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Haiti : SOS en faveur des clients de banques commerciales exposés à l’insécurité

Communiqué de presse du CARLI

Soumis à AlterPresse le 9 novembre 2010

Le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) constate que depuis quelque temps, le client d’une quelconque institution bancaire est en butte à d’énormes difficultés s’agissant de faire un dépôt ou d’effectuer un retrait à cause d’une longue file d’attente.

Mis à part cet inconvénient, le secret bancaire fait défaut dans la plupart de ces institutions, si bien que le client, immédiatement après avoir effectué un retrait et laissé les lieux est poursuivi par des bandits, informés même du montant décaissé, en connivence avec certains caissiers ou employés desdites banques.

Il ne se passe une semaine sans que des clients ne soient victimes du comportement malhonnête et criminel desdits employés de banque ; situation à la fois inacceptable et révoltante. Le dernier cas en date est celui d’un employé de Moulin d’Haïti, Paul Lemoine attaqué le 29 octobre dernier par des bandits à sa sortie de la UNIBANK de Damien. La victime a reçu deux (2) balles au ventre selon des informations relayées par Alerte Haïti.

Ces actes de brigandage se font parfois sous les yeux complaisants de la Police Nationale d’Haïti qui assez souvent prend du temps pour arriver sur les lieux et procéder à l’arrestation des bandits contrairement au prescrit formel de l’article 19 de la constitution du 29 mars 1987 selon lequel : « l’État a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ».

De plus, la constitution, en son article 269-1 stipule ‘’la police est créée pour la garantie de l’ordre public et la protection des vies et des biens des citoyens’’.

Face à ces actes de banditisme contre les clients des banques, le CARLI s’interroge sur la non présence des agents de police et même aussi de ceux de la MINUSTHA aux abords des institutions bancaires.

Le CARLI recommande :

1- aux Responsables des institutions bancaires particulièrement l’Association des Professionnels de Banque (APB)

a) d’installer des caméras de surveillance afin de détecter tout employé utilisant un téléphone portable pour communiquer avec l’extérieur à des fins illicites,

b) d’interdire à un employé caissier en service de transmettre un quelconque message en utilisant le portable, exception faite du responsable de la Banque ou de la succursale,

c) de visualiser constamment la caméra surveillance,

d) de simplifier la procédure de transaction en fournissant un minimum de confidentialité et de sécurité aux clients trop souvent exposés aux yeux des bandits dans de longues files d’attente sous le soleil ou parfois sous la pluie.

2- à la Police Nationale et aux Forces de la MINUSTAH

a) d’adopter des dispositions concrètes visant la surveillance de périmètre de chaque banque dans l’aire métropolitaine.

Il y va de l’avenir du pays car l’insécurité constitue, à bien des égards, un fléau pour le développement socio-économique d’Haïti.

Port-au-Prince, le 03 novembre 2010