L’Amérique : La résurrection d’un président ?

Par Frantz-Antoine Leconte *

Soumis à AlterPresse le 20 octobre 2011

La solution à la crise politico-économique ; les préoccupations concernant le chômage grandissant ; l’accès à l’université pour les jeunes ; une revivification de l’économie ; les petites compagnies qui pourraient bénéficier financièrement d’un accord bipartite du Congrès ; un système de transport plus efficace ; la réparation des ponts et des autoroutes ; la rénovation de 35.000 écoles ; la satisfaction des besoins du système de l’éducation ; un meilleur sort aux vétérans ; une réduction d’impôts pour les entreprises qui embauchent et les classes moyennes ; l’équilibre de la dette à long terme ; l’élaboration d’un système d’impôt plus équitable ; le renforcement de la compétitivité des États-Unis : tout cela est essentiel si l’Amérique doit reprendre sa première place au monde en tant que puissance économique. Et tout cela est possible si le Congrès accepte et vote les dernières recommandations présentées par le président Obama, qui est actuellement aux prises à des difficultés, selon les plus récents sondages.

En effet, près de 60% des Américains n’approuvent pas la conduite de l’économie. C’est devenu vite le dossier prioritaire à cause du traumatisme provoqué par le taux de chômage qui reste jusqu’au mois d’août 2011 entre 9 et 10 %. On n’ose plus faire la comparaison de cette administration avec celles de Ronald Reagan et de Bill Clinton. Bien que ces deux présidents aient été dans la même situation après avoir perdu la majorité législative au cours des élections de mi-mandat, mais, leur côte de popularité se situait largement au dessus des 50%.

Malgré ce sérieux revers du parti Démocrate et de l’impopularité de son président, 43% des électeurs interrogés par ABC et le Washington Post sont favorables à la politique globale du président Obama. Le président jouit donc encore d’un passable soutien de l’électorat. Mais l’économie, déjà faible au début de son mandat, continue de présenter des lacunes importantes. Et, maintenant, ajouté aux toniques messages du populisme démagogique de certains hommes et femmes républicains agressifs ultraconservateurs du Tea Party tels que Rick Perry et Michele Bachmann, cela peut faire pencher la balance du côté du parti Républicain. D’autant plus que le chef de la maison blanche, parfois par sa rhétorique inintelligible, n’arrange pas les choses. Mince satisfaction cependant, 68% des Américains émettent une opinion nettement défavorable aux élus républicains du Congrès. Le Tea Party, malgré l’énorme influence qu’il exerce, ne se fait pas aimer.

L’économie qui aurait dû être en convalescence se révèle le maillon faible de l’administration. Elle n’a pas encore bougé, malgré les injections massives de liquidité particulièrement dans le secteur financier, elle semble indiquer déjà le début d’une redoutable récession. Pour les politologues, l’unique chance de réussite d’un deuxième mandat d’Obama passerait par l’amélioration de la situation de l’économie que tout le monde surveille à la loupe.

La confiance qui était au rendez-vous a joué un rôle fondamental durant la dernière présidentielle. La capacité de Barack Obama de provoquer de profonds changements dans la société était alors à son plus haut point. Elle s’effrite depuis de longs mois et son retour ne peut avoir lieu sans la réalisation de succès tangibles et considérables dans le domaine de l’économie. Que prédisent les économistes ? Point de miracle cette année, et, qui pis est, à peine pourrait-on éviter cette récession qui menace. Les économistes démocrates, qui croient dans la pratique d’injecter de l’argent pour stimuler l’économie, pourront-ils bénéficier de l’appui des Républicains pour injecter 447 milliards sur le marché de l’emploi ? La Chambre des représentants acceptera-t-elle de nouvelles dépenses ? Véritable gageure.

Mais, ceux qui s’attendent déjà à une victoire républicaine lors des prochaines élections présidentielles peuvent avoir de fâcheuses surprises. Les problèmes du parti n’ont pas été résolus. On est encore à la recherche d’un candidat miraculeux ou providentiel qui se fait attendre, car la côte de popularité de tous les champions progresse en dents de scie et manifeste des hauts et des bas préoccupants. Les plus grandes lacunes du parti proviennent de l’extrémisme « fondamentaliste » de ses leaders. Michele Bachmann, par exemple, pense que le tremblement de terre et l’ouragan Irene qui ont touché la capitale du pays, Washington, seraient un avertissement de Dieu. On pourrait augurer ou conclure que les particularités idéologiques moyenâgeuses et même superstitieuses rendraient difficile une victoire républicaine ? Certainement.

En revanche, Obama qui prend des initiatives sur le plan politique, semble vouloir marquer des points. Par une campagne inlassable, des levées de fonds réussies et les nouveaux défis qu’il vient de lancer aux Républicains, il pourrait déjà, si des progrès en terme économique étaient possibles, emprunter le chemin d’une renaissance politique qui lui donnerait la victoire à la prochaine présidentielle de 2012.

* Frantz-Antoine Leconte, Ph.D, professeur à l’université de la ville de New York (CUNY).