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Haïti-Duvalier-Justice : L’ONU propose un appui technique

Entretemps, la Suisse bloque à nouveau les fonds Duvalier

P-au-P, 01 fév. 2011 [AlterPresse] --- La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a proposé ce mardi 1er février une assistance technique de l’ONU aux autorités judiciaires haïtiennes dans l’affaire Jean Claude Duvalier, apprend AlterPresse.

Jean Claude Duvalier est l’objet de multiples accusations dont celle de crime contre l’humanité. Une dizaine de plaintes ont été déposées contre lui devant la justice haïtienne qui a lancé une procédure d’instruction.

Rappelant que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a indiqué qu’une telle enquête est une obligation pour Haïti.

« De telles violations systématiques des droits ne doivent pas rester impunies. Les milliers d’Haïtiens qui ont souffert sous le régime de Duvalier méritent justice », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Navi Pillay a également appelé les autorités haïtiennes à démontrer que leur appareil judiciaire est en mesure de garantir que les responsables de violations de droits humains répondent de leurs actes en dépit du contexte post-séisme.

Lundi, le secretaire executif de la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Défense de Droits Humains (POHDH), Antonal Mortimé, s’est dit confiant dans la volonté des autorités haïtiennes et la capacité des tribunaux de juger le dictateur. Il a en outre souligné qu’un appui technique des Nations Unies serait « un devoir moral » et « un signe pour l’humanité » que le pays est « sur la voie de la démocratie et de l’Etat de droit ».

Selon la loi haïtienne, l’enquête du juge d’instruction doit durer 3 mois avec la possibilité de se prolonger. Durant cette période Jean Claude Duvalier doit rester dans le pays.

Par ailleurs, la Suisse a bloqué ce mardi les fonds de Duvalier au moment de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi visant la restitution de ces avoirs à Haïti.

Surnommée Lex Duvalier, la loi a été adoptée par le parlement suisse lors de la session d’automne 2010 pour confisquer une fois pour toutes les quelque 6 millions de francs suisses (6,4 millions de dollars) déposés par la famille du dictateur dans des banques suisses.

Cette loi autorise le gouvernement helvétique à rendre l’argent volé bloqué en Suisse aux populations spoliées, et ce, même si l’État concerné s’y oppose. [kft gp apr 1/02/2011 14 :40]