Haïti-Rép. Dominicaine : A Ouanaminthe, les commerçants préconisent de meilleures conditions d’échanges

Correspondance - Emmanuela Sibert

Ouanaminthe, 18 oct. 2012 [AlterPresse] --- Les marchandes et marchands haïtiens, qui fréquentent le marché de Dajabon (en République Dominicaine), élèvent à nouveau leurs voix en faveur de meilleures conditions d’échanges sur la frontière commune avec Ouanaminthe (Nord-Est d’Haïti).

« Le marché binational doit également avoir lieu en territoire haïtien, où les Dominicaines et Dominicains pourront venir s’approvisionner à l’instar des compatriotes haïtiens sur le territoire voisin », réclament plusieurs d’entre eux, interrogés par l’agence en ligne AlterPresse.

Ces marchandes et marchands haïtiens déclarent attendre l’adoption, par les législateurs nationaux, de lois régissant le fonctionnement du marché à Ouanaminthe.

Ils demandent aux autorités nationales de donner suite appropriée à leurs revendications.

Les lundis et vendredis de chaque semane, ces commerçantes et commerçants font une longue queue devant la barrière d’entrée de Dajabon en vue d’aller offrir du riz importé, des chaussures, jeans, maillots, sandales à femmes et à hommes, sous-vêtements féminins et masculins, vêtements usagés, entre autres.

Au marché de Dajabon, ils vont acquérir des épices (comme l’ail et d’autres ingrédients), de la sauce de tomate, de la mayonnaise, des œufs, de la banane, du mirliton, de la morue, de l’hareng saur, des poulets de chair, des pâtes alimentaires, des couchettes synthétiques pour bébés, des motocyclettes, des pièces de rechange pour véhicules, du savon de lessive, dcs haricots (pois), de l’huile de cuisine, des produits cosmétiques, des ustensiles de cuisine, des appareils électroménagers.

Humiliation, préjugés liés à leur couleur et à leur provenance haïtienne, saisie à tout bout de champ de leurs marchandises par les policiers dominicains, sont leur lot quotidien.

« Les marchandes haïtiennes sont discriminées sur le territoire dominicain », s’indigne Christine Menard, une marchande de chaussures.

Les saisies récurrentes de leurs articles les empêchent de faire des bénéfices, tandis que la perpétration d’actes délictueux (vols et autres) leur est attribuée par des Dominicains.

« Nous, commerçants haïtiens, n’avons pas la force requise (en termes de marchandises) pour faire la concurrence avec les commerçants dominicains », souligne Papoute Riché, un vendeur haïtien qui se rend régulièrement sur le marché de Dajabon.

Frustrés de leur sort, ces citoyennes et ces citoyens, qui font la navette entre Haïti et la République Dominicaine, sur la frontière Ouanaminthe / Dajabon, critiquent « l’incapacité et le laxisme » des autorités haïtiennes qui ne leur apportent aucun « appui significatif et réel ».

La faiblesse institutionnelle des dirigeants haïtiens pousse « les Dominicains à imposer leur loi au marché binational », disent-ils

« Il faut mener une lutte pour le respect des droits des marchandes et marchands », suggère le natif de Ouanaminthe, Rico Destiné.

Sans doute, un combat qui ne concernerait pas seulement les marchandes et marchands haïtiens qui écoulent leurs produits sur le marché de Dajabon, mais aussi les détaillantes et détaillants haïtiens qui font le commerce sur les marchés binationaux de Commendador (frontière commune avec Belladère), Malpaso (Malpasse) et de Pedernales (Anse-à-Pitres) qui affrontent quotidienement les mêmes déboires. [es srh rc 18/10/2012 22:30]