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HaïtiWebdo - Semaine du 24 au 30 juin 2012

Haïti en mode décollage ?


lundi 2 juillet 2012

P-au-P, 2 juillet 2012 [AlterPresse] --- La ministre de l’économie et des finances, Marie Carmelle Jean Marie, a déposé dans les délais constitutionnels, le 29 juin 2012, au parlement haïtien, le projet de loi de finances pour l’exercice fiscal 2012-2013.

D’un montant de 131milliards de gourdes [US $ 1.00 = 42.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui], le budget national est révisé à la hausse, soit 10,2% par rapport au précédent budget rectificatif de 121 milliards de gourdes.

65% des fonds seront alloués à l’investissement c’est-à-dire 88 milliards de gourdes au total.

Pour la première fois depuis l’accession de Michel Joseph Martelly au pouvoir, son administration va disposer d’un budget proposé par son gouvernement (celui de Laurent Lamothe).

La loi de finances étant la traduction chiffrée des priorités et de la volonté d’un gouvernement, l’équipe de Laurent Lamothe permettra-t-il enfin que les Haïtiens et Haïtiennes voient le décollage du pays tant vanté dans les discours officiels ?

L’amendement constitutionnel, un passager pas en règle ?

Désormais constitution rime avec controverses et confusion après la reproduction « pour erreurs matérielles »de l’amendement du 9 mai 2012 de la constitution de 1987.

Faite sur ordre du chef de l’Etat par un arrêté présidentiel du 19 juin 2012, fruit d’un consensus entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la publication de l’amendement recélerait une nouvelle erreur par omission à l’article 137.

Le nouvel article 137 enlèverait au parlement la prérogative de valider le choix du premier ministre (choix fait par le président de la république). Cette version correspondrait à ce qui a été lu à l’assemblée pour le vote (du 9 mai 2011) et non à ce qui a été retranscrit.

26 juillet 2012, un communiqué des sénateurs dont le président de l’assemblée nationale- qui a soutenu la publication du 19 juin- informe que le « texte ne correspond pas totalement à la loi votée le 9 mai 2011 par l’assemblée nationale au parlement haïtien ».

De son côté, le vice-président de l’assemblée nationale, le député Levaillant Louis-Jeune semble n’avoir pas la même lecture que les sénateurs. Sous le couvert de l’argument de « la modernisation », il concède volontiers à l’exécutif les pleins pouvoirs dans le choix du premier ministre.

Un Conseil électoral permanent pour bientôt

Jeudi 28 juin 2012, en plein cœur de la confusions et de la controverse sur l’amendement de la constitution, le chef de l’Etat haïtien, Michel Martelly ne voit aucune difficulté à la mise en place du conseil électoral permanent, selon des déclarations relayées par des médias de la capitale.

Martelly informe que « la présidence et le pouvoir judiciaire » sont disposés à designer leurs 3 représentants dans l’appareil électoral.

Avec 6 sur 9 membres, le président croit que le CEP peut bel et bien fonctionner. Alors, le législatif doit se débrouiller s’il ne veut pas que l’avion décolle sans ses 3 représentants.

Le chef de l’Etat promet pour le 3 juillet 2012, l’installation du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj).

Martelly adoucit le ton face à la colère des bidonvilles

Après la grande manifestation de rue réunissant des centaines de personnes des bidonvilles du morne l’hôpital et de Petionville (périphérie est) contre le projet « sove lavi nan mòn lopital »du ministère de l’environnement, Martelly demande au ministre Ronald Toussaint de revoir son approche, sur les ondes d’un média de Port-au-Prince.

450 maisons devraient être démolies sur 7 mètres de chaque côté des ravines du morne l’hopital. Les habitants seront dédommagés et relogés à Bercy et à Gressier (sud de la capitale), selon les annonces faites par ce ministère.

Le chef de l’Etat se propose d’entrer dans une dynamique de dialogue avec les habitants.

