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République dominicaine : Des lobbyistes d’Aristide à l’oeuvre

Par José Luis Soto

Santo-Domingo, 31 mars. 04 [AlterPresse] --- Un prêtre anglican d’origine portoricaine, Luis Barrios et un avocat américain, Brian Concannon, entreprennent des activités de lobbying en République Dominicaine. Ces lobbyistes cherchent à impliquer les Etats-Unis, la France et la République Dominicaine dans la chute du pouvoir de l’ex-président Jean Bertrand Aristide.

Pendant leur séjour à Santo-Domingo, ces lobbyistes ont demandé au gouvernement dominicain de ne pas reconnaître le gouvernement provisoire haïtien qu’ils qualifient d’illégal.

Toutefois, le gouvernement dominicain dirigé par le Président Hipólito Mejà­a, n’a pas exprimé officiellement une position face au gouvernement haïtien, un mois après le départ l’ancien dictateur Jean Bertrand Aristide.

Depuis le début du conflit armé qui a occasionné la chute d’Aristide en Haïti, Mejà­a et son gouvernement ont observé un profil bas. Le président dominicain n’a émis aucune position officielle ni d’appui et beaucoup moins de rejet face à la situation actuelle d’Haïti.

Les deux lobbyistes, Concannon et Barrios, amis de l’ancien président haïtien, demandent à la Communauté internationale de ne pas reconnaître la légalité et la légitimité du nouveau gouvernement haïtien. Cette position a été soutenue par les nations membres de la Communauté Economique des Caraïbes (CARICOM).

Toutefois, les autorités dominicaines, par la voix du Secrétaire des Forces Armées, le Lieutenant général José Miguel Bosquet Jiménez, ont révélé que le gouvernement dominicain avait informé l’ex-dictateur Aristide, de la présence d’Haitiens armés dans la partie sud de la frontière haitiano-dominicaine (Elà­as Piña-Mirabalais).

Dans une entrevue avec le journaliste Germán Mars du quotidien « Hoy », reprise par AlterPresse, Barrios et Concannon, considèrent les autorités dominicaines comme complices des rebelles dirigés par Guy Philippe du fait que celui-ci a utilisé le territoire dominicain comme camp d’entraînement.

« Je suis sûr que Chamblain et Guy Philippe ont utilisé le territoire dominicain comme base d’appui pour renverser Aristide au moins depuis l’année 2000 », a affirmé Concannon. Il a ajouté qu’un groupe de 200 rebelles haïtiens ont été entraînés à San Cristóbal, au sud de la République dominicaine. [jls rv gp apr 31/03/2004 05:30]