Español English French Kwéyol

Haïti-Affaire Bélizaire : Nouvelle offensive des députés

P-au-P, 25 nov. 2011 [AlterPresse] --- Insatisfaits de l’issue de la séance d’interpellation du 22 novembre, sur le dossier d’Arnel Bélizaire, une vingtaine de députés, toutes tendances confondues, ont décidé d’ouvrir une enquête sur l’arrestation de leurs collègues de Delmas/Tabarre, afin, disent-ils, de fixer eux-mêmes les responsabilités.

« Nous allons continuer avec le dossier. Tout n’est pas fini avec la séance des sénateurs », réagissent plusieurs députés.

Le Sénat de la République, malgré les recommandations de la commission spéciale chargée d’enquêter sur les circonstances de l’arrestation, n’a accordé ni vote de censure ni vote de confiance aux membres du gouvernement interpellés.

Alors que Josué Pierre-Louis avait présenté quelques heures avant la séance sa démission, l’Assemblée des sénateurs, à la lumière du rapport de la commission, a décidé d’enlever, sans autre forme de procès, l’interpellation contre le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Michel Brunache.

Aussi, à la demande du sénateur Joseph Lambert appuyée par le sénateur
Youri Latortue, l’Assemblée haute, avec 11 voix pour, 6 contre et 4 abstention, a décidé d’enlever la recommandation de la commission spéciale d’enquête relative à l’interpellation du ministre de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard-Paul.

Les députés contestataires ont adressé, le 23 novembre, une correspondance au président de la Chambre basse, Sorel Jacinthe, pour lui demander de mettre sur pied une commission spéciale d’enquête.

Cette commission aura pour mandat d’identifier les personnes impliquées dans l’arrestation, le 27 octobre du député Bélizaire sans considération de son immunité parlementaire, et fixer les responsabilités.

Abel Descollines, député de Mirebalais-Boucan carré, un des signataires de la lettre confie qu’ « une réunion est déjà planifiée avec les présidents des différentes commissions à la chambre basse pour pencher sur la création de cette commission. »

La décision du Sénat, qualifiée par le sénateur Annick François Joseph, de violation des règlements intérieurs du Grand corps, a suscité des remous à la Chambre basse, dont les membres sont en vacance jusqu’au deuxième lundi de janvier 2012.

« Je suis étonné de voir des sénateurs, qui ont des intérêts croisés à protéger, violer eux-mêmes leur propre loi (article 217 des règlements intérieurs du Sénat) alors qu’ils dénoncent l’Exécutif de violer la Constitution », déplore le sénateur Annick François Joseph, à l’issue de la séance du 22 novembre.

Pour le sénateur Francky Exius : « il fallait avoir l’approbation de 16 sénateurs pour que le vote soit valide, si l’on veut respecter le principe de la majorité absolue. »

Réagissant à la séance du 22, Joseph Lambert estime que l’Exécutif a fait preuve de bonne volonté en obtenant la démission du ministre de la justice, Josué Pierre-Louis, qui a fait parvenir sa lettre au premier ministre Garry Conille peu avant la fameuse séance.

Pour Lambert, le moment est venu de « réconcilier la nation avec elle-même ».

L’assemblée sénatoriale a toutefois approuvé la recommandation de la commission demandant au président Michel Martelly de reconnaitre « publiquement qu’il s’est mal comporté » dans le dossier Bélizaire et de s’engager à convoquer des assises entre les trois pouvoirs en vue de statuer sur les grands dossiers d’intérêt national.

Le président du Sénat Jean Rodolphe Joazile annonce sans fixer la date une séance pour faire suite à celle du 22 novembre, qui à son avis, ne s’est pas achevée. [ sfd apr 25/11/2011 09:25]