d’appel de Hinche entendra, à nouveau ce mardi 6 novembre 2012, le dossier du journaliste Wendy Phèle, 21 ans, de Radio Péralte FM de Thomonde, également correspondant de Radio Télé Zénith, qui a été gravement blessé par balles dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 mars 2012, au soir de la fête patronale de Thomonde (à 16 km au sud de Hinche), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

L’affaire a été renvoyée à huitaine à la suite d’une deuxième audition, le mardi 30 octobre, suite à une action en appel interjetée par le maire principal de Thomonde, Jean Sauverne Delva (mis en disponibilité en août 2012), inculpé de “recel de criminel” (en l’occurrence Jean-Robert Vob, son agent de sécurité rapprochée) par une ordonnance de la juge d’instruction Marie Mercie Destorel.

Le Juge Armand Pierre a déjà reçu les dépositions de plusieurs témoins, dont le délégué départemental du centre, Georges Ganier, l’inspecteur de police affecté au sous-commissariat de Thomonde, Joël Bellefleur, Jean Sauverne Delva et le journaliste Wendy Phéle (qui vit avec un seul rein depuis qu’il a été agressé par balles en mars dernier)

Lors de son audition le 23 octobre 2012, Garnier confirme avoir participé a une rencontre, le 18 mars 2012, avec l’ex-substitut du commissaire du gouvernement près le parquet de Hinche, Me Evens Fréderic (transféré en juillet 2012 dans une autre juridiction ), en présence de Jean Sauverne Delva, de Joel Bellefleur et du présumé agresseur de Wendy Phèle, Jean Robert Vobe, garde du corps de l’ancien maire de Thomonde.

« Jean Robert Vobe n’a pa été auditionné en ma présence », indique, pour sa part, l’inspecteur Bellefleur, indiquant avoir reçu l’ordre, du parquet, de retrouver la douille issue de l’arme utilisée par Jean-Robert Vobe, aujourd’hui en fuite.

Interrogé par la cour d’appel le mardi 30 octobre dernier, Wendy Phèle a accusé, une nouvelle fois, Jean Robert Vobe de lui avoir tiré dessus.

« Nous nous connaissons tous les deux. Je ne peux pas comprendre pourquoi a-t-il choisi de m’ôter la vie », dit-il.

L’ancien maire principal de Thomonde aurait offert de fortes sommes d’argent et d’autres avantages à Wendy Phèle au cas où il déciderait d’abandonner les poursuites, a encore souligné le correspondant de Radio Télé Zénith dans sa déposition.

Wendy Phéle et Jean-Robert Vobe ont été engagés par les édiles de Thomonde pour faire la promotion d’une foire-expo municipale, à l’occasion de la fête patronale de Thomonde les 16 et 17 mars 2012. Un montant de cinq mille gourdes (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) a été versé à chacun d’eux, a révélé Jean Sauverne Delva.

« C’est mon ami Vobe qui m’avait annoncé qu’un groupe de personnes voulaient le tabasser. Il a essayé de tirer et, malheureusement, Wendy a été touché », ajoute l’ancien maire de Thomonde.

Delva a, en outre, accusé l’ancien substitut du commissaire du gouvernement, Me. Evens Frédéric, de n’avoir pas assumé ses responsabilités.

« On m’a demandé de coopérer et je l’ai fait. J’ai appelé Jean Robert Vobe pour le présenter à la police, à la justice et au représentant de l’exécutif. Le commissaire n’a pas fait son devoir. Pourquoi veut on aujourd’hui m’inculper de recel de criminel » ?, s’interroge Delva.

Les autorités judiciaires et policières craindraient de procéder à l’arrestation de Jean Robert Vobe, pour éviter une réaction brutale de la part de Jean Sauverne Delva qui serait un tout-puissant à Thomonde et aurait les faveurs de la présidence, relève un responsable de la justice à Hinche, qui requiert l’anonymat.

Ce mardi 6 novembre 2012, les avocats de la victime, Mes. Newton Saint-Juste, Manès Louis et Prudent Ortela vont plaider en face de ceux de la défense, Mes Jean René Michel et Lérès Jean-Baptiste.

Si la cour d’appel reconnaît la culpabilité de Jean Sauverne Delva dans le recel de criminel, l’affaire sera renvoyée au tribunal correctionnel.

Ceux qui auront recelé ou fait receler des personnes, qu’ils savent avoir commis des crimes emportant peine afflictive, seront punis de trois mois d’emprisonnement au moins et de deux ans au plus, selon l’article 206 du code pénal haïtien.

Ce mardi matin 6 novembre 2012, des tracts contenant des slogans favorables à Jean Sauverne Delva et hostiles au président-directeur-général de Radio Télé Zénith, Rony Colin, ont été remarqués dans plusieurs rues de la ville de Hinche, à quelques heures de la nouvelle audition par-devant la cour d’appel.

Le présumé agresseur de Wendy Phèle, Jean Robert Vobe, qui s’est mis à couvert en mars 2012, est activement recherché depuis par la police nationale. [ro rc apr 06/11/2012 6:00]