Dédommagement et dialogue avant toute démolition, exige le chef de l’Etat qui déclare n’avoir pas été « au courant de cette décision ».

Un navire de contrebande intercepté

La lutte contre la corruption et la contrebande lancée par le Gouvernement de Laurent Lamothe frappe déjà le bateau commercial La Flecha de l’homme d’affaires Mouny Mourra, qui transportait des marchandises non déclarées.

Intercepté et confisqué dans le port des Gonaïves, le bateau sera transféré à Port-au-Prince à titre de preuve, selon le commissaire du gouvernement Jean Renel Sénatus.

Cynthia Cassis Mourra et la prénommée Sherley ont été interpellées dans une opération de saisie de marchandises menée à Delmas 31. La caution de 547 000 dollars américains payée n’épargne pas totalement ces individus d’une éventuelle poursuite pour association de malfaiteurs liée à la contrebande, selon Senatus.

Sept policiers soupçonnés dans le meurtre d’un homme d’affaire

Après avoir révélé que l’assassinat de l’homme d’affaires Richardson Croicy à Limonade le 22 mai 2012 est lié au trafic de la drogue, Mario Andresol indique que les policiers impliqués seront arrêtés par l’Interpol quelque soit le lieu où ils se trouvent sur la planète. Un total de 7 policiers est soupçonné dans ce crime.

Jusqu’à présent le corps de Croicy n’a toujours pas été retrouvé.

Nouvel assassinat de policier

Bazile Jean Rigal, 34 ans, agent II affecté au Sous-Commissariat de Martissant vient d’allonger la liste des policiers haïtiens abattus dans la zone métropolitaine. Rigal a été tué le jeudi 28 juin 2012 par des inconnus armés alors qu’il rentrait chez lui à Lamentin 54.

Ce meurtre porte à 15 le nombre de policiers tués depuis le début de l’année dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Une enquête a été ouverte.

L’ancien maire de Port-au-Prince révèle et accuse

Après une convocation du parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, dans le cadre de l’enquête sur l’incendie du marché dit Gerit, l’ancien édile de la capitale, Muscadin Jean-Yves Jason, a fait au cours de la semaine une sortie fracassante dans la presse pour dénoncer des persécutions politiques et des menaces sur sa vie.

Jason est frappé d’interdiction de départ du pays et fait l’objet d’un mandat d’amener par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jean-Renel Sénatus.

Dans une note publique, l’ancien maire se considérant encore comme « le maire élu », a révélé le supposé passé sulfureux et corrompu dans l’administration municipale de l’actuel ministre chargé des relations avec le parlement, Ralph Théano.

Une station de radio prise pour cible…

Selon le président directeur général de la radio Monopole, incendiée le 27 juin 2012, Hérold Zamor, l’acte serait d’origine criminelle. L’incendie a ravagé totalement l’édifice abritant la station située au centre ville des Cayes qui émet sur le 103.3, fréquence nouvellement accordée par le Conseil national des télécommunications (Conatel).

Zamor indique avoir été ouvertement reproché par des partisans de Michel Martelly pour ses critiques de l’action du gouvernement.

Par un appel en référé en mai 2012, la décision du Conatel de mettre sous scellé la station fondée en 2009 a été déboutée.

Haïti contre la destitution du président paraguayen

Dans un communiqué, le gouvernement haïtien prend position dans la crise paraguayenne en condamnant « énergiquement la destitution du Président Fernando Lugo prononcée par le Parlement de la République du Paraguay, à neuf mois des élections présidentielles et à l’occasion d’un procès sommaire ayant violé les droits de la défense ».

Estimant que cette destitution menace la démocratie dans la région, le gouvernement informe que des instructions sont déjà passées à la représentation de la république auprès de l’organisation hémisphérique, organisation des Etats américains (Oea) pour pouvoir permettre le retour en fonction du « président légitime » Fernando Lugo, de concert avec les autres pays membres. [efd kft gp apr 2/07/2012 09 :40]