Español English French Kwéyol

2004 is mine/ Festivités en Diaspora

" Evangel Fest 2004 ", une initiative à poursuivre...

Compte-rendu

Par Joà« l Lorquet

Miami, 6 janv. 04 [AlterPresse] --- Après avoir initié le « Festival de musique racine » depuis tantôt une dizaine d’années à Miami, le Center for Haitian Studies vient d’organiser pour la première fois un grand festival de musique évangélique dénommé :
"Evangel Fest 2004". Cette manifestation artistique qui s’est tenue au
Bayfront Park Amphitheater de Miami sur le Biscayne Boulevard le samedi 3
janvier dernier, a réuni une pléiade d’artistes et de groupes protestants et
catholiques en provenance de plusieurs régions des Etats-Unis et d’Haïti.

Le "Evangel Fest 2004" déroulé sur le thème "A genoux pour Haïti", se
voulait une façon pour la communauté chrétienne de Miami, toutes
dénominations confondues, de célébrer les 200 ans d’indépendance de la
République d’Haïti et surtout d’adresser des prières à Dieu pour la
délivrance de ce coin de terre qui ne cesse de faire face à des difficultés
de toutes sortes.

Prier constamment pour qu’un changement puisse se produire en Haïti...
Le Directeur du CHS, le Dr. Laurinus Pierre, tente de justifier la tenue
d’un tel festival en affirmant "qu’en produisant "Evangel Fest 2004", nous
prenons l’engagement de prier pour le changement des conditions de vie du
peuple haïtien. Dieu est le seul espoir pour des milliers de compatriotes
qui ont risqué leur vie en prenant la mer à la recherche d’un meilleur
avenir. Dieu est le seul espoir pour le changement des coeurs des
dirigeants au pouvoir qui continuent d’ignorer la souffrance du peuple
haïtien. Dieu est le seul espoir des centaines de milliers d’enfants qui
sont en train de mourir de la malnutrition et de maladies infectieuses en
Haïti. Dieu est le seul espoir pour 200,000 enfants haïtiens qui sont
devenus orphelins à cause du VIH/ SIDA. Dieu est l’unique force qui peut
libérer définitivement le peuple haïtien de la pauvreté et du désespoir".

La première partie du programme s’est déroulée sous forme d’un
programme d’adoration, de louange et d’intercession en faveur d’Haïti avec
la participation de plusieurs pasteurs notamment Jacques Joseph Taylor,
Daniel Exantus, Jacotte Pierre, etc. Le pasteur Claude Noà« l a démontré
"l’importance pour les Haïtiens de se consacrer à la prière de manière
constante tout en s’efforçant de faire la volonté de Dieu, si réellement
nous voulons un changement pour notre pays".

Des groupes et artistes de différentes tendances unis pour une même cause...
C’est l’artiste Jean René Charles et son groupe qui débuta la partie
musicale du programme avec des chansons teintées de patriotisme comme "Gen
200 zan depi nou divize", "Nou kale satan a zero", etc. après la
prestation du groupe Adonaï de Miami, ce fut le tour de l’ensemble Phare
Divin qui ne manqua pas de conserver l’esprit de la soirée en interprétant
"Nan chimen libete", "O le Seigneur" et d’autres chants thématiques avant de
présenter une chorégraphie consacré au bicolore national.

L’ancien chanteur du Bossa Combo, Assad Francoeur, converti depuis quelques
temps au protestantisme ne manqua pas d’apporter sa contribution dans le
style qu’on lui connaît, tandis que l’assistance, portant pour la plupart
du bleu et du rouge, reprenait avec lui les refrains de ses compositions
musicales.

Tout de suite après l’intermède, l’artiste Claude Aurélien et son groupe en
provenance de New York a encore une fois démontré ses grands talents
d’animateur, en obligeant le public à rester debout durant tout le temps
qu’il évoluait sur scène à travers des versions titrées "Jezu ap retounen",
"Se Jezu", "Konfyew nan li", etc. Vint ensuite le tour du chanteur bien
connu, de tendance charismatique, Didi Jérémie en provenance de Boston qui
a interprété entre autres, "Nan moman sa-a", "Décision", "Kletem anndan-w",
etc.

Une fois que les charmantes danseuses eurent fini l’exécution de leur
chorégraphie sur le fond musical de "Holy, Holy", ce fut le tour du groupe
Apocalypse 2000 sous la direction de l’ancien musicien du Skah Shah,
Anderson Cameau. Et là , les spectateurs ont eu droit à du « Heavy Compas ».
En tenue militaire, les musiciens du groupe ont invité l’assistance à 
marcher sur les pas du "Soldat", puis ont maintenu la cadence durant toute
leur prestation.

Mettre de côté les clichés négatifs et donner la main à nos compatriotes...
L’évangéliste Grégory Toussaint a ensuite pris la parole pendant
une dizaine de minutes pour attirer l’attention de l’auditoire sur 3
éléments à mettre de côté désormais si réellement nous voulons réussir en
tant que peuple : l’égoïsme, pour penser de préférence à autrui et à son
bien-être ; la méfiance, pour apprendre à faire confiance. M. Toussaint a
enfin évoqué le problème de la division qui constitue également un élément
négatif qui empêche aux Haïtiens de progresser.

