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Haïti-ALBA/Logements : Plus d’une centaine de familles menacées d’expulsion à Zoranje

P-au-P, 06 oct. 2011 [AlterPresse] --- Des autorités municipales menacent d’expulser plus d’une centaine de familles occupant « sans consentement légal » une cinquantaine de maisons parmi les 88 construites à « Zoranje »(Croix des Bouquets, Nord-Ouest de la capitale) par l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), apprend AlterPresse.

Le 4 octobre, annonçant un recensement, le maire de Cité de Soleil (banlieue Nord de la capitale), Benoit Gustave accompagné de fondés de pouvoir et de juge de paix, a fait irruption sur le site et en a profité pour lancer un ultimatum de 48 heures aux occupants des maisons, selon les informations obtenues. Le maire agit ainsi en dehors de sa juridiction.

« J’ai deux fils qui sont morts lors du séisme du 12 janvier, je n’ai pas de maisons où habiter. Le magistrat croit que nous ne sommes pas dignes d’habiter ces maisons », déclare Martine Janvier, une dame du troisième age.

Les occupants des logements racontent, entre autres qu’ils ne vont pas lâcher prise et disent préférer mourir plutôt que de se courber aux menaces des autorités municipales et des agents de la Police Nationale Haïti (PNH) qui les accompagnent souvent. Selon eux, le magistrat Gustave entendrait vendre à prix fort chaque unité de maison.

« Le magistrat veut vendre les maisons [pourtant] les nouveaux occupants sont des gens qui sont dans le besoin », soutient Maxo Jean Baptiste, indigné.

Terminés deux mois après le séisme du 12 janvier 2010, les 88 logements sociaux de l’ALBA sont laissés vides, tandis que lors de leur inauguration, Elio Garcia, représentant légal à Port-au-Prince de l’entreprise de construction de l’ALBA, a annoncé que ces maisons seraient occupées sous peu.

Ces 88 maisons font partie d’un projet de 500 logements sociaux promis par le Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Rafael Chavez Frias, lors de sa visite en mars 2007 en Haïti.

Plus d’un an et 6 mois après leur achèvement, personne n’a été capable d’expliquer pourquoi les logements de Zoranje sont restés vides pendant que plus de 600 mille personnes dorment et vivent dans des conditions inhumaines sous des tentes.

« L’Etat haïtien ne nous doit-il pas des logements sociaux ? », s’interroge Jésula Aristène brandissant une copie de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Avant l’expiration de l’ultimatum ce jeudi 6 octobre, les occupants des logements sociaux réclament l’intervention immédiate du président haïtien Michel Martelly en vue de régulariser la situation. [mm kft gp 06/10/2011 12:00]