Développement durable

Haïti-Environnement : De la nécessité de passer aux actes


vendredi 8 juin 2012

P-au-P, 8 juin 2012 [AlterPresse] --- Il y a urgence de passer des discours au concret en ce qui à trait à la question de l’environnement, un des six « E » priorisés par l’administration Martelly, selon les propos tenus par le sénateur de la Grand’Anse, Jean Maxime Roumer .

Il intervenait dans le cadre d’un atelier national organisé le 6 juin par le ministère de l’environnement et l’organisme international Act-Alliance (à l’est de la capitale) en préparation au prochain sommet de Rio (Brésil) prévu du 20 au 22 juin.

Plus que de belles phrases « il faut que le gouvernement actuel passe à la pratique », en ce qui à trait à la question de l’environnement, estime le sénateur Maxime Roumer lors de cette journée de réflexion déroulée sous le thème « Rio + 20, la société civile d’Haïti : GRD (gestion, des risques et desastres) et l’accès à l’énergie ».

Le gouvernement haïtien doit dans un élan « praxis », décider quoi faire face à la destruction forestière en pensant entre autres aux produits de remplacement du charbon de bois, la détaxation des produits servant de sources d’énergie alternative, voire l’implication des différentes unités du système judiciaire haïtien dans cette lutte pour le redressement et la gestion de l’environnement en Haïti, toujours d’après le parlementaire.

Edouard Paultre, responsable du Conseil national haïtien des acteurs non étatiques (Conhane) invite pour sa part les autorités gouvernementales à opter pour des politiques publiques visant la protection de l’environnement et l’organisation à cet effet d’une campagne nationale massive.

Car les citoyennes et les citoyens doivent « se réveiller », ajoute Paultre qui appelle les gouvernants à faire passer la couverture forestière de 1.5 (actuellement) à 10 %.

La coupe des arbres reste la principale source de déforestation du pays.

Un autre grand problème lié à l’environnement c’est la construction anarchique dans les flancs des montagnes. Une réalité qui ne date pas d’aujourd’hui, ce qui laisse place sans doute à une excuse pour le ministre de l’environnement, Ronald Toussaint.

« Il y a un héritage environnemental très lourd », indique le ministre Toussaint en guise de défense.

Haïti à Rio +20

L’économie verte, une révision des architectures institutionnelles pour le développement durable sont les deux principales questions qu’Haïti compte défendre lors de sa participation au sommet très attendu de Rio au cours de ce mois de juin.

La dégradation de la terre, la gestion de l’eau, des risques et des désastres sont d’autres « défis émergents » portés à l’agenda d’Haïti.

Et pour les négociations avec les partenaires bilatéraux ou multinationaux le ministre Ronald Toussaint parle de prioriser les dossiers relatifs aux projets pilotes d’économie verte, les villes vertes pilotes, les biens culturels, le tourisme durable et l’agriculture.

La question du développement durable passe par l’économie verte et les organismes internationaux qui s’investissent dans l’environnement doivent se redéfinir et se restructurer, selon l’avis de Ronald Toussaint.

Par ailleurs, de nombreux paysans ont marché le 5 juin à Hinche (est) à l’occasion de la journée internationale de l’environnement, pour dénoncer les activités jugées néfastes pour l’environnement, conduites par les transnationales. [srh gp apr 08/06/ 2012 10 :00]