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Haïti-France/Éducation : Premiers pas vers le numérique ?

P-au-P, 19 mars 2012 [AlterPresse] --- C’est à l’école nationale République du Paraguay (au sud-est de la capitale) que des officiels haïtiens et français ont fait, le vendredi 16 mars 2012, une première démonstration de matériels éducatifs récemment offerts au pays, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Plus de 13 tonnes de matériels ont été remises sous forme de don, le 15 mars 2012 à Haïti par la France, en soutien au programme de scolarisation universelle gratuite prônée par le gouvernement actuel.

Dans une salle qui rassemble 71 élèves, les jours de classe, ont pris place, au premier rang, le ministre démissionnaire de l’éducation, Réginald Paul. et l’ambassadeur de France en Haïti, Didier le Bret.

Il s’agissait de présenter les matériels et faire une séance pratique démonstrative à partir du logiciel Sankoré, un logiciel d’enseignement sur tableau numérique, qui a coûté un million cinq cent mille euros (US $ 1.00 = 42.00 gourdes ; 1 euro = 61.00 gourdes aujourd’hui), indique la France.

« Cette démonstration marque le début d’un tournant important sur le plan de la pédagogie que le ministère a entamé depuis quelque temps, particulièrement par la révision curriculaire », estime le ministre démissionnaire de l’éducation nationale.

Pour l’utilisation du logiciel, il faut au professeur un ordinateur portable, un vidéoprojecteur et un tableau.

Dans le cas d’Haïti, les tableaux utilisés sont réalisés par les étudiants de l’École Salésienne de Cité Soleil. Un panneau solaire, installé dans le bureau du directeur, sert à alimenter les appareils.

L’utilisation de ces nouveaux outils numériques, dans l’enseignement en Haïti, s’adresse essentiellement aux élèves du premier cycle scolaire, lequel s’étend de la première à la neuvième année fondamentale.

Réginald Paul se dit préoccupé par le fait que les élèves se sont pas habitués à l’utilisation du numérique dans leur apprentissage.

Le ministère de l’éducation nationale reste tout de même très satisfait du don de la France, lequel devrait favoriser un enseignement plus rapide à beaucoup plus d’élèves.

Pour l’instant, toutes les écoles nationales ne pourront pas bénéficier de la disponibilité de ces matériels, installés dans trois (3) parmi les 37 écoles fondamentales d’application et centres d’appui pédagogique (Efacap).

« Ce programme peut très bien contribuer au renforcement de la qualité de l’éducation dans le pays, mais il y a un problème de contenu », juge, pour sa part, le directeur de l’enseignement secondaire Rénold Telfort.

Les sciences expérimentales, le français et les mathématiques sont les trois (3) matières jusqu’ici adaptées au logiciel.

De son côté, l’ambassadeur de France note « un signe que ce pays a enclenché un cercle vertueux en matière d’éducation ».

Mais « faut-il avoir du temps, un consensus et de la bonne volonté » pour le programme d’éducation universelle gratuite, insiste Didier Le Bret.

Lors de la démonstration effectuée le 16 mars 2012, les professeurs présents à l’école nationale République du Paraguay ont affiché une certaine maitrise du logiciel, en expérimentation dans cet établissement scolaire public depuis mai 2011. [jep kft rc apr 19/03/2012 11:49]