Haïti-Choléra : Les autorités sanitaires annoncent une alerte pour le Nord et le Sud du pays

Par Ralph Henry

P-au-P, 7 juil. 2011[AlterPresse] --- La directrice de la promotion de la santé au Ministère haïtien de la Santé Publique et à la Population (MSPP), docteur Jocelyne Pierre Louis, informe d’une alerte-choléra pour les départements du Nord et du Sud.

Cette alerte, débutée le 5 juillet dernier doit prendre fin le 3 aout, indique à AlterPresse Le docteur Jocelyne Pierre Louis, qui insiste sur les villes du Cap-Haïtien (nord) et Cavaillon (sud). Ce sont des « régions où apparaissent de nouveaux cas », précise t-elle.

En réalité, dans la localité de Grand Pré, une sous-commune de Quartier Morin (nord), « une vingtaine de cas et 1 mort ont été enregistrés au cours de la semaine écoulée » , rapporte un correspondant d’AlterPresse dans la région. Jusque là c’était une zone non touchée par l’épidémie.

Dans le sud, il est fait état de l’incapacité des services publics à répondre aux besoins des gens atteints de choléra, faute de moyens, selon un correspondant sur place. Il souligne aussi l’absence d’Organisations Non Gouvernementales de santé dans la zone.

Le docteur Pierre déclare que l’épidémie est en nette baisse comparativement au nombre de cas enregistrés la semaine dernière.

De son coté l’ONG internationale Médecins Sans Frontières (MSF) précise que « la diminution du nombre de cas de choléra est surtout constatée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ».

« Cependant, les cas continuent d’augmenter dans d’autres régions comme l’Artibonite (nord) », selon ce qu’indique par courriel à AlterPresse Richard Accidat, chargé de communication de MSF.

« Le comportement de chacun dans le pays et la distribution d’eau potable par l’État aux citoyens », déterminent l’avenir de l’épidémie dans en Haiti, souligne pour sa part le docteur Pierre Louis.

L’Onu et le sort des Haitiens affectés par le choléra

Par ailleurs, la haut-commissaire adjoint de l’Onu, Kyung-Wha-Kang dit accorder « une attention sérieuse » au dossier du choléra dans le pays.

Durant une visite en Haiti, Kang a promis, le 5 juillet, « de parler » au secrétaire général de l’Onu (Ban Ki Moon) et à la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’Onu Navi Pillay de la préoccupation des Haïtiens en ce qui concerne le lien entre la présence de casques népalais en Haïti et l’émergence de la maladie.

En effet, les conclusions d’une étude menée par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indiquent qu’ « il y a une corrélation exacte en temps et lieu entre l’arrivée d’un bataillon de soldats népalais venus d’une région aux prises avec une épidémie de choléra et l’apparition des premiers cas à Meille (commune située à l’est d’Haiti) quelques jours après ».

Les scientifiques expliquent que la rivière de Meille, dans laquelle les soldats népalais ont déversé leurs excrétas a agi comme « le vecteur » de diffusion du choléra.

Ces résultats se différencient de ceux que les experts patronnés par l’Onu ont rapportés au début du mois de mai 2011.

La souche à l’origine de l’épidémie en Haiti est identique à celle qui a provoqué une épidémie au Népal, en particulier en Juillet 2009. [rh gp apr 07/07/2011 12 :00]