Haïti-Education : Rentrée scolaire problématique en perspective à Anse-à-Pitres

correspondance Pénia Bonicet

Anse-à-Pitres, 7 sept. 2012 [AlerPresse] --- Les perspectives de la prochaine rentrée scolaire prévue au 1er octobre prochain suscitent des inquiétudes dans la ville frontalière de Anse-à-Pitres, qui a subi le passage de la tempête Isaac.

Oscar Beauciquot, un habitant de la première section, raconte que la tempête Isaac a emporté environ une trentaine de ses caprins, une jument, des poules et des bananiers.

Chaque année, c’est grâce à la vente de certains de ces animaux qu’il assure les frais de scolarisation de ses enfants, explique
Beauciquot.

Les directeurs d’écoles de Anse-à-Pitres rencontrés ne se font pas d’illusions. Pour eux, il est clair que les parents ne pourront pas envoyer les enfants à l’école dès la rentrée, et ils se disent inquiets.

Hones Nolascot, directeur du Lycée de Anse-à-Pitres, affirme que les parents, des paysans pour la majorité ou des petits commerçants, sont complètement décapitalisés.

L’élevage et l’agriculture sont les principales sources de revenus pour ces parents. Les semences se révèlent pour l’heure l’un des besoins les plus urgents.

Environ 66% des têtes de bétails sont emportées (bœufs, mulets, cochons, chevaux, poules), 40% des matériels de pèche sont perdus dans la mer.

Dans le secteur agriculture, les pertes enregistrées sont énormes. La quasi-totalité des cultures ont été dévastées soit 90%, selon Fersene Peigne, responsable de la Croix Rouge à Anse-à-Pitres.

Alors que, l’an dernier (en 2011), les femmes avaient pu se débrouiller avec leurs petits commerces à cette même période, la situation est beaucoup plus difficile cette année, indique la responsable de ‘’Asosiasyon fanm vanyan Ansapit’’ (Afva), Rosette Santana.

L’association des banques communautaires de l’arrondissement de Belle-Anse (Abcab), une caisse qui offre des prêts surtout aux femmes, a décidé, en cette année 2012, de ne plus venir en aide aux vendeuses.

Le passage de la tempête Isaac a laissé les femmes désemparées, soutient Rosette Santana, appelant les ministères de l’éducation nationale et de la condition féminine à la rescousse. [pb kft apr 7/09/2012 14 :25]