HaitiWebdo

HaitiWebdo, semaine du 8 au 14 octobre 2012

Haïti-Conjoncture : Flou, incertitudes, craintes…


lundi 15 octobre 2012

P-au-P., 15 oct 2012 [AlterPresse] --- Sans grande surprise, Haïti a encore fait l’expérience du renouvellement pour une année du mandat de la Mission des Nations Unies en Haïti, le 12 octobre 2012. Des acteurs du mouvement social haïtien et des parlementaires sont quand même montés au créneau pour rappeler les vols, viols et choléra dans le palmarès sombre de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (Minustah).

Le pays est toujours en proie à l’agitation sociale et des manifestants continuent de réclamer la démission du président Michel Martelly, qui ne parvient pas à fournir les résultats économiques et sociaux attendus.

Au plan politique, des problèmes perdurent et rien n’est encore clair quant à la mise en place réelle du Conseil Électoral Permanent (Cep), malgré la désignation de 3 nouveaux représentants du pouvoir judiciaire.

Encore une année pour la Minustah !

Le vœu de beaucoup d’acteurs du mouvement social haïtien de voir partir la Minustah, considérée comme une force d’occupation, est remis à au moins une année. Le 12 octobre 2102, les 15 membres du conseil de sécurité des Nations unies ont adopté une résolution prolongeant le mandat de la force onusienne pour un an avec comme priorité : la formation des agents de la police nationale.

Beaucoup d’Haïtiens et d’Haïtiennes sans s’étonner d’une telle décision, se demandent quand même si les bétails, les jeunes hommes et femmes du pays vont avoir un peu de respect durant cette année ?

Et pourquoi le conseil de sécurité ne pipe mot sur le dédommagement des victimes de l’épidémie de choléra introduite en Haïti par les soldats de la Minustah, suivant plusieurs études ?

Un autre dimanche anti-Martelly à Port-au-Prince

Des milliers de manifestants proches du parti Fanmi Lavalas se sont donné rendez-vous dans les rues de Port-au-Prince pour crier leur colère contre le mode de gestion du pouvoir par Michel Martelly.

La famille présidentielle comme « sangsue de la caisse publique » ainsi que le premier ministre Laurent Lamothe ont été pointés du doigt.

Des ambassadeurs « aux bracelets roses » sont dénoncés comme auteurs d’ingérence dans les affaires internes du pays par les manifestants.

Des responsables politiques dont Tunerb Delpé ont été remarqués dans la foule qui criait « A bas Martelly » !

La grogne anti-Martelly gagne du terrain, sans qu’on sache exactement à quoi s’attendre dans les prochains jours et semaines.

Le Cspj veut mettre son devoir au propre

Finalement le Cspj a choisi publiquement trois nouveaux représentants au Cep mardi 9 octobre 2012.

Applix Felix (7 voix), Carole Floreal Duclervil (6 voix) et Léopold Berlanger (6 voix) sont les heureux élus.

Comment ces nouveaux représentants du judiciaire vont-ils pouvoir remplacer les conseillers actuels au Cep ? Ces derniers se sont déclarés inamovibles et de surcroit semblent avoir le support du président de la République.

Elections…le Brésil se les paie à un million si et seulement si…

L’ambassadeur du Bresil en Haïti, Luiz Machado e Costa, tout en refusant de se prononcer publiquement dans les débats sur la question de la nature du Conseil électoral informe que son pays est prêt à fournir un million de dollars etasunisiens pour l’organisation des prochaines joutes électorales.

Un consensus politique entre l’opposition et le pouvoir semble être une condition sine qua non pour l’octroi de cette aide.

Martelly au sommet de la Francophonie : quelques entretiens grappillés

Si à la 67ème Assemblée générale de l’Onu, Martelly n’a pas pu rencontrer Barack Obama, le chef de l’Etat haitien s’est rattrapé au Sommet de la francophonie à Kinshasha en République démocratique du Congo en obtenant un tête-à-tête avec le président français François Hollande.

Le Samedi 13 octobre 2012, cet entretien s’est déroulé notamment autour « du renforcement des institutions et de l’appui à la formation par la France ».

Martelly souhaite que la France continue à accompagner le pays pour le « renforcement des institutions républicaines et la Police nationale ».

Le chef de l’Etat a aussi rencontré certains homologues africains, dont Yayi Boni du Bénin, Macky Sall du Sénégal et Alassane Ouattara de la Côte d’ivoire.

Concrètement, qu’est-ce que l’ancien chanteur devenu président a négocié dans les rapports bilatéraux avec ces pays ?

Par ailleurs, aucune explication n’a été donnée à propos du retrait de la candidature d’Haïti à l’organisation du prochain sommet de la francophonie ?

Préfète Duffaut a déposé le pinceau !

Le samedi 13 octobre 2012, la communauté artistique de la République et les parents de l’immortel Duffaut ont assisté, à la capitale, à son passage de la « ville imaginaire » terrestre à celle de l’au-delà.

A l’église catholique Saint-Louis Roi de France, ont été remarquées des personnalités telles la directrice du Musée du panthéon national (Mupanah), Michèle Gardère Frisch, le peintre Philippe Dodard, directeur de l’Ecole nationale des arts (Enarts), le peintre Casimir Joseph et la galeriste Mireille Pérodin Jérôme.

Alors que son œuvre lui vaut bien des funérailles nationales, comme s’est indigné le Dr Frantz Large, comment expliquer l’absence d’officiels du gouvernement à la cérémonie ? [efd gp apr 15/10/2012 12 :55]