Haiti : Mission de haut niveau de l’ONU pour enquêter sur le viol d’un Haitien de 18 ans par des casques bleus uruguayens

P-au-P., 15 sept. 2011 [AlterPresse] --- Le secrétaire général de lONU, Ban Ki-moon, a envoyé en Haiti trois hauts responsables des Nations Unies afin de rencontrer le commandement de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à propos du viol d’un Haitien de 18 ans par 3 casques bleus uruguayens.

L’ ;équipe est menée par le Sous-Secrétaire général des Nations Unies à l’appui aux missions, Anthony Banbury, et comprend également le Conseiller militaire de Ban Ki-moon, le général Babacar Gaye, et la Conseillère du Secrétaire général en matière de police, Ann-Marie Older, indique le porte-parole du Secrétaire général, Martin Nesirky.

L’équipe dont la mission est de renforcer la politique de « tolérance zéro » qui doit prévaloir au sein de l’ONU rencontrera aussi les autorités haïtiennes, ajoute la même source.

Le 27 août 2011, la MINUSTAH a été saisie d’allégations de violations graves du Code de conduite des Nations Unies par plusieurs membres de son personnel.

Le Commandant de la Force a instruit la police militaire de recueillir toutes informations concernant l’identité des victimes, témoins et suspects. Il a également ordonné au Commandant du contingent uruguayen de conduire une enquête préliminaire sur l’incident.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Mariano Fernandez, a pour sa part ordonné le confinement des soldats accusés d’être impliqués dans cet incident pour s’assurer qu’ils ne puissent exercer aucune influence sur le déroulement de l’enquête.

Dans une lettre ouverte rendue publique mercredi, M. Fernandez s’est dit « profondément choqué et attristé d’avoir appris (…) que des soldats de la MINUSTAH auraient eu un comportement abusif et dégradant envers un jeune Haïtien ».

« Aux Nations Unies, il s’agit de ’Tolérance Zéro’ en ce qui concerne tout manquement de son personnel à ses obligations de respecter les standards de conduite attendus d’un fonctionnaire international. Le respect absolu de la dignité et de la souveraineté du peuple et du pays hôtes, de ses traditions et de sa culture figure parmi ces obligations », a-t-il indiqué.

Il a assuré que l’ONU effectue « le suivi avec le pays d’origine des suspects pour s’assurer, le cas échéant, qu’ils soient traduits en justice et que les sanctions appropriées soient appliquées.

Les Nations Unies ont également une stratégie d’appui aux victimes d’exploitation et abus sexuels et nous comptons la mettre en pratique ».

Les abus commis par les soldats uruguayens ont terni l’image de la MINUSTAH, reconnait Fernandez. Mais les actes de quelques uns ne devraient pas ternir aussi celle de milliers de personnels, militaires, policiers et civils qui servent la MINUSTAH et Haïti de façon irréprochable depuis 2004 », conclut-il. [gp apr 15/09/2011 00 :45]