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Haïti- Université : Devrait-on privatiser l’Ueh ?

P-au-P, 27 mars 2012 [AlterPresse] --- Des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) ont échangé des points de vue pour et contre la privatisation de cette institution publique lors d’un débat organisé sous la forme d’une joute oratoire, le lundi 26 mars 2012, à l’institut supérieur d’études et de recherches en sciences sociales (Iserss), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Ces discussions ont été réalisées par ces étudiants en vue de célébrer, à leur manière, la journée mondiale du théâtre le 27 mars.

« L’université d’État d’Haïti (Ueh) devrait-elle être privatisée ? » a été le sujet abordé.

Cette confrontation intellectuelle, axée sur un format de débat dénommé public-forum, a réuni deux équipes de deux joueurs.

Durant ce duel des idées, ces deux équipes - composées de deux étudiants chacune - ont confronté leurs arguments en vue de justifier leur position sur la question de la privatisation ou non de l’Ueh.

Optant pour la non privatisation de l’Ueh, la première équipe a été constituée des étudiants Prioly Steven Jacques et Lourdenard Esther Clergé.

Plaidant pour le contraire, la deuxième a regroupé Orlando Henry et Romane Primo.

Pour Jacques, étudiant à la faculté des sciences humaines (Fasch, l’Ueh ne devrait être, en aucune façon, privatisée, parce que toute privatisation viserait à en restreindre l’accès aux plus défavorisés qui n’ont pas les moyens économiques de fréquenter d’autres universités.

Avec la privatisation, l’université d’État d’Haïti deviendrait une arme de domination et d’exploitation pour le secteur privé où l’acquisition de profits serait la priorité, soutient-il.

Ces défenseurs du maintien de l’Ueh comme institution étatique définissent l’université comme « un établissement d’enseignement supérieur, constitué par un ensemble d’unité de formations, d’instituts, de centres et de laboratoires de recherche ».

Pour le camp adverse, « l’université d’État d’Haïti doit être privatisée, parce que l’État refuse de définir une enveloppe budgétaire adéquate au bon fonctionnement » de cette institution publique.

La situation socio-économique de cette université - qui est sous la tutelle de l’État - engendre une indigence de l’enseignement supérieur en Haïti, déplore l’étudiant Romane Primo, rappelant que le budget - qui était de un pour cent (1%) pendant la période allant de 1981 à 1986 - est passé à 0.5 pour cent (0.5 %) en 2012.

L’étudiant en histoire et délégué des étudiants de l’Iserss au conseil de l’Ueh, Richardson Séraphin, croit que la réalisation de ce genre de débats contradictoires est un bon point pour l’université et dans une société démocratique.

Sensibiliser les décideurs, sur la situation critique de l’Ueh et la priorité à accorder à l’éducation, est l’objectif principal de ces échanges, selon Séraphin. [emb kft rc apr 27/03/2012 7:15]