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Les États-Unis songent à lever leur embargo sur la vente d’armes à Haiti

P-au-P., 01 déc. 2011 [AlterPresse] --- Le Sous-secrétaire d’État américain, William Brownfield, a annoncé ce premier décembre que le gouvernement des États-Unis a l’intention de lever le blocus sur la vente d’armes imposé à Haïti en 1993 au cours de la période du coup d’État militaire contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide.

« Les États-Unis sont maintenant ouverts à l’idée de fournir des armes à la Police nationale haïtienne », déclare le haut fonctionnaire lors d’une conférence de presse conjointe avec le Directeur général de la police haïtienne, Mario Andrésol.

Cela se fera « dans les conditions établies par les deux gouvernements », précise-t-il, en révélant que des États-Unis ont initié le « dialogue avec le gouvernement d’Haïti » sur le sujet.

Pour Brownfield, la première étape vers la levée du blocus est l’établissement d’une force de police professionnelle et bien entraînée. « La police haïtienne a atteint ce niveau », souligne-t-il.

Le Secrétaire d’État adjoint américain, qui vient de débuter une visite de travail en Haïti, déclare avoir constaté « beaucoup de progrès » au niveau de la police, qui compte en ses rangs des « agents très professionnels ».

Pour sa part, Mario Andrésol annonce avoir soumis au gouvernement un plan quinquennal pour le développement de la police, qui la fera passer de 10 000 à 16 000 membres en 2016.

« Le renforcement de la police est un point essentiel (…) et nous attendons beaucoup de nos partenaires, notamment les États-Unis », poursuit Andrésol.

Le Directeur de la police estime que le renforcement de la police est nécessaire pour pouvoir accentuer le combat contre le trafic de la drogue, qui s’est intensifié dans le pays après le séisme de 2010.

Les régions les plus affectées sont le Sud, le Nord-Ouest et le Centre, où, à part le trafic, on enregistre une consommation importante, selon Andrésol, qui souligne le danger que cela représente pour les jeunes.

Il indique que le nombre d’agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS) doit bientôt passer de 200 à 300 agents.

Le Secrétaire d’État adjoint des États-Unis, William Brownfield, note, pour sa part, une baisse du trafic de la drogue dans les Caraïbes, mais avertit que les réseaux pourraient à nouveau y établir leurs bases d’opérations. [gp apr 01/12/2011 18 :00]