Haïti-Constitution /25 ans : Gare à la tentative de publication de l’amendement de mai 2011 !

P-au-P, 23 mars 2012 [AlterPresse] --- À la veille de la célébration des 25 ans de l’adoption de la constitution du 29 mars 1987, constituants et politiques lancent un nouvel appel au chef de l’État haïtien Michel Joseph Martelly de ne pas publier la Constitution amendée à la va-vite en mai 2011, un amendement qui fait l’objet de contestation.

La 48ème législature avait enclenché un processus d’amendement de la constitution de 1987 à la fin de son mandat mais « la tentative a foiré », selon la constitutionnaliste Mirlande Hyppolite Manigat qui admet que les parlementaires avaient toutefois respecté les délais recommandés par la loi mère.

Cette initiative est contestée par des politiques haïtiens et même par les parlementaires qui rapportent des irrégularités.

Face à cette situation, l’appel est clair : il faut « que le président Martelly n’aille pas commettre l’énorme bêtise de publier l’amendement frauduleux, falsifié du commencement jusqu’à la fin », lance le constituant Georges Michel.

Michel Martelly doit faire attention et éviter à tout prix de prendre les dispositions pour la publication de ce texte constitutionnel pour ne pas être accusé « d’avoir violé la Constitution, de s’être mis avec les magouilleurs », ajoute l’historien haïtien.

Et à défaut d’autres expressions, « un véritable brigandage politique, un faux en écriture publique, une espèce de trac et de tas (…) », ce n’est qu’à travers ces qualificatifs que les deux constituants Mirlande Hyppolite Manigat et Georges Michel trouvent assez d’aisance pour parler de ce document.

Le président Martelly devrait profiter de cette noce d’argent (le 29 mars 2012) pour renoncer à la publication « avant qu’il ne crée une catastrophe dont il sera la première victime », ajoute Georges Michel.

Pour Evans Paul (dit, K-Plim) « il n y avait pas eu d’amendement » et de fait il faut « éviter de parler de publication d’amendement ».

Tous ils sont pour un amendement de la Constitution car elle contient des failles. Mais cela devra être « amorcé à la fin de la 49ème législature en cours en respectant les normes » soit dans 3 ans, « ou alors il faudrait que les conditions de sérénité et de sérieux soient réunies pour une nouvelle assemblée constituante », avance Mirlande Manigat.

Une position qu’adopte également Evans Paul.

« Toute constitution est amendable mais il faut un dialogue, un débat, une concertation » en guise d’ « amendements clandestins et non motivés imposés unilatéralement », soutient pour sa part le constituant Georges Michel.

Et Martelly devra se rendre compte « à temps » que les articles de mai 2011 « ne marcheront pas », signale Michel.

Mais au delà de tout cela, « est ce qu’on a pris le temps d’appliquer à la lettre la Constitution de 1987 ? » est la question qui reste entière pour Antonal Mortimé secrétaire général de la plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh).

Mortimé invite plutôt à essayer d’appliquer la loi mère veille de 25 ans d’abord et de voir après si un amendement est nécessaire ou pas. [rh kft gp apr 23/3/ 2012 17:00]