Haïti-Violence : Une augmentation de 32% fin 2011, selon Jilap

P-au-P, 15 févr. 2012 [AlterPressee] --- Deux cent trois (203) personnes ont été victimes de violence armée sur 274 recensées, indique le dernier rapport sur la violence dans la zone métropolitaine de la capitale, élaboré par la commission épiscopale nationale de l’église catholique romaine justice et paix (Jilap en créole) et transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Le banditisme a connu une hausse, le nombre de victimes recensées ayant augmenté de 32%, suivant les données du rapport qui prend en compte les trois derniers mois (octobre, novembre et décembre) de l’année 2011.

Quatre-vingt-douze (92) victimes n’ont pas pu être identifiées, alors que les procès-verbaux des juges de paix accusent plusieurs faiblesses, notamment des omissions sur le lieu du fait, ajoute Jilap.

Cité Soleil (municipalité dans la périphérie nord), La Saline (quartier populaire à l’ouest de Port-au-Prince), le centre-ville de Port-au-Prince et Petionville (zone Route de Frères, à l’est) sont les zones les plus « sensibles » de Port-au-Prince.

« Les braquages ont lieu quotidiennement ; les victimes sont légion. La population est inquiète en se rendant dans une banque commerciale, pour aller acheter ou se rendre à ses activités. Les voleurs sont postés un peu partout, pour contrôler le va-et-vient des gens », décrit Jilap.

La quantité de cas de justice populaire ou d’exécutions sommaires s’est stabilisée par rapport à la précédente période (22 cas).

La commission épiscopale Jilap constate aussi des faits alarmants, comme l’apparition de corps sans vie de bébés sur la voie publique - 4 cas signalés - et l’enrôlement d’enfants dans des gangs.

« Les droits économiques et sociaux n’étant pas garantis, l’État haïtien maquille le sous-développement du peuple haïtien », précise la commission de l’église catholique romaine.

« Les pratiques et les discours politiques dans le pays sont souvent émaillés de violence. Les déclarations des politiciens entraînent des conséquences négatives sur le fonctionnement de la société », indique t-elle plus loin.

La police nationale ne dispose pas de moyens pour intervenir efficacement, alors que les gangs semblent avoir de meilleures capacités d’opérer.

Le temps d’intervention de la police nationale est estimé entre 2 à 3 heures contre les 15 à 20 minutes acceptables.

La Jilap préconise un plan de sécurité véritable, établi par le législatif avec la collaboration de l’exécutif et du judiciaire, ainsi qu’une coordination effective entre les différentes institutions de l’État pour sa mise en œuvre.

La police nationale d’Haïti (Pnh) doit aussi se doter d’un système de communication fiable et efficace.

La commission épiscopale nationale Justice et Paix, de l’église catholique romaine, appelle également à l’élaboration d’une politique sociale en faveur des plus défavorisés. [kft rc apr 15/02/2012 9:41]