Haïti- Liberté de la Presse : Les journalistes haïtiens brimés dans l’exercice de leur métier

P-au-P, 1er oct. 2012 [AlterPresse] --- Les journalistes haïtiens subissent des menaces de mort, de représailles et des actes d’intimidation de la part des autorités haïtiennes qui tentent de les dissuader dans leur travail, révèle un rapport du Centre pour le droit et la justice globale (Center for Law and Global Justice) à la faculté de droit de l’Université de San Francisco (USF) et l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (Institute for justice and democracy in Haïti-Ijdh).

« La liberté de presse en Haïti : Un effet dissuasif sur les journalistes qui critiquent le gouvernement » : tel est le titre de ce rapport, publié le 28 septembre 2012 et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Il existe des tendances inquiétantes à la menace et à l’intimidation à l’endroit de journalistes, brimés dans leur liberté d’expression, comme l’interférence des forces de l’ordre et l’hostilité de l’administration du président Joseph Michel Martelly envers la presse haïtienne, souligne le rapport qui se base sur des entrevues de journalistes haïtiens et internationaux.

Cette interférence prend la forme d’intimidation, de menaces, d’arrestations, de destruction d’équipement médiatiques et des actes de représailles, décrit-il.

Trois (3) journalistes du quotidien Le Nouvelliste ont été arrêtés, le 20 septembre 2012, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), sur demande du juge de paix Arnel Dimanche, pour avoir refusé d’obtempérer à l’interdiction de filmer un accident de la route.

L’hostilité de Martelly envers les journalistes haïtiens, depuis le début de sa présidence en mai 2011, associée à des menaces d’intimidation et d’attaques provenant de sources anonymes, est troublant, critiquent, dans ce document, les journalistes qui reconnaissent, toutefois, qu’il y aurait une amélioration de l’accès à l’information publique sous l’administration actuelle (via les conférences de presse et les quelques données diffusées dans les médias sociaux).

De tels actes d’intimidation créent une atmosphère de peur et engendrent également un effet dissuasif pour les journalistes et leur liberté d’expression.

Les journalistes haïtiens sont aussi victimes de « l’obstruction » à cause de leurs critiques vis-à-vis du pouvoir. Ils se sont vus refuser des entrevues avec des membres du gouvernement et un accès à de l’information publique, toujours selon le document.

Les journalistes se sont aussi plaints de leurs maigres salaires et du peu d’opportunités qu’ils ont pour suivre des sessions de formation, ajoute t-on.

Les libertés d’opinion et d’expression constituent le fondement de toute société libre et démocratique, rappelle Nicole Phillips, la directrice adjointe des programmes en Haïti à la faculté de droit de l’Université de San Francisco et également auteure principale du rapport.

Phillips invite le gouvernement actuel à prendre des mesures positives pour remédier à ces violations continues de la liberté d’expression et protéger les médias, s’il veut montrer sa volonté de lutter pour le renforcement de la démocratie.

Les institutions publiques haïtiennes doivent assurer un accès facile, rapide, efficace et pratique à l’information publique, recommande le rapport.

Le même rapport du vendredi 28 septembre 2012 encourage la communauté internationale et les pays donateurs à fournir au gouvernement haïtien et à la société un appui financier et technique, pour poursuivre en justice les auteurs des menaces et violences dirigées contre les journalistes, envoyant, ainsi, un message clair que les violations du droit à la liberté d’expression ne seront pas tolérées. [emb kft rc apr 01/10/ 2012 15:00]