Haiti-Aristide : Quelle date pour le retour ?

P-au-P., 15 mars 2011 [AlterPresse] --- L’idée parait maintenant acquise d’un retour sous peu en Haiti de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, réfugié en Afrique du Sud depuis février 2004, sauf la date du retour ne fait pas encore l’unanimité.

Les deux candidats à la présidence Mirlande Manigat et Michel Joseph Martelly, qui s’affronteront au second tour le 20 mars, ne s’opposent pas à ce que l’ancien chef d’État revienne en Haiti dans un court délai.

« Je ne vois aucun problème à ce que Jean Bertrand Aristide revienne dans son pays s’il le désire. D’ailleurs, c’est quelqu’un qui est très formé qui a profité de son exil en Afrique du Sud pour meubler ses connaissances. Donc, il peut être utile à son pays notamment dans le domaine de l’éducation. Personnellement, je n’ai aucun problème avec le retour d’Aristide », déclare Mirlande Manigat, lors d’une conférence de presse le 14 mars.

La candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp) se montre favorable à toute éventuelle collaboration de Jean Bertrand Aristide à son gouvernement dans le domaine de l’éducation, dans le cas où elle serait élue.

Michel Martelly de Repons Peyizan, rival de Mirlande Manigat, ne s’oppose pas non plus au retour du chef du parti Fanmi Lavalas.

« Comme Jean Claude Duvalier, le président Jean Bertrand Aristide peut revenir dans son pays à n’importe quel moment. Je n’ai aucune objection à son éventuel retour, déclare Michel Martelly, lors d’une conférence de presse le même jour.

Cependant, « si j’avais le pouvoir je lui demanderais seulement d’attendre la fin du 2e tour des élections », ajoute Martelly.

Comme sa rivale, Michel Joseph Martelly pense que Jean Bertrand Aristide, compte tenu de sa capacité intellectuelle, peut contribuer à l’avancement de son pays, et n’écarte pas la possibilité de bénéficier de l’appui de ce dernier au cas où il serait élu président.

Les deux candidats à la présidence, en se montrant favorable au retour physique du leader charismatique de Fanmi Lavalas, cherchent vraisemblablement la bénédiction des lavalassiens qui, aujourd’hui encore, restent très attachés à leur leader.

Vendredi, la porte-parole de Jean Bertrand Aristide à Port-au-Prince, Dr. Maryse Narcisse, avait indiqué que le retour de l’ancien chef de l’Etat est « imminent ».

Opposé autrefois à tout éventuel retour de Jean Bertrand Aristide en Haïti, le département d’Etat américain a adopté une position plus souple.

L’administration Obama a demandé, lundi, à l’ancien président Aristide de « différer son retour » en Haïti, afin d’éviter la perturbation du second tour du scrutin de dimanche prochain.

« Un retour cette semaine ne peut être vu que comme le choix conscient d’avoir un impact sur les élections en Haïti. Nous demandons instamment à l’ancien président Aristide de différer son retour jusqu’après l’élection afin de permettre aux Haïtiens de voter dans une atmosphère pacifique », a déclaré Mark Toner, porte-parole du département d’Etat, lors de son point de presse quotidien.

Cependant, Jean Bertrand Aristide a, via son avocat américain, Ira Kurzban, a rejeté cette proposition. L’homme de loi américain, Ira Kurzban a indiqué que « le retour attendu à Port-au-Prince de son client n’avait rien à voir avec le scrutin de dimanche ». [sfd gp apr15/03/2011 12 :00]