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Haïti : nouvelle journée de tension à la capitale et ailleurs

P-au-P., 16 janv. 04 [AlterPresse] --- Les funérailles de Maxime Desulmond, ancien étudiant tué par balle le 7 janvier dernier lors d’une manifestation anti-gouvernementale à Port-au-Prince, ont donné lieu à des protestations à la capitale.

La police a dispersé brutalement, à quelques mètres du palais national, une foule conduite par les étudiants qui manifestaient, emportant le cadavre de Maxime Desulmond. Au moins 5 personnes ont été blessées, selon des sources concordantes, lorsque la police a ouvert le feu et tiré des gaz lacrymogène.

La presse n’a pas pu vérifier le cas d’un mort éventuel, signalé par les manifestants. Cependant, selon un reporter, le personnel de plusieurs hôpitaux de la capitale a affirmé avoir refusé d’accepter pour des raisons non précisées 2 véhicules de la police qui transportaient des victimes.

Suite à un moment de forte tension, les étudiants qui s’étaient repliés à la faculté de sciences humaines avec le cadavre, ont accepté dans l’après-midi de le restituer, suite à des pourparlers entrepris par Evans Paul, dirigeant de la Convergence Démocratique, qui intervenait au nom de la plate-forme démocratique (coalition socio-politique d’opposition).

Lés étudiants souhaitaient conduire eux-mêmes le corps de leur ancien collègue jusqu’à la sortie sud de la capitale, en traversant les vastes bidonvilles de Martissant et Carrefour.

Le secrétaire d’Etat à la communication, Mario Dupuy, a condamné le comportement des étudiants, qualifié de « provocation ». Il a accusé les étudiants d’avoir "voulu entrer dans le palais". Selon lui, des policiers ont été "agressés" par les étudiants.

Ces derniers ont démenti les propos du secrétaire d’Etat qu’ils ont surnommé "Mario Mensonge".

Parallèlement, de nombreux partisans d’Aristide ont manifesté sans être inquiétés au centre-ville, en appelant au « respect du mandat de 5 ans » du chef de l’Etat.

A Carrefour, des partisans armés du pouvoir ont semé la panique, ont rapporté des journalistes sur place.

A Jacmel (sud-est), la mise en terre du corps de Maxime Desulmond au crépuscule a été accompagnée de manifestation anti-gouvernementale, selon des correspondants en poste dans la région. Après l’enterrement, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

A Leogane (ouest), ville située entre Port-au-Prince et Jacmel, les funérailles ont motivé une manifestation anti-gouvernementale.

Par ailleurs, une situation de tension persistait à Saint-Marc (centre-ouest), où une manifestation antigouvernementale s’est soldée par plusieurs victimes et des arrestations. D’autres manifestations contre Aristide ont aussi eu lieu à Ennery (centre- ouest) et à Grand-Goave (ouest). [gp apr 16/01/2004 19:00]