En Haïti, la santé est un luxe, selon Médecins du Monde

Communiqué de MdM

Soumis à AlterPresse le 6 avril 2011

La santé n’a pas de prix mais elle a un coût. Et un coût de plus en plus difficile à surmonter pour les plus vulnérables que ce soit dans les pays dits riches, ou dans les pays les moins développés. Pour des millions d’individus à travers le monde, l’obligation de payer pour accéder aux soins représente une barrière financière infranchissable et une des principales causes d’appauvrissement. Chaque année, plus de 100 millions d’individus basculent dans la pauvreté suite à des dépenses de santé trop lourdes (chiffres OMS). Cette réalité s’exprime avant tout dans les pays à faible revenu, comme c’est le cas d’Haïti

Selon le rapport sur le Développement Humain du PNUD (Rapport sur le Développement humaine 2010), Haïti est un pays à développement humain faible et avec une distribution de ce dernier fortement inégale. 72% de la population haïtienne vit avec moins de 2USD par jour et la population n’a que difficilement accès aux soins

Le taux de mortalité infanto-juvénile, c’est-à-dire le risque de décès avant l’âge de cinq ans, est de 86/1000. En d’autres termes, en Haïti, environ un enfant sur douze meurt avant d’atteindre l’âge de cinq ans. Mais pour les enfants les plus pauvres ce taux atteint 125/1000 naissances vivantes.

La mortalité maternelle reste parmi les plus élevées du monde avec 630 décès pour 100 000 naissances vivantes. Seules 26% des femmes bénéficient d’un accouchement assisté par du personnel qualifié mais ce n’est le cas que pour 6,4% des femmes les plus pauvres.

Avec en moyenne 5,9 médecins ou infirmières pour 10 000 habitants et 6,5 professionnels de santé pour 10 000 habitants, Haïti est loin de la norme minimale de l’OMS de 25 professionnels pour 10 000 habitants.

En Haïti, la santé est donc un luxe. Face à cette situation le Ministère de la Santé Publique et de la Population et le Gouvernement d’Haiti soutiennent la mise en place de plusieurs projets visant au développement et à la consolidation des dispositifs de protection sociale en santé.

Ces initiatives mobilisent des ressources financières qui couvrent les coûts de services de santé en les rendant gratuits pour l’usager, principalement, pour le moment, pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.

Ces initiatives doivent être soutenues par les bailleurs de fonds et appuyées sur le terrain par les ONG et la société civile. Elles doivent aussi progressivement se développer vers un accès universel aux services de santé. La protection sociale en santé doit devenir la base de la reforme du système de santé et de la reforme de son financement

Médecins du monde porte un message simple à l’attention des membres du G20 qui se déroulera à Cannes en 2011 : “La santé n’est pas un luxe”. Alors que la promotion d’un socle universel de protection sociale est à l’agenda de ce G20 présidé par la France, il est crucial que l’accès pour tous à une couverture du risque maladie prenne toute sa place dans le débat et qu’il en ressorte des engagements.

En amont du G20 et à l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé, le 7 avril, Médecins du Monde lance sa campagne : « La santé n’est pas un luxe » -
www.lasantenestpasunluxe.org

Médecins du Monde mène plusieurs programmes en Haïti depuis 1989. Depuis le séisme du 12 janvier 2010, ces programmes sont menés par des équipes de MdM Argentine, MdM Belgique, MdM Canada, MdM Espagne, MdM France, MdM Suisse.