Haïti-Minustah : Nouvelle manifestation de protestation contre la force onusienne à Hinche

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 02 nov. 2012 [AlterPresse] --- A l’appel de l’organisation départementale dénommée mouvman pou ranmase Chalemay Péralt (mouvement pour récupérer Charlemagne Péralte) [1] plusieurs dizaines de personnes - pour la plupart des étudiants et des victimes du choléra - ont manifesté, le mercredi 31 octobre 2012 à Hinche à 128 km au nord-est de la capitale) pour réclamer, de nouveau, le départ de la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

A la suite de mots d’ordre des organisateurs, vers 10:00 am locales (14:00 gmt), les manifestantes et manifestants, portant des brassards de couleur noire, ont fait le tour de la place principale de Hinche (qui porte le nom de Charlemagne Péralte), puis ont sillonné plusieurs rues de la ville de Hinche aux cris de « .A bas Minustah » et en exhibant des pancartes contenant des propos hostiles à la force onusienne, déployée depuis juin 2004 en Haïti.

« Justice et réparation pour toutes les victimes du choléra. La Minustah doit partir dans l’immédiat. La Minustah est synonyme de choléra, harcèlements et viols. A bas l’occupation sous toutes ses formes » étaient les principales revendications des protestataires.

Pose d’une première pierre d’un mémorial en hommage aux victimes du choléra au Plateau central

A la rue des Lattes, à quelques mètres d’une base indienne de la force onusienne, à proximité d’une piste d’atterrissage, les manifestants ont choisi un espace non occupé pour poser symboliquement la première pierre de la construction d’un mémorial pour les personnes décédées du choléra au Plateau central.

« Aujourd’hui, j’ai d’autres membres (de ma famille) hospitalisés à cause de la maladie. Que justice me soit rendue », a témoigné, sur place, Saintdelia Joseph, originaire de la ville de Hinche, qui a passé plus d’une quinzaine de jours dans un centre de traitement du choléra (Ctc).

Carmine Floranvil, qui réside à Juanaria (1re section communale de Hinche) raconte avoir perdu deux enfants, qui n’ont pas même eu la chance d’atteindre un Ctc.

« C’était en 2011. Ils souffraient de diarrhées et de vomissements aigus. Ils ont rendu l’âme, au moment même où nous essayions de les transporter vers un centre de traitement de choléra. La Minustah doit payer pour sa méchanceté », réclame-t-elle.

Après ce geste de pose symbolique de première pierre, en vue de l’érection d’un mémorial pour les victimes du choléra dans le département, les manifestantes et manifestants se sont dirigés vers la base des soldats uruguayens (centre-ville) de la Minustah, pour crier haut et fort « fòk yo ale, fòk Minista ale », (Il faut qu’il s’en aillent, la Minustah doit partir).

Un camion-citerne de la force onusienne, qui allait pénétrer la base uruguayenne, a dû alors rebrousser chemin.

La manifestation du mercredi 31 octobre 2012 des membres du mouvman pou ranmase Chalmay Peralt (Mouvement pour récupérer Charlemagne Péralte) s’est déroulée sans la présence des agents de la police nationale ni de la Minustah.

« La permanence est décrétée : la mission onusienne n’aura pas d’autres choix, que de partir », annonce l’un des ténors du mouvement de protestations.

Mardi soir 30 octobre 2012, une veillée patriotique a été organisée en hommage à l’ancien chef des Cacos, Charlemagne Péralte.

Au cours de cette cérémonie, des bougies ont été allumées tout autour de sa statue, alors que les jeunes du mouvement priaient et chantaient à haute voix pour démontrer leur soutien à la lutte menée par Charlemagne Péralte contre l’occupation d’Haïti par les Américains. (1915-1934). [ro rc apr 02/11/2012 0:00]