Un autre intervenant, Mme. Robert Rhau, Présidente Directrice Générale de
Bobby Express a remercié la communauté haïtienne de continuer à supporter
son entreprise. Elle a profité pour rappeler à ces compatriotes de
l’extérieur l’importance de leurs poids dans la balance économique du pays
et leur a exhorté à donner la main à nos frères vivant en Haïti.

Un public laissé sur sa soif...

Le chanteur catholique Gilbert Dabady avait fait également le déplacement
pour reprendre avec le public ses anciens succès notamment "M-pap janm bliye
sa Jezu fè pou mwen", "Rendons grâce au Seigneur", etc.

Puis le groupe Alabanza égaya le public avec tout le professionnalisme qu’on
connaît et une tenue de scène impeccable à travers des morceaux titrés "Avan
ou sòti sonje priye", "Tanpri Bondye pa vag sou nou", "lè latè te san
lanmou", "Jezu, problèm yo nan men ou" et "Wout syèl la".

A noter que le groupe Alabanza est très sollicité ces derniers mois et les
musiciens sont obligés de prendre l’avion fréquemment pour des
représentations dans différents états du territoire américain où évoluent
les plus importantes communautés haïtiennes.

Le programme a débuté aux environs de 3 heures de l’après-midi et on
a été obligé malheureusement de mettre un terme au festival après 11 heures
du soir conformément aux contrat signé avec les responsables de
l’amphithéâtre, laissant ainsi le public sur sa soif d’écouter d’autres
morceaux du groupe Alabanza.

Une occasion de retrouvailles avec des confrères ...

Cela a été l’occasion pour les participants de revoir plusieurs
compatriotes, dont des anciens journalistes de Signal FM notamment Gunny
Brutus, Smith Venet et Eveline Dacélus, et de constater que les Haïtiens
émigrés aux Etats-Unis ne perdent pas leur temps et s’intéressent aux études
et ne semblent plus manifester d’intérêt pour le journalisme. Gunny Brutus
dont les parents vivaient depuis plusieurs années aux Etats-Unis nous confie
"qu’il n’avait nullement l’intention d’habiter aux Etats-Unis et qu’il a
pris cette difficile décision le jour de l’assassinat du Directeur de Radio
Haïti Inter, Jean Dominique et qu’il n’avait jamais imaginé un pareil
drame". Evelyne étudie actuellement les sciences informatiques ; Smith
Venet pour sa part, fréquente l’université, a contracté un mariage et est
père de deux enfants.

Norluck Dorange, ancien collaborateur de Haïti en marche de son côté
continue à publier une revue socio-politique mensuelle et suit des cours de
cinématographie dans une université d’Orlando.

Une initiative à poursuivre...

Selon plusieurs observateurs, c’est pour la première fois qu’autant de
groupes et d’artistes évangéliques se sont réunis à Miami en mettant de côté
leurs divergences pour célébrer cet évènement important que constitue les
200 ans d’indépendance de notre chère Haïti.

Bien que le public n’ait pas répondu avec la même ardeur que les autres
festivals de musique racine organisés annuellement depuis près d’une dizaine
d’années par le Centre for Haitian Studies, "Evangel Fest 2004" est une
initiative à poursuivre car cet événement a démontré encore une fois que
les artistes évangéliques peuvent égaler sinon dépasser ceux qui font de la
musique séculière et qu’il y a un marché très florissant pour ce genre de
produit d’autant plus que le nombre de chrétiens ne cesse de croître depuis
quelques temps tant en Haïti qu’en diaspora jusqu’à atteindre plus de 40% de
la population haïtienne.

Un hommage au secteur privé...

Patronné par plusieurs organisations et institutions entre autres, Project
medishare, Armstrong Toyota of Homestead, Miami Sports and Exhibition
Authority, Vitamalt, Jacob realty Mortgage Group etc., le "Evangel Fest
2004" était animé par plusieurs célébrités haïtiennes et américaines
notamment Paula, MC de Sunday Morning Joy à la station de Radio Hot 105 et
Ed Lozama de Radio Carnivale qui nota "qu’il n’a jamais vu autant d’Haïtiens
se réunir au Bayfront Park pour un festival sans le Rhum Barbancourt et que,
évidemment, cela se passe sans aucun incident".

Ce festival a été organisé à l’instigation du Center for Haitian Studies, un
centre de recherches offrant des services variés dans le domaine médical,
notamment la prévention du Sida et l’encadrement des personnes infectées par
le virus. Le centre effectue des recherches et intervient également dans le
domaine du travail social dans le milieu haïtien dans le cadre des problèmes
de gangs. La violence domestique, la délinquance domestique, etc.

Parmi les invités en provenance d’Haïti, notons la présence de Marvel Dandin
Directeur des Nouvelles à Radio Kiskeya et votre serviteur qui avait
gratifié l’auditoire de deux des ses interprétations musicales et profité
pour signer quelques exemplaires de son dernier CD de musique populaire
intitulé « Haïti : 1804-2004 ». [jl apr 06/01/2004 11:45]