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Haïti-Justice : S.O.S pour l’indépendance du pouvoir judiciaire dans le Sud

Correspondance- Joseph Serizier

Cayes, 21 sept. 2011 [AlterPresse] --- Le bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau des Cayes, Pierre Thomas St-Fort, plaide en faveur de l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux autres pouvoirs de l’État, dans des propos recueillis par AlterPresse.

Selon le bâtonnier, la politique tient le pouvoir judiciaire en otage. St-fort parle entre autres de main mise du ministère de la justice sur l’appareil judiciaire des Cayes, en soulignant le blocage injustifié de la réalisation des assises criminelles avec assistance de jury dans la ville.

Ces assises ne sont toujours pas réalisées, plusieurs mois après la date prévue, faute de moyens, selon les responsables. Cependant pour St Fort, qui n’a pas été plus explicite, « une main cachée » au ministère de la justice serait à l’origine du fameux blocage.

Au cours de ces assises, le tribunal devait entendre le cas des 13 policiers en détention préventive prolongée à Port-au-Prince depuis plus d’un an. Ces policiers sont accusés d’avoir participé à l’assassinat de près d’une vingtaine de détenus dans la prison civile des Cayes en janvier 2010, peu après le tremblement de terre.

Par ailleurs, le bâtonnier Pierre Thomas St Fort dénonce les conditions dans lesquelles fonctionne le tribunal de première instance des Cayes. Le tribunal a été incendié par des supporters du président Michel Martelly (alors candidat) dans la nuit du 7 au 8 décembre 2010 lors de la publication des résultats préliminaires des élections présidentielles. Il fonctionne depuis dans le couloir de la Cour d’Appel.

Dans un mémorandum daté du mois de juillet dernier, les juges-magistrats avaient exigé de meilleures conditions de travail pour pouvoir siéger aux assises avec assistance de jury. A date rien n’a été fait. Le doyen du tribunal Ézéchiel Vaval dit être fatigué d’intervenir sur le sujet, vu la vitesse avec laquelle les choses avancent.

Le bâtonnier, Pierre Thomas St-fort, qui se dit préoccupé par cette situation, exhorte les autorités concernées à mettre les pendules de l’appareil judiciaire à l’heure, pour le bien être des justiciables. La situation est, selon lui, intenable.

Entre-temps, des dizaines de prisonniers croupissent dans la prison civile des Cayes en attente d’une décision de justice, alors que l’insécurité augmente.

La 3ème ville du pays s’est transformée en un repère de bandits depuis le séisme du 12 janvier 2010, bénéficiant de la faiblesse du système de justice et de sécurité publique, souligne St Fort.

Souvent, des individus interpellés par la police trouvent rapidement leur libération après l’intervention d’un avocat ou d’un proche, sans qu’aucune décision de justice n’ait été prise. [js kft gp apr 21/09/2011 20:11]