A travers Haiti

Haïti : Grève générale annoncée au Cap-Haïtien


vendredi 28 septembre 2012

correspondance Wedlyne Jacques

Cap Haïtien, 28 sept. 2012 [AlterPressee] --- Une grève générale est annoncée lundi 1 er octobre au Cap Haïtien, date officielle de la réouverture des établissements scolaires, dans la poursuite de la mobilisation anti-Martelly qui a été marquée hier 27 septembre par une grande manifestation dans la cité capoise.

Plusieurs milliers de manifestants et manifestantes ont gagné les rues une fois de plus à l’appel de plusieurs organisations, pour dénoncer la politique du gouvernement et la hausse des prix des produits alimentaires. Ils ont en même temps plaidé pour la valorisation de la production nationale et le renforcement des institutions publiques.

Le chef de l’Etat, Michel Martelly, son premier ministre, Laurent Lamothe, qui participent à la 67e assemblée générale des Nations Unies à New York, ont été vivement critiqués. La famille Martelly, notamment le fils ainé du président, Olivier Martelly, qui gère un programme sportif de plusieurs millions de dollars, n’a pas échappé aux insultes de la foule.

Les propriétaires de plantations de canne et distillateurs du Nord se sont associés aux manifestants, pour dénoncer l’importation et l’usage de l’éthanol, qui est commercialisée en substitution au "clairin" local de façon désastreuse.

A la tête de la manifestation, le premier sénateur du Nord, Moise Jean Charles, vif opposant à Michel Martelly et sa politique, a, dans un message, lancé un ultimatum de deux mois au président pour qu’il laisse le pouvoir.

Le sénateur du Nord en a profité pour annoncer aux pays donateurs d’Haïti que le départ de Michel Martelly ne sera pas suivi de violence.

La manifestation s’est déroulée sans incident majeur et a duré environ 2 heures sous le regard des agents de la Police Nationale.

L’institut Mobile D’éducation Démocratique (IMED) a aussi veillé au parcours de la marche. Kettly Julien, une responsable de Imed a d’ailleurs dénoncé au micro des journalistes l’arrestation et la détention de six individus lors de la manifestation de la semaine dernière. Ces personnes ont été interpellées parce qu’elles auraient eu en leur possession des sacs de pierres. La responsable de l’IMED a exigé leur libération. [wj apr 28/09/2012 9 :15]